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Full text of "Société des lettres, sciences et arts, et d'agriculture de Metz"

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SOCIÉTÉ 


DES 


LETTRES, SCIENCES ET ARTS, 


ET D'AGRICULTURE 


DE METZ. 


SÉANCE GÉNÉRALE DU 15 MAI 1826. 
a . 
vu, ANNÉE 


M.DCCC.XXV—M.DCCC.XX VI. 


SE 


Se vend à METZ, 


CHEZ 


LAMORT, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ. 


MA1 1826, 


SOCIÉTÉ 
s 
LETTRES, SCIENCES ET ARTS, 
ET D'AGRICULTURE | 


DE METZ. 


DISCOURS 


DE M. BERGERY, Présimenr. 


PRPPRPPRNIA, 


Messieurs ! 


N os yeux ont vu la France en proie aux fac- 
tions , déchirée par des guerres intestines , épuisée 
par ses victoires ; plus tard, deux invasions l'ont 
ravagée dans tous les sens, et l'épée de Brennus 
fut mise dans la balance qui pesa l'or de notre 
rançon. Cependant, la France brille de nouveau 
plus belle, plus riche et peut-être plus puissante 


Ca). à. 
que jamais. Qui fit ce miracle ? qui releva les 
ruines de notre chère patrie? qui fit succéder 
en peu d'années, à son deuil, à ses larmes. la 
joie et le bonheur? c’est l’industrie, Messieurs. 
Puis-je donc mieux faire , dans ce jour qui lui est 
consacré, dans cette fête que lui offre l'antique 
Divodurum , au milieu de ses enfans, de ses 
amis, de ses soutiens, de ses apôtres, puis-je 
donc mieux faire que de lui consacrer mes faibles 
accens ? Jamais sujet ni plus grand, ni plus noble 
ne s'est offert à l'orateur, et je m’etonne que la 
poésie ne lui ait pas-encore prêté ses couleurs et 
ses charmes. | 

Notre siècle n'aime pas les vers, disent les 
poètes! Vaine excuse de:leur faiblesse! Chantez, 
chantez la grande nation, sa gloire passée, sa 
prospérité présente, la sage liberté, la sainte 
égalité des droits qu’elle a conquises et que l’au- 
_guste race de ses rois a consolidées ; élancez-vous 
dans le brillant avenir que lui promet ce goût 
universel pour les arts utiles, cette fièvre de créa- 
tion qui agite vos frères; célébrez les miracles de 
l'industrie ; prophétisez les merveilles de la France 
du vingtième siècle, et vos vers seront applaudis 
par tous les vrais français: et vos. chants trou- 
veront des échos sur tous les points de la patrie ; 
et comme ceux du vieil Homère, ils seront ré- 
pétés tant que la terre portera des hommes. 


(5) 

Devez-vous nous blâmer du discrédit où sont. 
tombées ces fictions mgénieuses , ces descriptions 
plemes de grâce et tous ces jolis riens qui firent 
si long-temps vos succès et votre gloire prenez 
vous-en au perfectionnement de l'esprit humain. 
Ces jouets brillans, bons pour notre enfance , ne 
conviennent plus au français d'aujourd'hui : qua- 
rante années d'épreuve ont passé sur sa tête, 
ia les goûts de l’âge mûr ; il lui faut des réalités, 
des vérités utiles, des choses ‘fortes comme lui ; 
il est lancé dans l'industrie, vous devez le suivre, 
le devancer dans cette carrière, ou briser voslyres. 
Ah! pourquoi les muses ne m’ont-elles pas 
comblé de leurs dons! Combien je serais heu- 
reux, moderne Pindare, de célébrer en vers 
pompeux le noble concours des ‘enfans de la 
Moselle ! Combien ne im’éleverais-je pas au-dessus 
du chantre des jeux olympiques! H n’eut à pein- 
dre que des chars rapides élevant dans les airs 
des nuages d’une vaine poussière ; il n'eut à vanter 
qué les victoires stérilés d’Athlètes qu’un fol 
amour-propre excitait au combat, et moi j'aurais 
à décrire ces perfectionnemens , ces découvertes, 
ces inventions dont le but est d'augmenter le 
.bien-être des hommes ; j'aurais à verser la vraie 
gloire sur ces artistes, sur ces ingénieux fabricans 
qui doivent leur habileté à tant de pénibles tra- 
vaux, et la persévérance dans leurs entreprises 


(6) 

 long-temps incértaines, à cette énergie qu’inspi- 
rent l'amour de la famille et celui de la patrie. 
Je voudrais encore payer un juste tribut d’éloges 
à ces dignes magistrats-citoyens que nous voyons 
s’efforcer par tous les moyens qui restent en leur 
pouvoir, de seconder le mouvement industriel 
de leur génération, et si je n’appartenais pas à 
une société académique, je signalerais l’heureuse 
. influence que de semblables associations peuvent 
exercer sur um pays, quand elles prennent pour 
devise : l’utile avant l’agréable. Enfin, je cé- 
lébrerais les vues profondes et bienfaisantes du 
prince sous l'égide duquel se propagent, dans 
tonte la France, les sciences vraiment utiles ; je 
| prédirais les ndes choses qu'opérera son règne ; : 
je ferais passer dans tous les cœurs la reconnais 
sance et le dévouement qui remplissent le mien, 
et je dirais aux français: union et oubli, fidé- 
lité au Roi, obéissance à la charte, amour des 
lumières, culte de l'industrie, voilà ce qui peut 
vous assurer la pleine jouissance de la portion 
de bonheur départie à l’homme ici-bas. 

Qui pourrait nier en effet que l'industrie soit 
une source de bonheur pour les peuples , comme 
pour chaque citoyen? Elle engendre le luxe, elle 
crée des besoins, diront ses ennemis. Les besoins! 
les besoins de l'homme civilisé! je plaindrais sin- 
cèrement quiconque les repousserait. Heureux le 


co 
N 
4 


— 


| (3) 
mortel qui peut les satisfaire ! heureux encore celui 
qui travaille avec ardeur, dans la vue de conten- 
ter un jour ses désirs ! sa vie est embellie par l’espé- 
rance. et s’il succombe avant d’avoir joui , il a du 
moins échappé à cet ennui, à cette insouciance, 
à ce dégoût de toutes choses, fardeaux insuppor- 
tables, bien plus à redouter que les privations. . 
Oui certes, le luxe suit l'industrie, et si quel- 
qu'un pouvait en douter, je lui ferais comparer 
les jouissances d’un peuple actif et producteur, 
à la dure existence de celui qui ne demande à 
la terre qu'une chétive nourriture; je mettrais 
en parallèle nos meubles, nos vêtemens, nos 
conforts de toute espèce, avec ceux des temps 
de barbarie: je présenterais ces vases élégans, 
ces brillans cristaux, ces belles tentures, ces ri- 
ches tissus de notre exposition. Voilà du luxe, 
dirais-je, un très-grand luxe même ; mais le plus 
austère censeur pourrait-il le blâmer? Il n’en 
coûte guëres plus aujourd’hui pour porter à ses 
lèvres un verre étincelant de mille feux, qu'il 
n’en coûtait autrefois pour boire dans une gros- 
sière argile; le simple travail de l’ouvrier lui 
permet au temps présent , de se vêtir presqu’aussi 
bien que le seigneur des temps passés ; et tel in- 
dustriel du dix-neuvième siècle vit plus à l'aise que 
Clovis et même que Charlemagne. Est-ce donc 
un mal que cette amélioration de l'existence hu- 


(8) 

maine ? Vaudrait-il donc mieux que les courts ins- 
tans qui nous sont accordés sur cette terre , fussent 
encore empoisonnés par les souffrances ue ’endu- 
rént les malheureuses peuplades sur lesquelles la 
civilisation n’a pas encore répandu ses bienfaits? 
N'est-ce donc pas assez de nos. maladies, de nos 
infirmités -et de la nécessité de mourir ? Ces dé- 
clamations contre le luxe, on les a faites au temps 
où l'industrie était encore au berceau; on les fait 
peut-être depuis le commencement du monde ; 
que peuvent-elles donc prouver contre les progrès 
actuels de nos arts? Laissons, laissons les détrac- 
teurs de notre belle époque, ces admirateurs 
passionnés de ce qui n’est plus, chercher à ra- 
_ lentir un mouvement dont la rapidité effraie leur 
inertie et leur faiblesse ; sourions de leurs vains 
efforts, et jouissons en paix de toutes les dou- 
ceurs que l'industrie jette sur notre passage : nos 
atrabilaires censeurs s’empresseront, n’en dou- 
tons. pas, de les.savourer avec nous. 

Si ces.hommes pour qui la critique de leur 
siècle est un ‘besoin. . avaient quelque peu de 
bonne foi, pourraient-ils s ’empêcher de recon- 
naître que cet amour du travail dont les français 

sont maintenant enflammés, est le BÉEe de toutes 
les vertus? Ne verraient-ils pas qu’une vie con- 
sacrée toute entière à la production, n’a plus 
aucun instant pour le jeu , ni pour la débauche, 


/ 
; 


(9°) 


sources de-tous les vices et de tous les crimes? 
Oui, le fait est avéré : l'industrie é épure lesmœurs, 
"et ui qu'én puissent dire les prôneurs de l’an- 
cien temps, il demeure certain'que nous sommes 
moins égoïstes, meilleurs citoyens, frères plus 
tendres, époux plus fidèles, pères plus justes , 
qu'onne l'était à l'époque vers laquelle 1” vou- 
draient nous faire rétrograder.: Far P 

Et d’où: vienrient donc à l’industrié tant d’en+ 
nemis déclarés ou secrets? Qui le croirait! Des 
craintes qu'elle. inspire. Oui, des hommes tou- 
jours rebelles à cette solide instruction qui peut 
seule faire apprécier les choses, des hommes jaloux 
d’une supériorité morale à laquelle ils ne sauraient 
attéindre, des hômmes envieux de cette haute 
considération qui s'attache aux travaux utiles, de 
tels hommes -osent insinuer: que l'industrie est 
hostile à la royauté et à la religion; elle qui a 
tant besoin de fixité dans les institutions sociales 
et de probité dans ses agens, elle qui a ouvert 
ses trésors pour affranchir la patrie et affermir le 
trône de St.-Louis , elle qu on voit s'élever si sou- 
vent contre tout ce qui peut porter atteinte à 
l'amour qu'un peuple doit à son roi, elle enfin 
qui cherche sans cesse et par-tout des malheurs à 
réparer , des pauvres à secourir, des chrétiens à 
sauver. Cessez ces absurdes calomnies. Les faits 
parlent : ils disent à la: génération présente, ils 

2 


(10) 

diront à la postérité que l'industrie du dix-nieuvième 
siècle a montré an dévouement absolu à la mo- 
närchie constitutionnelle , et que ce n’est pas elle 
qu'il faut accuser de ce que les ennemis de la 
croix ont pu briser et traîner dans la fange ce 
signe de rédemption. 

Ne reprochet-on pas ‘encore à l'industrie de 
nuire à l’agriculture, source des richesses de la 
France? Ne dit-on pas qu’elle absorbe tous les 
capitaux, qu'elle enlève tous les bras? Mais qui 
peut donc ignorer que l’agriculture n’est au fond 
qu'une des branches de l'industrie ? qui ne sait 
que nos champs produisent aujourd’hui pout des 
millions, de ces racines auxquelles nous devronsun 
jour d’être affranchis d’un énorme tribut envers 
le nouveau monde ? qui n’a pas vu le pastel et la 
garance croître au milieu de nos moissons? N’a- 
vonsnous donc pas de nombreuses fabriques qui 
travaillent annuellement sur une immense quan- 
tité de blé -et d’autres graines? L’accroissement 
de l’aisance générale n’exige-t-il donc pas un bétail 
_ plus nombreux ? et ce bétail ne fournit-il pas des 
engrais abondans? etne faut-il pas pour le nourrir, 
ces prairies artificielles qui couvrent une si grande 
étendue de terrain? Qu'on dise après cela que 
l'industrie est fatale aux travaux agricoles! Qu’on 
juge si elle pourrait elle-même se soutenir, après 
avoir privé l'agriculture des capitaux et des bras 


(u) 

nécessaires à la production ! Tous les travaux 
des hommes se tiennent ; tous.lesarts utiles sont 
entre eux dans une mutuelle dépendanee, et 
l'état de souffrance d'un de ces arts est tou- 
jours une cause ou un effet de la langueur d'un 
autre. | . 

Comment d’ailleurs peut-ox reprocher à l'in- 
dustrie d’occuper-tous les bras , quand on laccuse 
de remplacer les. ouvriers par des machines et 

d’ôter le pain à des milliers de fâmilles. Une telle 
contradiction suffit bien pour indiquer les vrais 
motifs des calomnies auxquelles nous la voyons en 
butte. Sans ces motifs pressans, capables de trou- 
bler les esprits les plus judieieux:, on reconnaïtrait 
facilement que les causes de la lenteur des progrès 
de notre agriculture , sont aussi des entraves pour 
le commerce et pour la plupart des manufactures : 
c'est le défaut de connaissances positives; c’est 
le manque de débouchés; c’est le rejet de cet 
_axiome si fécond de l’économie politique : laissez 
faire et laissez passer. S'il est jamais adopté , 
nous verrons. F agriculture florissante, nous la 
. verrons la première des industries , par suite de 
limmense: accroissement que prendront toutes 
les autres : car le travail commande k travail ; 
car d’un seul produit peuvent naître mille pro- 
_ duits différens ; car la main-d'œuvre est ce qui 
donne de la. valeur aux choses et la cause né- 


(42) 

cessaire de la prospérité des arts’ qui: s'occupent 
‘de Pextraction ou de la: préparation: des: ma- 
-üéres premieres. Ainsi, le minérai brut qu'ar- 
-rache aux . entrailles de la terre l'audaeieux rni- 
sneur,: est promptement converti :en fer -et.en 
acier par l'infatigable forgeron; de ce fer que 
le commerce répand dans des milliers d'ateliers, 
résulte ‘bientôt. une. étonnante quantité. d'objets 
‘utiles, d’instrimens précieux, ‘et de! quelques 
livres d’acier sortent. comme pat enchantemiént 
cent mille ressorts de montre dont. la valeur dé- 

-passe, un million. RS 
Voilà sans doute un. exemple bis de Ba 
puissance du travail. Mais. qui pourrait assigner 
les bornes de cette puissance ; si les lumières 
- étaient descendues. jusqu’au simple artisan , s'il:y 
“avait facilité, liberté entière pour la circulation 
des produits? Soudain se réveilleraient ces: ma- 
nufacturiers mollement endormis sur leurs pri- 
. viléges ; excités par l’aiguillon dé la concurrerice, 
ils abandonneraient leurs gothiques. méthodes 
pour des procédés plus’ simples . ils augmente- 
“raient leurs entreprises, ils perfectionneraient 
leurs grossières productions, et peut-être par- 
viendraient-ils à diminuer leurs prix de x moitié, 

sans altérer leurs bénéfices. 

Qu’arrivera-t-il en Angleterre quand les barrié- 
res seront ouvertes aux soieries françaises? Les fa- 


| 


(13) 
briques vont s’écrouler, crie aujourd'hui la foule ! 
le parlément a voté notre ruine ! c’est fait de l'in- 
dustrie nationale ? Mais il se trouvera au con- 
_iraire'que le parlement aura travaillé à la fortune 
de ces aveuglès mécontens, Déjà, la certitude 
d'une lutte prochaine a provoqué des ‘efforts ; 
déjà ;. ‘quelques succés les ont couronnés, et une 
notable. diminution datis les prix' a multiplié les 
commandes au point qué le travail est-presque 
doublé. Encoie quélque: témps, et malheureu- 
sément: les soies angläises rivaliseront avec les 
môtres ; encore quelque’ temps, etla liberté du 
ché. féra' croitré. de nouveau Ja puissance 
pee de: l'empire britannique: | 
‘Quand donc otre éducation politique arrivera- 
t-elle à ce degré qui ne permet plus à un peuple 
de se méprendre sur ses vrais intérêts ! À voir la 
marche qu'on s'obstine à suivre pour les études 
de la. jeunesse, il et bien à craindre que de 
lông-temps-encore nous né puissions nous rendre 
‘propres les vues profondes’ de nos rivaux : les 
‘langues moîtes ne sauraient nous rendre habiles 
-dans l'économie des nations. Mais enfin , un jour 
a vérité triomphera, et pour l'industrie comme 
pour tant d’autres choses, nos enfins resteront 
_stupéfaits du long aveuglement de leurs pères, 
.cofnme nôus le sommes aujourd'hui des maximes 
-désastreuses qué défendaïent nos ancêtres. 


(14) 


Grâces éternelles soient rendues à Cnarces X 
dent la paternelle sollicitude hâte cette époque, 
en nous donnant une école où tous les préjugés 
de nos agriculteurs seront combattus par le rai- 
sonnement et vaincus par l'expérience. Toujours 
‘attentif à nos besoins, notre roi n’a pas tardé 
à sentir que la théorie doit éclairer les travaux 
des champs , comme elle éclaire à S'.-Etienne, 
ceux des mines et des forges, à Châlons, ceux 
de tous les arts et de tous les métiers. Espérons 
que ces foyers de lumière parviendront à dis- 
siper les ténèbres qui enveloppent encore la 
‘France; espérons que de si sages institutions fe- 
ront germer les idées. justes, et que, dans quel- 
ques années, personne ne soutiendra plus qu’il 
‘faut cloîtrer une nation pour faire prospérer son 
‘industrie. | 

Il est naturel que ceux pour qui la patrie n’est 
qu'un mot, le bien public une duperie, sol- 
licitent sans cesse du gouvernement, soit des 
-prohibitions, soit des restrictions à la liberté des | 
arts : ils voudraient être les seuls fabricans de la 
France, et ils se disent qu'il y aura toujours assez 
de riches consommateurs pour leurs produits. 
Mais ce qui me semble inconcevable, c’est que 
-des hommes désintéressés et réputés capables, 
soutiennent des prétentions si contraires à lin- 
térêt général ; c’est qu'ils regardent comme utile 


( 15 ) 

et juste , d'attenter à l’aisance de tous les citoyens, 
pour augmenter les bénéfices de quelques ma- 
nufacturiers. Supprimez toute concurrence étran- 
gère, leur diraï-je , restreignez celle de l'intérieur, 
et vous verrez si le vaste trésor de l’état con- 
tinue de se remplir. Dès ce moment , il faudra 
peut-être quatre journées de travail Sous payer 
le produit qui, aujourd'hui, n'en coûte qu'une 
seule; et comme la marche du temps ne sera 
nullement ralentie, la fortune de chacun se trou- 
vera réduite des trois quarts. Or, la fortune pu- 
_ blique est-elle autre chose que la somme des 
fortunes particuliéres?. J’entends dire que l'argent 
ne sortira pas du royaume, et que la masse des 
richesses sera toujours la même. Funeste erreur! 
comme si l'argent pouvait satisfaire tous nos 
besoins, comme si la monnaie n’était pas un 
simple signe des produits. N’est:il pas clair que 
les choses représentées diminuant, les signes 
toujours en même nombre, doivent perdre de 
leur valeur? N’est:il pas certain que la produc- 
üon se ralentira, le jour même où la consom- 
mation deviendra moindre? Ainsi, le capitaliste 
se trouverait moins riche, l'artisan plus pauvre 
et l’état moins puissant. 

Voilà les résultats infaillibles auxquels on serait 
conduit, si Pan exauçait entièrement les vœux 
de ceux qui. veulent barrer les voies du com- 


(16) | | 
merce et-entraver la marche de l'industrie. Mais ; 
je le-répète , qué tous ces misérables intérêts per 
sonnels soient forcés de se taire devant l'intérêt 
général bien compris, qu’on -cesse de vouloir 
s'approprier les arts que la’nature à donnés aux 
autres nations, qu’on se contente d'exploiter les 
richesses. de notre sol et-celles que: nous s‘mmes 
appelés à partager , alors l’industrie montrera'juss 
qu'où elle peut pousser ses conquêtes, combiert 
ses prodiges peuvent surpasser ceux qu’enfante 
l'imagination; alors elle excitera :d’un. bout: à 
l'autre de notre patrie’, une activité créatrice:sans 
exemple: elle .proscrira toutes les routines et les 
remplacera par des:procédés raisonnés qui ren— 
dront Ja. production plus.rapide:ét. moms oné- 
reuse; d'elle-même elle ouvrira toutes ces com 
anciens qui sont pour sa prospérité . ce que 
les veines sont-pour la vie; ‘des cantons fertiles 
et industrieux -ne-:seront plus séparés des grands 
marchés par ‘une mer. de boue ; des routes en 
fer uniront les diverses parties dé toute exploi-- 
tation: mille” canaux :lieront les rivières : et les 
fleuves, les terres et:les mers, et sur la Seine, 
dans les ‘murs de-Paris, nn les vaisseaux 
de l'Océan. L 
Que la France sera ‘bellé. alots! Que la France 
sera grande et puissante !: Libre: au milieu. des 
nations, elle saura ;. sans régner .sur elles; les 


(1) 

diriger vers li: perfection sociale, vers ce haut 
degré de civilisation qui doit anéantir l’escla- 
vage, qui doit former une seule famille de toutes 
les races humaines, et dans lequel l’homme ob- 
tiendra la pleine jouissance de tous ses droits, 
en accomplissant tous ses devoirs. Oui , messieurs, 
cet avemir que les vrais amis de l'humanité ap- 
pellent de tous leurs vœux’, cet avenir sur lequel 
la pensée des gens de bien se repose avec tant de 
délices ; cet avenir sera l’œuvre et le triomphe de 
l'industrie. Sans. doute :que dans ces temps, la 
recorinaissance des peuples lui érigera des autels ; 
sans doute que les générations futures répare- 
ront l'ingratitude de la génération présente. Nous 
qui vivons, combien ne devons-nous pas déjà 
de gloire, de puissance, de bonheur. à l'indus- 
trie! et pourtant nulle part encore n’apparaît sa 
statue : aucune de ces villes dont elle a fait l'opu- 
lence, ne songe à décorer son forum de l'effigie 
de sa bienfaitrice. J'ai vu des colonnes qui sem- 
blaient placer dans le ciel ces mortels superbes 
dont le sceptre pesant a tant fait gémir les peuples; 
jai vu le bronze éterniser ees dévastateurs des 
nations, ces. fléaux de l'humanité. qu'on appelle 
des héros; mais le plus simple monument consa- 
cré aux arts utiles, mes yeux l'ont cherché vaine- 
ment. Serions-nous donc semblables à ces sau- 
vages. stupides: qui rendent un. culte ‘aux génies 

3 


# 


(18) 

imalfaisans et qui délaissent lé Dieu de toute bonté? 
Étommante aberration de l’homme! son encens 
brüle éternellement devant des objets d’épou- 
vante, et ceux qui ont dévoué leur vie à son 
bonheur , en obtiennent le plus souvent loubli 
pour toute récompense. 

_ Gessons, il en est temps, cessons ces adulations 
que la terreur cornmande aux peuples esclaves : 
la crainte n’est plus ni de ce règne, ni de ce 
siècle. Réservons nos hommages pour témoigner 
notre gratitude et notre amour. Qu'à côté de 
Louis XII, père de son, peuple, d'Henri IV, 
l'ami du sien, de Sully, qui économisa les de- 
niers- de la France, de Colbert, par qui fleu- 
rirent les arts de la paix, du roi martyr qui fit 
monter sur le trône toutes les vertus, qu’auprès 
de l’immortel législateur à qui nous devons la 
garantie de nos droits, qu’au milieu des grands 
citoyens qui les ont défendus, s'élève la statue 
de la bienfaisante industrie. Je lui voudrais des 
traits mâles et fiers qui révélassent son énergie 
et son indépendance; je lui voudrais ce port 
noble, indice certain des grandes. pensées ét 
des grandes vertus. D’une main, elle soutien- 
drait ces Lis glorieux et sacrés. vrai talisman du 
repos de la France; de l'autre, elle élèverait-la 
CHARTE palladium de notre bonheur, comme 
pour l'offrir à la vénération de tous les cœurs 


(19) 
français. Elle serait assise et calme, pour montrer 
qu’elle a besoin de fixité , qu’elle est ennemie des 


troubles et des révolutions. Sous ses pieds se- 


raient des armes brisées ; autour d'elle, des cornes 
d’abondance, les signes du commerce , les ins- 
trumens des sciences , les attributs de tous les arts, 
les insignes de la puissance. J'y ajouterais encore 
quelques emblêmes de joie et de bonheur ; puis, 
sur le marbre du piédestal, j'écrirais en lettres 
d'or : 


A LA BIENFAITRICE DE L'HUMANITÉ, 
A LA PROTECTRICE DES NATIONS. 


_ 


(30) 


SPAIN 


= COMPTE-RENDU | 


DES UN 
- TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ, 
a |PENDANT L'ANNÉE 1825 - 1626, 


Pa M. RENAULT, Sroranr: Ancamisre. 


7, 


MessŒurs, 


E, Prescrivant, par un article de votre régle- 
ment, à votre secrétaire, de vous présenter à 
la fin de chaque année, le compte-rendu de 
VOS travaux, vous avez voulu vous mettre à 
portée de juger, d’après un examen général des 
eforts et des progrès que vous aviez déjà faits, 
de ceux qui vous restaient encore à faire > pour 
approcher de plus en plus, du but que vous 
vous êtes proposé d'atteindre par votre réunion 
en société académique. | 

L'analyse que je vais vous lire » des travaux. 
auxquels vous vous êtes livrés pendant le cours 
de l’année 1825 - 1826, ne pourra que vous 
exciter à redoubler d’ardeur, en vous faisant 


(ai) 
connaître les nouveaux succès que. vous. avez 
obtenus, ‘succès d'autant. plus satisfaisans pour 
vous ,-que les fruits en. ont été : recueillis par vos 
concitoyens. 

.:Ces travaux seront divisés comme ils Pont été 
jusqu à présent , en quatre.sections principales : 
stiences" mathématiques et phÿsiques ; arts chi- 

miques et mécamiques ; sciences agricoles ;-écono- 
| miques et indontielles; enfin, archéologie et 
littérature, 

: En vous rendant compte des divers mémoires 
et. ouvrages qui vous ont.été présentés, Je m'atta- 
cherai, à l'exemple de mes prédécesserirs, .à 
conserver autarit.que cela'séra possible, les ex- 
presions-de MM. les rapporteurs ; ‘jé pionsserai 
même l'exactitude jusqu'à faire merition: dé leurs 
observations critiques, afin d’inspirér d'autant 
plus de confiance à pc des das Lu don- 
nent aux auteurs, 


, SÉCTION. 


Scences MATHÉMATIQUES ET PHYSIQUES. 


M. Canxrvous à rendu compte de deux mé- 
moires publiés par.M. de Lamsec, colonel du 
génie ét votre associé cotréspondant. 

Dans le ‘premier de ces’ mémoires intitulé : 
Application des ‘vitesses virtuelles à la poussée 
des terres et des voûles ; V'auteur s’est occupé 


(22) 
de la stabilité des constructions, et a tenu compte 
de la compressibilité du terrain, ce qu’on n'avait 
pas encore fait jusqu'alors ; il est parvenu amsi 
à de nouvelles équations pour déterminer les 
profils des murs de, terrasse, et l’épaisseur des 
piédroits des voûtes. 

Dans le second, qui a pour titre: Conside- 
rations sur la défense des états, d'après le 
système militaire actuel de l'Europe, il a fait 
entre les fortifications naturelles et artificielles, 
un rapprochement ingénieux qui la conduit à 
donner des détails intéressans sur les positions 
militaires, ainsi que sur les conditions d’après 
lesquelles doit être établie toute bonne fortifica- 
tion artificielle, et à présenter des vues soit sur 
les élémens des constructions en général , soit sur 
l distribution et la construction particulières des 
établissemens militaires. 

M. Worsarn vous a fait un rapport sur dire 
rens ouvrages adressés par M. le capitaine Cosre. 

Dans le premier de ces ouvrages qui a été 
publié sous ce ütre: Propriétés peu connues 
de la parabole, et constructions de cette 
courbe, au moyen de quatre conditions don- 
nées, M. Cosre s’est proposé pour objet d’ap- 
pliquer la construction de la parabole à celle 
d’un hexagone inscrit au circonscrit. à une sec- 
uon conique quelconque. 


(23). 

Dans le deuxième ; qui est intitulé : Recher- 
ches balistiques sur les vitesses initiales, sur 
le recul et sur la résistance de l'air , il a cher- 
ché à déduire, des résultats de l'expérience, des 
lois qui pussent sinon renfermer tous les cas par- 
üculiers, du moins s _—— entre certaines 
limites. 

Enfin dans le troisième, où il traite de la 
probabilité du tir des projectiles , il examine 
les causes qui peuvent écarter le boulet du 
plan vertical passant par l'axe de la pièce; il 
cherche la loi des déviations moyennes, dans les 
différens cas du tip, et termine son mémoire en 
présentant un tableau des probabilités qu'il y a 
d'atteindre un but d’une largéur donnée, 

Les judicieuses observations critiques que le 
rapporteur vous a faites sur quelques parties de 
ces différens ouvrages, presque toujours écrits 
avec clarté, vous ont convaincus qu’il les a exa- 
minés avec une grande attention , et ont ajouté 
ainsi un nouveau pee aux éloges qu'il leur a 
donnés. | | 

M. Cosre vous a fait aussi l'analyse des notes 
sur les élémens de géométrie, par M. Norz, 
professeur à Luxembourg, et votre associé cor- 
respondant. 

M. Cosre, tout en rendant justice à l’étendue 
des connaissances de M. Norz et à son habileté 


(24 ) 
pour l'application de l'algébre à la géométrie, 
n’a pas cru toutefois devoir approuver le genre 
de démonstration proposé par cet estimable pre- 
fesseur , et qui tend de plus en plus, à faire ren- 
trer la Ééométie dans le domaine de l'analyse, 

« Les autres parties, des mathématiques, dit 
» le rapporteur , sont tellement envahies par les 
» équations, que les professeurs doivent tenir 
» beaucoup à conserver à la géométrie les dé- 
» monstrations basées sur les constructions gra- 
» phiques, ui sont si utilés et si souvent néces- 
» saires dans les applications aux: arts. » 

On doit donc désirer dé nouveaux diode de 
géométrie qui soient plus simples et plus métho- 
diques que ceux qu’on a donnés; jusqu'ici , des élé- 
mens purgés d’une foule de propositions in ; 
et dans lesquels soient.introduites certaines théo- 
ries importantes, telles que celles -des transver- 
sales, et quelques propriétés fondamentales des 
courbes et des surfaces. 

M. CosrTe vous a encore analysé le mémoire 
intitulé: Considérations nouvelles sur la na- 
ture des courbes logarithmiques et exponen- 
tielles , qui vous a été présenté par M. Vincexr, 
D à Reims, et votre associé-corres- 
pondant. 

Il résulte de cette analyse, que ce mémoire 
publié en 1824, dans les annales de mathé- 


(25) 

matiques, mérite de fixer l'attention des géo- 
mètres, par la finesse des vues et leur nou- 
veauté à certains égards; car on sait que de 
semblables recherches avaient déjà occupé Jean 
Berniouilli, Leibnitz , d’Alembert et sur-tout Euler, 
à l'occasion de la fameuse dispute sur la réalité 
des logarithmes des nombres négatifs, dis- 
pute à laquelle Euler semblait avoir mis fin, par 
la subtilité de son analyse. 

“M. Viscnr Lpront ces questions , se croit 
autorisé à conclure, 1°. que. les logarithmes 
des nombres négatifs ne sont pas imaginaires ; 
2°. que les courbes logarithmiques et expo- 
nentielles ne sont pas discontinues , du moins 
dans le sens ordinaire de cette expression 3°. que 
les nouvelles branches de courbes qui forment le 
prolongement ou la continuation de celles qu'on 
admettait déjà, sont alternativement composées 
de points réels et de points imaginaires ; ce qui 
l'a conduit à les nommer branches pointillées 
et ponctuées, suivant les cas. 

Au surplus, l’auteur promet de nouveaux éclair- 
cissemens sur cette matière, et une théorie des 
logarithmes qui lui paraît neuve, et à l'abri des 
objections auxquelles a doriné lieu celle d’Euler. 

M. BarDin vous a rendu compte du 2°. zuméro 
du Cours complet de Topographie et de Géo- 
désie, par M. Benoisr , associé-correspondant. 


 


(26) 

M. Baron s’est plu à reconnaître le mérite dé 
la partie purement topographique de cet ou- 
vrage, en faisant observer cependant que l'au- 
teur est entré dans de trop longues digressions à 
l'égard des sciences sur lesquelles se fonde la 
topographie. | 

Vous avez entendu avec intérêt, la lecture du 
rapport bien développé que M. le capitaine 
Munier vous a fait sur la traduction des éle- 
mens d'artillerie de M. Decker, officier prus- 
sien ; laquelle vous ‘a été adressée par M. le 
capitaine Nancy, associé-correspondant , et de 
des traducteurs de cet ouvrage. 

Les changemens que ces traducteurs ont fait 
subir au texte original , n’ont point toujours paru 
très- heureux au rapporteur. En supprimant, 
dit-il, les détails relatifs à l'artillerie prussienne , 
ils out ôté les moyens de la bien connaitre; les 
détails qu'ils y ont substitués sur l’artillerie fran- 
çaise , ne donnent de celle-ci qu'une idée incom- 
plète et souvent mème inexacte de ce qui se 
pratique réellement. 

Le rapporteur eût aussi désiré plus de cor- 
rection dans le Le , qui offre souvent des lo- 
cutions vicieuses qu’on est étonné d’y rencon- 
trer. | 

Mais le 2°. livre où il est question de l'emploi 
de l'artillerie dans la guerre de campagne, suf- . 


| (27) 
firait seul, par la manière supérieure dont il 
est traité, pour établir la réputation de lou- 
vrage. | 
On doit sur-tout, ajoute M. Mounier, féliciter 
M. Nancy d’avoir profité de cette haine , 
pour mettre’au jour différentes notes qui lui ont 
été fournies par des officiers possédant à fond 
les parties spéciales de l'artillerie. 

M. Bercery, votre président, vous a fait con- 
. maître les succès qu'il à obtenus dans lensei- 
gnement gratuit de la géométrie appliquée 
aux arts, dont en 1825 vous avez arrêté l’ins- 
ütution., ainsi que celle d’un cours de mécanique 
en faveur des artistes et des ouvriers. 

Le cours de géométrie a commencé au mois 
de novembre; la géométrie de la ligne droite 
et du. cercle, qui en forme la première partie, 
a été exposée avec un grand nombre d'ap- 
plications, en quarante séances. La derniére. a 
eu lieu le 14 avril. Cent soixante-cinq exem- 
. plaires des leçons imprimées étaient distribués 
gratuitement à l'issue de chaque séance, et deux 
cents étaient délivrés aux pe x ee 
“une modique rétribution. | 

Le nombre des auditeurs fut d'abord très- 
considérable ; il dépassait celui que la salle pou- 
vait contenir, et cela dura jusqu'a la fin de 
+ janvier; mais à cette époque plusieurs ouvriers 


(28 ) 
cessèrent de suivre le coûrs, et lors de la clôture, 
il ne restait plus que cent cinquante auditeurs 
environ. Le même nombre de leçons impri- 
mées n’en était pas moins distribué, attendu -que 
ceux qui n’assistaient plus aux séances continuaient 
à venir chercher leurs exemplaires. 

On doit attribuer en partie, une si grande 
_désertion parmi ceux qui s'étaient empressés d'a- 
bord de suivre le cours, au défaut des connais- 
sances en arithmétique qui .étaient nécessaires 
pour comprendre les explications du professeur. 
Beaucoup d'ouvriers qui s'étaient donnés pour 
savoir les quatre règles, sont peu forts sur la 
multiplication ; et ignorent tout-à-fait la division ; 
l'expérience de cette année leur servira d’aver- 
‘tissement, et sans doute qu’à la reprisé des leçons 
de géométrie , ils seront — capables d'en pro- 
fiter. 

. Au surplus, les progrès qu'ont faits les ouvriers 
qui ont suivi le cours avec assiduité ; a dépassé 
‘vos espérances. | 

& Il'en est, dit M. Bencev, qui ont amé- 
» lioré leurs instrumens; quelques-uns en ont 
» fabriqué de parfaits; un grand nombre em- 
» ploient maintenant les termes de la science; 
> plusieurs enfin ont déjà porté dans léurs tra- 
> vaux, cet esprit géométrique qui fait simpli- 
» fier les procédés, et qui conduit à cette pré- 


( 29 ) | 
».cision sans laquelle les arts ne peuvent rien 
» produire de -bon ni de beau. 
» Cela ne prouve nullement, fait observer 
M. Bencery, qu'ils soient plus intelligens que 
ceux dont vous n'avez pas à faire le. même 
éloge ; ils ont travaillé, voilà tout; ils ne se 
sont pas contentés des leçons orales: dans 
l'intervalle des séances, ils étudiaient les som- 
maires , ils exécutaïent les nombreux tracés qui 
s'y trouvent décrits; ils ont même poussé le 
zèle jusqu'à éonstruire des figures en relief, 
afin de se mieux représenter les. lignes qui se 
“trouvent dans des plans différens , et de s’ha- 
.bituer aux projections. - © é 
» Ces: ouvriers: studieux ont déjà trouvé ei 
récompénse dans la facilité. avec laquelle ils 
» font maintenant plusieurs tracés qu'ils igno- 
» raient, dans la diminution de leurs peines et 
> dans le plaisir qu'ils prennent aux applications 
» mg de la science; je crois étre de- 
venu un autre homme, a déclaré l'un d'eux; 
» F me sernble qu ‘auparavant j'étais aveugle. v 
Au reste, messieurs, les meilleures preuves 
du succès de votre institution , ce sont ces lettres 
que vous ont adressées divers fabricans de cette 
ville, en envoyant à l'exposition les produits de 
leur industrie, et dans lesquelles ils se félicitent 
vivement , soit d’avoir suivi le cours eux-mêmes 


RE Re Re 


ÿ. 


| (30) 
soit de lavoir fait suivre pe leurs ouvriers ; plu- 
sieurs vont même jusqu’à dire qu'ils se trouvent 
maintenant plus habiles dans leurs arts. 
La joie que vous ont causée ces témoignages 
a été vive, mais la société n'a pas prétendu 
toutefois s attribuer tout l'honneur du succès; elle 
s’est plu au contraire, à reconnaître et à déclarer 
qu'une grande partie en est due aux magistrats 
de-h ville, pour le zèle qu'ils ont mis à seconder 
vos efforts en procurant au profemenr toutes les 
facilités qu'il pouvait désirer ; qu ’une autre, non 
moins grande revient encore à ces excellens ci 
toyens qui vous ont priés de les admetire à sup- 
porter avec vous, les frais de l'institution ; auss}, 
avez-vous arrêté que leurs noms, consacrés par 
la reconnaissance publique, seraient inscrits à la 
suite de l’historique de ce cours. 
Ce sont ceux de MM. 
Le baron Dur, membre de l'institut. 
Pourmame, de Beauregard près de Thionville. 
MoxrcoLrier, fabricant de papier, à ous à 
M". Boucuorre, la mère. 
Le colonel BoucRoTTE. 
Eure BouUCHOTTE. 
Néon, de Beauregard, près de Thionville. 
De Garçan, ingénieur des mines. 
De NicÉviLe père. 
De Ncévaxe fils. 


(3) 

Le baron Taomus, maréchal-de-camp. 

A l'époque où tant de sacrifices sont commandés 
aux amis de l'humanité, il est beau d'en faire 
encore en faveur de ra prospérité nationale. 
Que ces dignes magistrats et ces estimables 
compatriotes reçoivent donc ici, par l'organe 
de la société, l'hommage le plus honorable, et 
par conséquent le plus flatteur que puisse ambi- 
üonner l'homme qui aime véritablement son pays. 

Le succès dont vos premiers efforts ont été 
couronnés vous a excités à en faire de nouveaux ; 
vous avez senti d’ailleurs que si vous ne procuriez 
pas aux artistes et aux ouvriers les moyens d’ac- 
quérir toute l'instruction qui leur est nécessaire, 
pour se perfectionner de plus en plus dans leurs 
arts, vous n’atteindriez que très-imparfaitement 
le but que vous vous êtes proposé à leur égard. 

C'est pourquoi vous avez arrêté qu’en outre 
de la continuation de la géométrie par M. Bercery, 
et de la mécanique que doit enseigner M. le capi- 
taine Poncezer, et dans laquelle il exposera les 
notions de physique indispensables, vous avez 
arrêté, dis-je, qu'il sera encore ouvert, au mois 
de osemibre prochain , deux. ua COUrS, 
Savoir : | 

1°. Arithmétique id a l'industrie et 
au commerce, par M. Woisarn. 

2°. Dessin géométrique , par M. Bars. 


(32) | 

M. BeRGERY vous a aussi rendu compte de. la 
description géométrique de la partie d’une 
charrue qu'on nomme versoir ou oreille; dont 
l’auteur, M. le professeur ni vous a fait 
hommage. 

Cette description est contenue. dans un rap 
port lu à la société royale et centrale d'agri. 
culture, sur la charrue de Jefferson, prési- 
dent des Etats-Unis d'Amérique, et sur celle 
de l'anglais Arbuthnot. Le versoir de ce dernier 
n'ayant pas une forme fondée sur la théorie, il 
est à peu près impossible de le décrire, et Ru 
on le pourrait, les agriculteurs n’en RTE 
aucun profit, attendu que pour chaque espèce 
de terrain, il faudrait renouveler les tâtonne- 
mens longs et difliciles qu a se pe pis an 
glais. | 
Les sciences Haépatques ne sont pas encore 
assez avancées, dit M. HACHETTE, pour que lon 
puisse déterminer à priori, la surface qui con- 
vient le mieux aux versoirs; mais en construisant 
cette surface d’après l'hypothèse de Jefferson , on 
obtient, comme le montre l'expérience, ‘des 
résultats assez satisfaisans. 

Ce magistrat philantrope admet que l'oreille 
d'une charrue a, pour face extérieure , une sur- 
face gauche engendrée par une droite qui s’ap- 
puie sur deux directrices droites, et qui se meut 


(35) 

parallélement à un certain plan. Pour l'obtenir, 
il faut tracer un quadrilatère gauche sur la pièce 
de bois dont on veut faire un versoir. 

“L'un des côtés, celui qui représente la lon- 
gueur de l'oreille , doit contenir quatre fois la 
profondeur du sillon ; un autre CÔté perpendi- 
culaire à l'une des" extrémités du prétédéfit ;'est 
la largeur du sillon, et doit” contenir uné fois 
et démie la profondeur. ‘  * 

Si, sur lé plan de ces côtés , où élève à autre 
extrémité du premier, une perpendiculaire épale 
à deux profondeurs de sillon; si par celle des 
extrémités de cette perpendiculaire qui n’est pæ 
sur le plan , on mèbe une parallèle au 2°. côté, 
dans un sens opposé; qu'on donne à cette pa- 
rallèle 3/4 de profbnideur ; et qu'ôn ‘en: joigné 
le bout avec celui des bouts de la perpendiculaire 
qui se trouve sur le plan, le 3°. côté du qua- 
drilatère est formé , et lé 4°. ferme la figüre: : ‘ 

Ine s'agit plus . , Pour achever la surface 
extérieure de l'oreille , que de la réglér par des 
droites qui ‘coupent jé premier côté ‘et le qua- 
trième , et qui soient parallèles au triangle rec- 
tangle, dont le troisième est l’hypothénuse ;-ou 
par des droites qui coupent cette hÿpôthénuse 
et le deuxième côté, et qui soient parallèles’ au 
plan mené par le ième, perpendiculaire 
ment à celui des deux premiers. ‘. °‘ ”: 


5 


. 


(34) 
Il convient; au surplus, de régler des deux 
manières: l’une sert de vérification à l’autre. 

Quant à la face intérieure du-versoir de Jeffer- 
- son, elle est équidistante à la face extérieure. 
.: Je terminerai cette description sommaire, en 
faisant observer que la droite à laquelle on donne 
trois quarts de profondeur de sillon, ne doit 
avoir cette longueur que dans le cas d’une bonne 
terre végétale. Dans les autres terres ; des essais 
peuvent seuls apprendre quel est É rapport le 
”_ convenable. 

M. Cuevauer, ‘ingénieur - opticien du roi. et 

votre PATRONS vous a.fait hommage 
de plusieurs exemplaires d’un rapport imprimé 
de l'athénée royal des arts, sur ses lunettes iso- 
centriques et de sbédacie à à clyniques. 
M. Smox vous a lu un mémoire dans lequel 
il décrit les terrains qui constituent notre dé- 
partement, et s'attache Sa à. faire 
connaître leur superposition. | 

Cette superposition est l’un des buts essentiels 
de la géologie , puisque c’est par la connaissance 
exacte de l’ordre qui existe entre les terrains, 
que le mineur a l'assurance qu’en perçant telle 
ou telle couche, il arrivera sur.telle autre , ‘ou 
qu’il’ est inutile de fouiller plus loin, attenda 
que la couche sur laquelle il croyait arriver, 
n'existe pas. 


 (#) 
Les terrains qui constituent le sol du dépar- 
tement de la Moselle sont secondaires. 

. Les trois formations qu’on y rencontre le plus 
souvent , sont le calcaire oolitique , le calcaire 
bleu & gryphites et le calcaire coquiller ; 
viennent ensuite les grès, principalement ceux 
qui accompagnent la houille ; les autres forma- 
tons ne jouent qu'un rôle accessoire, et ce- 
pendant elles présentent: aussi des ressources à 
l'industrie. | 

M. Smox a joint à son mémoire, une coupe 
qui montre les positions respectives des terrains 
dont il vous a entretenus. | | 

“I vous a parlé’aussi, dans ce mémoire, de 
l montagne brülante dite de Dalveillers, dont 
l'incendie ‘a commencé à une époque 7 
pue. . DUR 

Pour arriver , dit-il, à ce lieu, on traverse une 
belle forêt par un chemin très-agréable ; lors- 
qu'on est parvenu au sommet, on aperçoit 
quelques famarolles et des débris de roches qui 
ont subi l'action du feu; un peu plus lon, on 
découvre un petit lon. c'est la que parait être 
le foyer de l'incendie. su 

Au versant de gauche, des PR en 
murailles. Ces rochers ont subi aussi l’action du 
feu, et à leurs pieds sont des soupiraux par 
lesquels on entend un murmure imposant : il 


( 36) 
s'en v donne une colonne de famée-qui dépasse 
les roches ; mais elles n’en sont pas moins cou- 
ronnées par des arbres d'un beau vert. 

-Le: fond du vallon est couvert .de débris de 
roches. et, de schistes ;' sur différens. points du 
sol, la chaleur est à peine supportable ; parmi 
les débris , on trouve de beaux cristaux d’alun, 
de lalun de plume et du: souffre natif. | 
: «& C’est, dit M.Smox, en examinant successive- 
ment ces nations, en s’arrêtant aux faits qu’elles 
présentent , et en s’assurant que des. terrains qui, 
au premier aperçu; semblaient n'être que des 
. masses informes, sans aucun arrangement, sont 
au contraire disposés‘ dans un ordre admirable, 
et. nous conservent tellement bien Îes débris 4 
animaux et des végétaux qu'ils. enveloppent, 
que les coquilles montrent encore les premiers 
dans leur entier, et que les nervures, même 
les. plus. délicates des feuilles de fougère, : 
sont point effacées ; c’est. alors que RE sent 
tont.son néant et tonte h grandeur. ee son Créa- 
ur.» | | 

Cer mémoire vous à. fourni. ; messieurs, une 
nouvelle preuve du zèle que met notre labo- 
rieux collègue à poursuivre des recherches dont 
lé résultat peut tourner au profit de’ la science, 
ce qui vous fait d'autant plus regretter que les 
nouvelles fonctions auxquelles il vient d’être ap- 


(3) 
pelé, vous privent momentanément de lavan- 
tage de le posséder. n 

‘Vous vous êtes empressés d'accuéilr l'hor- 
mage que la compagnie, pour l'exploitation 
des mines de Schœnecken ; vous a fait d'une 
notice sur ‘ses importans travaux: 

L’ entreprise de le exploitation des . mines Le. 
Schœnecken, commune. située sur .l’extrème 
frontière de France, à 5 kilomètres nord-est 
de Forbach, dans le département dela Moselle , 
a pris naissance en 1815, ‘lorsque k réunion 
de Sarrebruck à la Prusse, eut privé la France 
des riches. SEA HE de houille de ces con- 
trées.… se rs 
la “igne-- rs qui pire aux ‘gites | qu'on 
venait de perdre; on ne pouvait admettre que 
les couches:de houille-qu’on voit sortir en Prusse, 
à une distance plus ou moins éloignée:de.cette 
ligne. et qui se dirigent ou plongent vers la 
France , s'interrompissent brusquement pour ne 
plus reparaïtre au-delà, et .que les limites po- 
litiques fussent aussi pre de la nature. 

M. Gzaxcorr, ancien inspecteur des houillères 
du pays de hi. , ayant observé que les 
attérissemens de grès et de poudingues quart- 
seux qui forment le. sol français, sont de 
même nature que ceux .qui.se montrent chez 


. Ge | 
l'étranger où ils prennent naissance, en concint 
qu'il était probable que, en France, comme 
en Prusse, ces grès recouvraient des terrains 
houillers. : 

Cet inspecteur joignant à ses observations les 
données acquises pendant l'exercice de ses fone- 
tons, conçut le premier l'espoir de réparer une 
partie des pertes que venait pas le dé- 
partement. | 

Aux explorations de M. GLanGorr se joignirent 
celles de MM. de GarGan, ingénieur des mines 
du département, Duxamez, inspecteur-général , 
et CLÈre, ingénieur d'Anzin, qui se rendirent 
successivement sur les lieux , et il résulta de-leurs 
diverses observations réunies, que k commune 
de Schœnecken devait être située au milieu d'un 
vaste bassin houiller , versle centre duqueltendent 
toutes les couches qu'on découvre dans le pays 
limitrophe. 

ll serait trop long, du reste, de faire ici le 
détail des contrariétés de tout genre , qu’a éprou- 
vées cette compagnie dansses premières tentatives 
d'exploitation; de rapporter combien de fois 
elle s'est vue forcée d'interrompre ses travaux, 
de les abandonner tout-à-fait pour en commencer 
de nouveaux ; il suffira de dire, pour la satis- 
faction de ceux qui s'intéressent à la prospérité 
de leur pays, qu'a force de constance et à 


( 39 ) 

l'aide des lumières des habiles ingénieurs qui 
l'ont dirigée dans ses efforts, elle est enfin _ 
venue à surmonter les principaux obstacles, 
que tout se réunit maintenant pour faire a 
que cette entreprise prendra bientôt un déve- 
loppement qui sera pour notre département, 
une nouvelle source de richesse, et pour la 
France un moyen de s'affranchir du tribut qu'elle 
paye, sous ce rapport, à l'étranger. | 


Ie. SECTION. 


ARTS CHIMIQUES ET. MÉCANIQUES. 


M. le capitaine TarzzererT vous a lu un rap- 
port sur la notice relative aux produits bitu- 
mineux des mines de Lobsann près de Weis- 
sembourg. | 

Il résulte des observations du rapporteur, qu’on 
fabrique avec les produits bitumineux de cette 
mine , deux espèces de bitume , savoir : 

L'un appelé Brai ou Goudron minéral qui 
sert à enduire les corps qu’on veut préserver 
de l'humidité , et conserver dans l’eau, tels que 
les murs salpêtrés, les roues de moulins, etc. ; 
et l’autre nommé Mastic minéral on Bituminum 
qu'on emploie avec avantage dans les construc- 
tions hydrauliques ainsi que “is les terrasses dites 
à l'italienne. : 


(40) 

Dans le courant de l'été dernier, on à employé 
à divers usages, à la poudrerié royale de Metz ; 
lé bitume minéral de Lobsann : mêlé an goudreri 
otdinairé, ce qui le rend plus fusible, i a ‘été 
appliqué sur la roue “hydraulique de la ‘séchèrie 
artificielle ;seul'et sans aucun mélange, il a été 
étendu sur un berceau’ en plein ceintre, fori 
imant la voûte d'un très-petit bâtiment qui rèen- 
ferme le fourneau et la chaudière de la séchériei 
enfin, on en a recouvert la voûte du magasin 
à ue ; mäis cétté dernière couverture n’était 
pas encore achevée à Fépoque.où M. Tarizererr 
vous a fait son rapport. Îl vous a annoncé qu Al 
‘sé réservait de vous entretenir l'été prochain ; de 
‘ce sujet intéressant et'utile, attendu qu'il avait 
Tespoir de recueillir assez de renseignemens pour 
mettre la société à même de se, as ‘une 
opinion sur cet objet. | | 

M. Gotvenan vous a envoyé'une table exacte 
de la pésänteur Spéci ifique ces Lines jets dd 
“kool èt d'eau. 

‘Vous ‘avez reçu un ouvrage intitnlé : : Obser- 
‘Yätions sur le calorique et sur da lumière, 
par M. Pucx, de Rouen. ] dont M. SR on 
‘à rendu compte. Fi 
© “M: Puex considère la lumière comme pon- 
dérable, et le calorique comme.la cause de la 
visibilité ‘de la lumière ; il rappelle des expériences 


(#1) 
faites ‘Londres , il y a 4o ans, par le docteur 
Higoins, qui semblent prouver que la lumière 
s'attache aux corps comme l'humidité , et qu’elle 
a'est réfléchie qu'après parfaite saturation de 
l'objet. exposé à ses rayons. . 

Il prétend que l'émission de la lumière et du 
calorique pendant la combustion est due aux 
corps combustibles, et non au gaz oxigène de 
l'air. Suivant Pauteur et M. Macaire, de Ge- 
nève, les lampyres contiennent de la lumière 
ebscure,. qui deviëént visible lorsqu'on leur four- 
nit du calorique; le gaz oxigène n'y entre cer- 
tainement pour rien, dit M. Pucx; à plus.forte 
raison peut-on supposer que .la lumière obscure 
existe égelement dans les corps combustibles ; 
c'est ce que. prouvent d’ailleurs, les belles ex- 
” périences de Davy; de. là vient que les métaux 

produisent en brülant des flammes diversement 
Si le carbone conduit mal le calorique, s’il 
réfléchit toute la lumière qui le frappe, si en 
brülant il donne beaucoup de lumière et de cha- 
keur, c’est qu'il est saturé de lumière et de calo- 
rique; le diamant n’est que du carbone. privé 
de ces élémens, car sa combustion, qui donne 
autant d'acide carbonique que celle du carbone, 
ne produit que peu de lumière et de chaleur. 

: Cette nouvelle théorie qui renverse celle de 
6 


(4) 
Lavorster: et de Moncë, a au moins' le mérite. 
d’être trésmgénieuse. 

M. Lemoyne vous a fait hommage d’un exèm- 
plaire de son mémoire sur les Ponts suspendus 
par des chaînes, dont M. le capitaine MuniEr 
vous’ a rendu compte l’année dernière. 

M. le capitaine Ponceter vous a également fait 
hommage d'un exemplaire de son mémoire sur 
les Roues. verticales. à aubes courbès, mes 
par dessous, mémoire qui a-été couronné par 
l'institut et auquel l’auteur à fait dite ae 
gemens et additions. 

M. Can, dans l'analyse. qu'il vous a faite. 
du compte rendu des travaux de la Société du 
Mans , pendant le cours de l’année 1825, vous 
a parlé de l'explication donnée par M. Arrow, 
membre de cette Société, du phénomène que 
présente un disque en tôle monté sur un tour 
qui lui imprime une vitesse de dix mille pieds 
par minute : ce disque coupe en peu d'instans 
une lime ordinaire, même sans être entamé. 

Dans son analyse du compte rendu des tra- 
vaux de la Société de Rouen, M. Carzzy vous 
a également parlé du mémoire de M. Desricny, 
membre de cette Société, sur un instrument 
. destiné à régler les pendules, qu'il a fait. cons- 
truire en appliquant la méthode donnée par 
M. Pecqueur pour établir un rapport assigné 


(43) 
entre la vitesse: angulaire de deux roues, lors 
même que lés deux termes du rapport sont des 
nombres premiers, surpassant ceux des dents qu’il 
est possible de tailler sur les GHCOmIÉrEnCes des 
roues. 

M. Desricny a donné à son instrument le 
nom de régulateur d'horloge, à cause de la 
précision avec laquelle cet instrument ‘exécute 
seul l’opération qu'on lui confie ; vingt-quatre 
heures suffisent pour régler une pendule, et au 
moyen d'une addition faite au régulateur, on 
peut, dans des cas pressans . restreindre à deux 
heures le temps nécessaire is cette opé- 
ration. | SON E 

M. Fresez, mécanicien ; vous a présenté suc— 
cessivement de balances de son invention : la 
dernière qu’il a désignée sous le nom de levier- 
| hercule, a été soumise à l'examen d'une com- 
mission composée ee MM. Woisarn, PoncELET. 
et LEMOYRE. 

Cette commission a trouvé l'idée de M. F REsEz, 
; fort ingénieuse, et elle pense que sa balance: 
pourra. être employée avec avantage dans toutes 
les circonstances où l’on recherchera , avant tout... 
la facilité du transport et k Free du: 
pesage. | 

. M. le-baron Contes Dur vous a fait hom 
mage d’un exemplaire de sa notice sur un nouvel. 


( 44) 
enseignement de la géométrie et de la mé: 
canique, appliquée aux: arts. metiers. ‘et 
aux beaux arts. 

Vous avez accueilli cet. ue avec ce vif 
intérêt qu'inspirent toujours les ouvrages de notre 
savant collègue... : 

Votre président vous. a donné lécture d'un 
rapport qu'il a fait, au nom d’une commission 
choisie dans See . sur da construction et 
Fusage des mécaniques et des machines à vaæ- 
peur dans notre département ; en réponse à 
une série de questions à ce sujet, adressée par 
Son Excellence k ministre de l'intérieur, à la 
chambre de Commerce de Metz, et transmise | 
par celle-ci à notre: Société.  : 

Ha aussi déposé aux archives, trois trisecteurs . 
perfectionnés. On les doit à MM. Deserancss 
fils, Lonnarn fils, tous deux RARES, sus 
charpentier. 

M. Gurx , miroitier, a a construit aussi un Ur. 
secteur qui est en verre de Laul et contient un 
rapporteur. | 

Ces instramens , qui montrent l'intelligence rs 
leurs auteurs et le zèle avec lequel ils ont suiwi. 
le cours de géométrie apphquée, rendront dé-. 
sormais la division d’un angle en trois parties: 
égales ;'aussi facile que la construction de ES 
droit au moyen de l’équerre. | L 


CE 
me. SECTION. 


JCENÉE ri ÉCONOMIQUES ET INDUSTRIELLES, 


M. us Simon, , Dépiniériste à Metz ; 
vous a adressé un mémoire relatif à Pincision 
annulaire, sur lequel MM. Smox et Bouœorre 
(colonel) vous ont fait chatun un rapport. :  : 

M. Dominique Smmon prétend que l'incision 
annalaire , malgré son utilité, présente un incon— 
vénient fâcheux, celui d’appauvrir et souvent 
de frapper de mort la partie de la plante: qui 
so trouve au-dessous de la plaie; c’est. pour 
quoi il propose comme un procédé à 2. 
de préférence, l'incision longitudinale qui. sui- 
vant lai, offre les mêmes avantages sans avoir 
les mêmes dangers. 

M. le colonel Boucrorrs n'a point Deus à 
cet égard l'opinion de l’auteur ; il vous a fait ob 
server que le résultat désavantageux signalé. par 
M. Dominique Srmox, doit être attribué , non pes 
à lincision annulaire même, mais au cos qu'on: ‘ 
fait de la partie du cep saisie: ) à l'opération; 
que si cette incision -est faite sur les branches de 
. la plante au lieu de l'être sur la tige , il ne s’ensait 
aucun’ dépérissement ; que les nombreux essais 
qu’il a faits de ‘cette manière A sur ont com-- 
plétement réussi. RE 


(46) 

Quant à lincision longitudinale + Votre rap- 
porteur vous a encore fait observer que l’avan- 
tage de ce nouveau procédé n’est pas suffisam- 
ment constaté par l'expérience, pour qu ’on doive 
l'employer de préférence au premier. 

En conséquence, vous avez arrêté, d’après les 
conclusioris du rapporteur, que ini hono- 
rable serait faite, dans votre compte-rendu, de 
M. Dominique Sue. pour le zèle qu'il met à 
chercher les moyens d'améliorer la culture de la 
vigne ; que ce laborieux agronome serait invité 
en outre à continuer ses utiles recherches et 
sur-tout à s'assurer par des espérienees convain- 
cantes, de la réalité des avantages que présen- 
tent les divers procédés qu'il propose. 

M. Simon vous a encore rendu compte din 
autre ouvrage du même auteur sur la culture 
de la vigne ; ce mémoire lui a paru très-inté- 
ressant, mais néanmoins incomplet. 

M. Tanserenr vous a entretenu du mémoire 
dans lequel M. Vercxaun, de la Société d’Or- 
léañs, annonce qu'il est parvenu à retirer du 
marron d'Inde, une fécule analogue à celle de 
la pomme de terre, et qu’il regarde comme 
étant bien supérieure à celle-ci. Son procédé 
consiste à réduire le fruit èn pulpe et à le laver 
plusieurs fois avec une eau aiguisée de ;5 ou 
de 53; d'acide sulfurique. M. Vencnaup déclare 


(47) 
qu'il obtient par là 36 à 9%, de Foes tandis 
que lés meilleures pommes de terre n’en donnent 
que 20 ou 22 p. °/. | 

Au surplus, cette fécule a été employée pour 
divers usages de l'économie domestique; elle a 
été aussi convertie en sirop par le moyen de la- 
cide sulfurique, et en alkool par la fermenta- 
tion ; elle fournit un encollage pour les tisserands ; 
cf on la fait entrer dans la préparation du 
papier autographe. | 

M. le colonel BoucxoTTE vous a fait connaître 
un ouvrage de M. de Mowrsrur, sur les avantages 
et la possibilité de naturaliser en France des ani- 
maux et des végétaux exotiques. 

Les animaux que M. de Monreux propose 
d'introduire, sont le Jak du Thibet, bête de 
somme dont l'espèce approche de celle dé bœuf, 
et qui porte une toison précieuse , avec laquelle 
on pourrait fabriquer de nouvelles étoffes. 

IL propose aussi l'importation en France de 
ces béliers d'Afrique, avec lesquels les anglais 
relèvent leurs races à laine fine. 

Enfin, M. de Monrerun propose, pour épreuve, 
l'introduction de la race de moutons peu connue 
des Strépicéros et de celle des Isles de Ferroé, 
laquelle porte trois sortes de laines, dont lune 
est trés-fine. | | 

M. le colonel BoucuorrE vous’ a . aussi un 


( 48 ) 

rapport ‘sur uñe notice relative aux moutons 
Dishley (en Angleterre) ; laquelle est extraite du 
journal des travaux de la Saciété” nb ui 
dé la Seine-Inférieure. | | 

« Ce qui est à remarquer articulièrement 
» dans cette. notice , dit le rapporteur, c'est 

> Fintroduction du Prsi dans la composition:des 
> prairies, à l'usage des moutons. On prétend 
» que cette plante a la vertu d'emporter, par 
+ les urines, les sérosités causées par une trop 
» grande humidité ; sa qualité aromatique donne 
> d’ailleurs un goût excellent à la chair des ani- 
> maux qui s'en nourrissent , et dispose les 
» agneaux à manger plustôt. Il les _—. en 
» outre de k pourriture. » oo 

. Une ‘autre remarque particuliére à fire su? 
les moutons Dishley, c’est que beaucoup de 
brebis dé cette race mettent bas deux petits, de 
sorte qu'on pent attendre quatre-vingts 7 | 
d'an troupeau de soixante brebis. | 
- M. le eolonel Boucuorre vous a encore fait 
un rapport sur la greffe par approche, que 
propose M. Piéranp , associé-correspondant. Le 
hpouveau-procédé qu _—— l'auteur , hu parait 
Le et avantageux. | 

- M. Eve Boucnorré vous à présenté des 
ETES sur les causes qui: s'opposent 
aux progrès de Pagriculture dans notre pays, 


(49) 


et.une notice sur la manière .de nourrir les 
Chevaux. avec du pain de froment. | 

Vous avez entendu avec intérêt la lecture des 
observations de M. Anspacx, sur l'ouvrage in- 
titulé : des avantages d'une assurance géné- 
rale contre l'incendie, étendue à tous les.im- 
meubles de la France, dont M. Schertz vous 
. a fait. hommage, et vous avez applaudi avec 
Jui aux vues patriotiques de l'auteur. | 

Vous avez accueilli avec non moins d'intérêt. 
son rapport sur l'ouvrage publié sous le titre du 
commerce extérieur , et de la question d’un 
entrep#t à Paris, qui vous a été adressé par 
Pauteu, M. Roper. 

En développant les idées d cet habile né- 
gociant, M. Anspacx a fait sentir combien toute 
Ja France est intéressée à l'extension du com- 
amerce extérieur, commerce auquel les produc- 
tions et les Bbriques de notre département ne 
sont pas étrangères, et dont le résultat serait 
d’en accroître la prospérité, en multipliant les 
moyens d'échange. 

. établissement d'un entrepôt à Paris, chose 
qui serait avantageuse pour toute la Die , Sans 
_ être nuisible aux ports, deviendrait d’ailleurs, 
dit M. Axspacu, un précédent favorable à lob- 
tention de celui que la ville de Metz réclame 
depuis | long-temps , et qui rendrait: au , Com-- 

7 


D 


(30 )) 
æerte- de notre- ville l'activité que la -perte-des 
pays be li lüi a ôtée. .  - 


IV<. SECTION. 


ARCHÉOLOGIE. —— LITTÉRATURE. Loc 


M. Trssrer PS de Thionville, et votre 


oct correspondant ,au zèle et aux bone 


recherches duquel vous devez déjà tant d’heu- 
reuses découvertes, vous à envoyé cette année, 


un mémoire sur des monnaies frappées à 


Sierck, sous les ducs de Lorraine. 
Vous avez accueilli avec le plus: vif intérêt, 


Thommage que vous a fait M. le baron Masquer, 


de sa seizième lettre de TERRE 4 mise 
matique et d'histoire. . 

M. Simon vous a lu une notice sur les anti- 
* quités qu'il a découvertes au village de Roncourt. 

Il vous a été rendu compte des Observations 
sur les ruines du Hiéraple, par M. Arremarer, 
de S' -Avold, associé correspondant. Vous avez 
trouvé ce rs tellement rempli de remar-- 
ques intéressantes, et propres à faire connaître 
le mont Hiéraple, que vous avez décidé qu'il 
en serait fait mention honorable dans le compter 
rendu de vos travaux. | 

M. Azremayer, en recueillant soigneusement 
‘dans son ouvrage, les traditioris populaires qui 
font du Hiéraple, un heu de terreur pour ia 


(51) 
Classe ‘ignoramte des habitans du pays, n’a pas 
- négligé les; recherches historiqués : le squelette 
de 6 pieds et demi de. haut, trouvé les pieds 
tournés vers l’orient, est encore une preuve que 
le Hiéraple ‘était un établissement des gaulois. 
Tout porte.à croire que ce lieu fut long-témps 
sacré pour eux ét peut-être qu'un collége drui- 
dique y. fut.éfabli. Plus tard, il leur servi de 
refuge contre les Lean des romains et des 
alemans. | 
M. Acremayer vous a donné: connaissance dés 
féüilles faites à S'°.-Fontaine, et du Mercure qu'on 
ÿ trouva. Ces fouilles continuées par M. Mancax, 
ont conduit à la découverte d’un nouveau Mer- 
cure, d’un banc en pierre d'une grande lon- 
gueur et d’une F’énus impudique,aussi en pierre, 
de grandeur naturelle, mais que les filles du 
village voisin sont venues briser, la regardarit 
comme un objet de scandale. | 
M. AzrEMAYyER a joint à son mémoire, qüelqués 
débris qui consistent en un fragment d’une'pierre 
meulière et un vase gaulois. Il:y a joint aussi 
diverses médailles en grand et petit bronze pres- 
que frustes: ce sont dés Hadrien, Commode 
(au revers de Junon), Antonin (Sospita), Lucile 
(fernme de. Vérus), F'austine ; Tetricus, Cons- 
tance et Falens. 
Enfin, il vous a envoyé depuis une pièce 


(5%) 
d’or qu'il a trouvée dans un terrain appartenant 
autrefois aux Templiers, et qui se Lait au 
monétaire de Philippe-le-Bel. | 

La notice que M. le comte GRÉGOE, un 
de vos membres honoraires, vous à adressée 
Sur les Rhodiens (appelés, par corruption de 
langage, Hérodiens) du village de Pierre-V'illers, 
qui ressortissait au bailliage de Briey , vous a paru 
curieuse. et digne d’exciter les recherches des 
archéologues. sur les anciens établissemens. des 
Templiers dans notre pays. 

Lors de la prise de Rhodes par Solimen H, 
sur les chevaliers de S'.-Jean de Jérusalem, i 
fut stipulé par k capitulation que les odiens 
qui ne voudraient pas vivre sous la domination 
musulmane , auraient la liberté de quitter l'isle. 
L'abbé de Vertot assure que plus de quatre mille 
de ces insulaires , avec leurs familles 2 profitérent 
de cette liberté, pour s Mes nous à ! suite: des 
chevaliers. | 

« Il falut, dit l'auteur de la notice, répar- 
» tir sur les domaines de l’ordre ces émigrés, 
» dont une colonie s'établit ainsi à Pierre- 
» Villers , qui dépendait dela commanderie du 
» Petit-St.-Jear, à Me. » 

L'auteur ajoute que ces colons avaient bâti 
dans cet endroit des maisons dont - quelques- 
unes sont encore à présent indiquées comme 


(53) 

. maisons de rhodiens ou hérodiens ; qu’au sur- 
plus, ils ne se mariaient qu'entre eux; qu'on 
tenait registre de leur origine , de leurs lances, ; 
et des enfans qui en naissaient. | 

Vous avez entendu avec plaisir, les savantes 
et pes observations de M. Gerson-Levy, 
sur la 2°. époque de l’histoire allemande de 
Trèves , par M. le professeur WiTrEnsAC , asso- 
_cié-correspondant. D 

. M. Wrrrensacu ne s’est pas borné dans son 
histoire à rapporter les différentes guerres et ré 
-volutions politiques des trévirois , il y a fait entrer 
aussi la description des anciens monumens élevés 
dans le pays par les romains , monumens sur la 
destination de quelques-uns desquels il établit de 
nouvelles conjectures qui paraissent fondées. 

La vaste et attentive érudition de M. Wir- 
TENBACH ne lui a rien laissé oublier; peut-être 
même l'a-t-elle entrainé trop loin, en le por- 
tant à s’appesantir sur des détails déjà connus des 
lecteurs, et qui d’ailleurs ne se rattachent pas 
nécessairement à l'histoire particulière de Trèves ; 
mais malgré ce léger défaut, l'ouvrage ne mon- 
tre pas moins, dans votre estimable confrère, 
une étendue de connaissances et une supériorité 
de talent auxquelles le rapporteur s est La à 
payer un juste tribut d’éloges. 

. M. Macuerez vous a rendu compte de la 


C5) 
Jument et la Fill, fable en vérs qui vous a été 
envoyée par un anonyme. 

. Ü vous a lu aussi trois fables en vers Le il 
en l'auteur. 

Vous avez réçu de M: For , æ Dijon : 
plusieurs ouvrages en prose, sur lesquels MM. 
Hyrpm et Macnerez vous ont fait chacun un 

M. Decasso, de Thionville, associé-corres- 

pondant, vous a envoyé une chanson Le a 
gs sur le Sacre, 

M. Descaonx, de Caïnbrai, ie 
Fe vous à fait remettre une très-belle. mé- 
daille eu. bronze, frappée à l'occasion de Pé- 
rection du monument de Fénélon , et deux pièces 
de poésie : lune à pour titre à Gant, l'autre 
le Mousse. Vous avez trouvé cette dernière 
pleine de facilité, de grâce , et surtout de sen- 
üment, 

M. le capitaine d'artillerie — associé-cor- 
ar du , Vous a offert une ode sur le Sacre, 
et une tragédie en vers, intitulée Jeanne-d'Arc, 
qui se fait remarquer en général par l'ordon- 
nance du plan, et en certains endroits ; par une 
touche mâle et fière. 

: M. Huor, de Paris, associé - correspondant, 
vous a présenté sur le célèbre Lavoisier, une 
noticé que vous avez jugée trèsintéressante , tant 


(5) 
sous le rapport du style que sous ‘céhi des faits 
qu’elle contient. 

« Îlest, dit M. Huor, des hommes favorisés 
» par la une chez lesquels l'amour de l’é- 
» tude est une ES ; l' culture des sciences 
» un besoin ; la vérité, le but de leurs travaux; 
» le PAT de lhumanité , le principal sujet 
» de leurs méditations: tel fat l'ilustre et mo- 
» deste Lavoisier, » | 

L'auteur nous représente ensuite ce savant 
célèbre, dédaignant dès sa jeunesse, pour les 
charmes de l'étude, la société et les plaisirs aux- 
quels la perspective d’une belle fortune lui per- 
mettait de sé livrer; débutant dans la carrière 
qu'il a si glorieusement parcourue, par un mé- 
moire sur lermode d'éclairage le plus efficace 
et le plus économique à employer dans Paris, 
mémoire qui fat couronné ; démontrant ensuite 
le premier, que la pierre à plâtre est for- 
mée de chaux, d'acide sulfurique et d’eau; 
dévoilant le secret de la composition du dia- 
mant, et faisant voir l’analogie qui existe entre 
cette Here précieuse et le charbon; opérant 
plus tard une véritable révolution dans le monde 
savant, par la découverte de la composition de 
Peau; parvenant à faire acquérir ‘à la poudre à 
cation , un tiers de portée de plus qu’elle n'avait 
eu. ou ;: du reste, administrateur. aussi 


(56) 
désintéressé et philantrope aussi vrai que sa- 
vant profond et infatigable; refusant de tou- 
cher les appointemens des places auxquelles l’a 
vait appelé le. gouvernement ; avançant même 
de ses deniers , une somme de cinquante mille fr. 
à la ville de Blois, pour la sauver de la famine; 
et prouvant enfin jusqu’à ses derniers momens, 
son amour pour l'humanité, en faisant au pré- 
sident du tribunal révolutionnaire, la demande 
qui fut refusée froidement par celui-ci, d’un 
sursis de quelques jours, afin de terminer ses 
expériences relatives à la transpiration, cause 
de tant de maladies. : 
_ € On dit, ajoute en terminant M. -Huor | que 
» la veille de son exécution , la Société du Lycée, 
» dont Lavoisier était membré, envoya: à la 
» conciergerie, une députation qui lui offrit une 
_» couronne. Hommage touchant d'intérêt et d’es- 
» time, qui retraçait au milieu de cette prison, 
.» le tableau de Socrate, recevant les derniers 
__»s adieux de ses disciples et de ses amis! » 
M. Nicor , de Montpellier, associé-correspon- 
dant, vous a adressé la traduction en vers de 
la He satyre de J uvénal, dont M. Tarr 
vous a fait l'analyse. 
Cet ouvrage n'est pas sans. doute entièrement 
exempt de taches : dans quelques endroits la tou- 
‘ che est au-dessous de la vigueur du satyrique 


(57) 
latin; on y remarque aussi quelques néeligences 
qu'il sera facile à l'auteur de faire disparaitre. 
Malgré ces imperfections , résultat inévitable 
d'un premier travail, on peut dire que, com- 
paré à l'original sous le rapport de la fidélité, 
l'ouvrage présente une exactitude suffisante pour 

une traduction en vers ; quelquefois même on y 
trouve une heureuse précision ; le style en gé- 
mnéral est aisé et naturel, souvent élégant, et 
la versification facile et coulante. 

M. Tec vous a aussi rendu compte de di- - 
-verses pièces de poésies présentées par M. Va- 
LETTE, et parmi lesquelles vous avez particulié- 
René distingué une épitre en vers et plusieurs 
Chansons. | 

M. VazerTe vous a lu et ui un ouvrage 
en prose mêlée de vers, sur les mœurs cheva- 
leresques du moyen âge, ainsi que plusieurs 
odes et élégies de M°°. Amable Tasru (née 
mademoiselle Voïiart, de Metz), associée libre de 
la société Linnéenne de Paris. 

La lecture de ces diverses productions qui a 
continuellement excité votre mtérêt et souvent 
- votre admiration, vous a convaincus que lac- 
‘quisition de M”*. Tasru ne pouvait qu'être in- 
finiment précieuse pour notre Société. C’est pour- 
quoi vous avez pris en sa faveur une décision ré- : 
glementaire en vertu de laquelle les dames peu- 

8 


(58) 
vent maintenant être admises à faire parte de 
vos associés-correspondans. _ | 

M. VALETTE vous a encore rendu compte de 
lEpoque fatale, ode par M. de Montferrier, 
associé correspondant, et vous a lu deux nouvelles 
chansons de sa composition, dont l’une est inti- 
tulée, Caron ou le Nocher. des enfers, @ 
l'autre Child-Harold ou l'Italie. . 

M. Tniez vous a lu au nom de votre com- 
mission pour les concours littéraires , un rapport 
sur'un mémoire portant pour titre : ‘Elimie ou 
la République messine au commencement du 
15°. siecle. NN + +, 

Votre commission n’a pas trouvé que l'auteur 
ait suffisamment rempli les conditions énoncées 
dans le programme. 

M. Mur, professeur, vous a fait aussi un 
rapport sur un mémoire qui vous a été -envoyé 
par M. Senoco, maitie d'écriture à Metz. 

_ M. SenocQ avance, comme un. fait imcontes- 
table, que le talent de l'écriture s’acquiert au - 
jourd’hui avec plus de facilité, et en beaucoup 
moins de temps qu'il n’en fallait autrefois; selon 
lui, quelques jours de leçons suffisent, à cet 
égard , aux personnes qui ont déjà l'habitude d’é- 
crire ; quant aux commençans, il assure qu’au 
- bout d'environ deux mois d'exercice, ils ont ac- 
quis déjà un certain degré de perfection dans l’art 
de former les caractères. 


(59 ) 
: Un si grand avantage doit être attribué, sui- 
vant M. Senoco, à l'excellence. de la méthode 
qu'il suit. depuis dix ans, et dont il se déclare 
l'inventeur. 

- IlLcondamne, dans la méthode qu’on empie 
nement ‘ la pratique de la flexion des doigts 
eonducteurs de la plume : cette flexion, dit- 
il, imprime ‘à la plume, mdépendamment de 
son mouvement de translation , un mouvement 
d’escillation qui est cause que le bec pose tantôt 
par un point, tantôt par un autre, et ne peut 
ainsi former un plein parfait. 

‘Les principes qu'il a établis à ce sujet, consistent 
donc à exclure ce mouvement oscillatoire de la 
plane ; ; il prescrit à l'écrivain, de faire décrire 
à celle-ci, constamment et irnulenément: ‘avec 
son extrémité supérieure , les mêmés ‘caractères 
qu'avec son extrémité inférieure; cette pratique, 
qui fait presque tout l’art, ne peut être, ajoute- 
til, bien observée par l’écrivain qui plie et re- 
dresse successivement les doigts; il faut que ces 
doigts restent toujours tendus sans roideur, qu'ils 
agissent conjointement avec l’avant-bras, par le 
moyen du doigt annulaire et du doigt auricu— 
lire qui en facilitent le transport sans en sup- 
Rs le poids, non plus que celui de la main. 

-Je ne suivrai pas l’auteur dans les dévelop- 
pemens qu'il a donnés sur sa méthode; je me 


, 


(66) 
contenterai, messieurs, de. vous rappeler. que 
votre rapporteur, tout en approuvant la plupart 
des principes posés par M. SexocQ, et en rendant . 
justice au talent supérieur de cet estimable maître, . 
vous a fait observer néanmoins que, à son avis, 
il y aurait quelque inconvénient à pratiquer trop 
rigoureusement le principe d’après lequel on 
doit tenir toujours les doigts tendus .et ne faire 
marcher la plume que par secousses, au moyen : 
du mouvement de Pavant-bras. | | 

«: La forme de quelques caractères d’une grosse - : 
» dimension sur-tout, exige, dit M. Munier, 
» certains mouvemens qui-nécessitent au moins 
» une légère flexion des doigts. » | 
M. Mur trouve aussi: qu’il n’est pas .non 
plus sans inconvénient, quant à l’écriture , d’ap- 
procher le haut du corps très-près du papier, 
d’autant plus qu'il est impossible à Pécrivain, de. 
garder quelque temps cette pose sans s'appuyer 
sur les avant-bras , sur-tout si ceux-ci, y compris 
les coudes, portent sur la table comme le prescrit 
l’auteur , et qu’il en résulterait alors des crampes . 
qui, en fatiguant l'écrivain , nuiraïent à l’exécu- 
tion de son travail. : 
Enfin, M. Mur vous a encore fait remar- 
quer qu'on ne peut raisonnablement inférer d’une 
méthode, quelque excellente qu’elle soit d’ail- 
, leurs, que l'élève qui la suit, parviendra, dans 


4 


(Gi) 
un-temps tréslimité, à atteindre un degré mar- 
qué de perfection , dans la pratique de l’art qu’en- 
seigne cette méthode; qu’un tel avantage n’est 
pas seulement le résultat de la manière de mon- 
trer, mais qu'il dépend encore de la portion plus 
ou moins grande d'intelligence et d'adresse dont 
l'élève a été doué. - nas 

Ces observations vous ont paru très-judicieuses ; 
cependant, messieurs, vous ne vous êtes pas en- 
core trouvés assez éclairés pour être-en état de- 
décider: si l’auteur n’attribuait pas mal à propos, 
à l'excellence de sa méthode, le talent supérieur . 
qu'il possède et que peut-être il doit: plutôt à 
un don Deer et -très-rare qu ‘il a reçu de 
la nature. : | 

C’est pourquoi vous avez cru devoir soi or. | 
ner à déclarer que M. Sexoco vous semblait 
avoir joint l'exemple au précepte, en vous pré-- 
sentant un tableau des divers genres d'écriture, 
où l'on trouve quelquefois : à blèmer ; mais sou— 
vent à admirer. 

Enfin, vous avez reçu des diverses sociétés 
académiqués avec lesquelles vous avez des rela- 
üons, des mémoires sur leurs travaux dont il 
vous a été rendu compte; ce sont celles de 
l'Ain — d'Arras — de lAriége — de l'Aube 
— des Bouches-du-Rhône — de Boulogne-sur-Mer - - 
— de Caen — de Cambrai — de Châlons (Haute- 


( 6a.) 

Saone) — de Château-Roux — de Dijon —.de 
Dinant — de l'Eure — de Lille — de. Limoges 
— de Lyon — de Macon — du Mans -- de 
Montauban — de Nancy — de Nantes — d’Or- 
léans — de Poitiers — de Rouen — de Stras- 
we — de Tarn et Garonne — de Toulouse 
— de Tours — de Vesoul — et la Société Lin- 
néenne de Paris. 

Felle est, Messieurs. l'analyse rapide des tra- 
vaux auxquels vous vous êtes livrés pendant le 
cours de l'année académique qui vient de s’écou- 
ler ; les succès que vous avez déjà obtenus doi- 
noi faire espérer que, par la suite, vous en 
obtiendrez encore d’autres non moins satis- 
faisans et dignes de vous acquérir de plus en 
plus l'estime de vos compatriotes et la protec- 
tion des magistrats, qui vous ont déjà donné tant 
de preuves de leur zèle à seconder des efforts 
dont le résultat peut tourner au plusgrand bien 
de leurs administrés, et sans le concours géné- 
reux desquels il vous eût été très-difficile, pour 
ne pas dire impossible , de subvenir aux frais que 
nécessite l'exposition des produits de l'industrie de 
notre département. . 

Déjà , Messieurs, vous leur avez adressé l'hom- 
mage de votre reconnaissance, et vous vous 
plaisez à leur payer ici, de nouveau, ce juste 
tribut, auquel tous les messins s’'empresseront 
sans doute de joindre le leur. 


(63) 

H est aussi de mon devoir en terminant œ 
compte-rendu, de vous rappeler que vous avez 
admis dans votre sein, 

1°. En qualité de membre honoraire, M. de 
Vivue, secrétaire général de la préfecture: de 
notre one. . 

2°. En qualité de membres titulaires, MM. 
VALETTE et CosTe ; 

Et que la liste’ de vos associés-correspondans 
s'est accrue des noms de madame Amable Tasru, 
associée libre de la Société Linnéenne de Paris; 
de M. de Lamsez , colonel du génie, et de M. 
VINCENT, rs de mathématiques au ee 
en de Reims. 


(64 ) 


RAPPORT_ 


: L NE _ + ur 
LE CONCOURS DES CHARRUES, 


Pan M. MUNIER, CaPITAIXE D'ARTULERE. 


cc MessŒurs, 


D la vué de pouvoir apprécier à leur juste 
valeur les divers perfectionnemens apportés aux 
charrues dans ces derniers temps, de pouvoir 
faire connaitre aux agriculteurs celle qui produit 
le meilleur labour en employant le moins de 
force de traction, et de réduire ainsi au mini- 
mum les frais de culture dans le département 
de la Moselle. la Société des lettres, sciences et 
arts, et d'agriculture de Metz annonça un concours 
où les charrues qu'on présenterait seraient sou- 
mises comparativement à des expériences directes 
dans un même terrain ; et, afin d’exciter davan- 
tage l'émulation des agricalteurs et de les en- 
gager à envoyer leurs charrues à ce concours, 
elle décida qu'il serait accordé , comme prix, une 


(65 ) 

médaille d'or dè la valeur de 300 francs, à la 
personne qui présenterait une charrue capable 
d'exécuter le . meilleur labour dans. une terre 
forte , argileuse , exempte de matières étrangères, 
enfin propre au moulage, et cela dans les di- 
vers élats de sécheresse et d'humidité où la cul- 
ture est généralement réconnue possible. 

Pour préciser davantage les conditions relatives 
à la consistance de la terre, on a exigé qu’elle 
‘püût supporter , sans déont un poids de huit 
*kilogrammes sur chaque pouce superficiel d’une 
tranche bien unie , formée à sept pee de pro- 
fondeur. 

… Enfin, il a été établi, comme Sondton essen— 
tidle , que la ds + parcourant . un chemin 
d'environ quarante-cinq mètres par minute, ce 
qui est la vitesse ordinaire du labour , devrait : 

1°. S’enfoncer à la profondeur de sept pouces; 

2°. Retourner une bande de terre dl de 
neuf pouces environ; 

‘3°. Exiger un effort de traction qui, mesuré 
an dynamomètre de Régnier, ne Re F 
‘tois cents: kilogrammes. 

Il est à regretter que ce programme , très- 
précis et trés-détaillé d’ailleurs , n'ait pu indiquer 
le jour et l'endroit où ce concours public aurait 

lieu ; il est vraisemblable qu'un grand nombre 
d'agriculteurs et de charrons y. auraient assisté, 
| | 9 


(66) 

et qu'il en serait résulté un très-bon effet pour le 
département de la Moselle, en ce que les uns 
se seraient convaincus, par eux-mêmes, des 
avantages réels de la charrue de M. MAT&ŒU DE 
Dowasce sur celles qu’ils emploient actuellement, 
et que les autres y auraient acquis d'excellentes 
idées sur la construction des charrues et sur la 
méilleure forme à donner au versoir. 

Si nous avons à regretter l’absence des charrons 
et des agriculteurs, nous devons d’un autre côté 
nous féliciter de la présence de sept élèves de 
M. Marmeu ne Domsasie qui, malgré l'incer- 
titude de l'époque à laquelle aurait lieu le con- 
cours, n’ont point hésité à venir tout exprès de 
Roville pour y assister. Animés du plus beau zèle 
pour l'agriculture et de cet amour des connais- 
sances utiles qui caractérise la jeunesse actuelle, 
ces jeunes observateurs qui doivent un jour, à 
l'exemple de leur savant maître, institüer des 
fermes modèles ou diriger des exploitations ru- 
rales de tous genres, ont secondé les membres 
de la commission , avec un zèle qu’on ne saurait 
trop louer : aussi ne puis-je résister au plaisir de 
citer ici leurs noms; ce sont : 

MM. Léon de Dombasle, fils du célèbre 
agronome ; David, de Paris; Guillot, Salmon 
et Boucher, de Metz; Gœriz, jeune allemand; 
et Paléologue, jeune grec, de la province de 
Valachie. | 


( 67 

Je dois aussi faire mention de la présence de 
M. le général Taowas,. associé - correspondant 
qui s’occupe d'agriculture avec succès, et qui 
a fait lui-même quelques heureux changemens 
à la charrue ; il est à regretter que celle qu'il de- 
vait présenter au concours se soit trouvée , le jour 
où se sont faites les expériences en os mau- 
vais état pour pouvoir être mise en œuvre; c’eût 
été le vrai moÿen de juger de. son ménte: | 

Il est à regretter aussi que nous n’ayons pu faire 
concourir la charrue inventée par le président 
des Etats-Unis d'Amérique, M. Jerrenson ; elle 
paraît construité d’après d’excellens principes et 
se trouve décrite d’une manière détaillée dans 
le compte-rendu des travaux de la Société : c'eût 
été un spectacle vraiment curieux de voir la 
charrue du nouveau monde rivaliser avec les 
charrues les plus perfectionnées de la vieille Eu- 
rope, et peut-être l'emporter sur elles. 

Quoique le nombre des charrues perfection- 
nées soit sans doute très-grand en France, deux 
seulement ont été envoyées au concours : l’une 
a-été présentée par M. Marmeu DE Dompaste; 
Pautre par M. Léoxarn, ancien maître ouvrier 
d'artillerie, actuellement charron à Courcelles- 
. La charrue de M. de Dompasce a été soumise 
‘a l'expérience comparativement avec la charrue 


(68) 
ordinaire du pays messin et avec une charrne 
du Brabant fournie par M. Emile Boucuorre, . 
membre titulaire de la Société, auquel nous de- 
vons l'heureuse idée du concours sur les char- 
‘rues et de plus les fonds du px relauf à à. ce: 
concours. | 

La.charrue de M. LéonarD n'étant ne 
à là Société que huit jours aprés ce premier 
concours, n’a pu en faire partie; mais elle 4 été 
sournise plus tard à l'expérience, dans le même 
terrain .et dans les mêmes circonstances, çe ji 
rend les expériences comparatives. 

La charrue de M. de Dombaste n’a ni avant- 
ain ni roue; elle porte, vers l'extrémité: de 
l'age, un régulateur consistant ‘en une tige da 
fer verticale recourbée à angle droit à son ex- 
trémité inférieure et formant une crémaillère 
horizontale. et perpendiculaire à la directioe. du 
tirage. Au moyen de ce régulateur quine repose 
jamais à terre ; on peut d’abord élever ou abaisser 
à volonté le crochet auquel la volée est attachée; 
rendre ainsi la direcüon du tirage plus ou moins 
oblique à l'horizon, et obtenir des sillons de 
profondeur convenable ; au moyen de la crémail- 
lére, on peut placer la chaine d’attelage plus. à 
droite ou plus à gauche , donner au coutre une 
direction plus ou moins oblique par rapport au 
sillon déjà tracé, et faire retourner à la charrué 


( 69.) 


une bande de terre plus ou moins large, selon 
les convenances. . | 

Le sep est moins long que de les charrues. 
ordinaires, ce qui constitue un des. perfection-, 
nerhens apportés par M. de Dompasis. 

Le coutre est. incliné comme dans nos char- 
rues, et placé. à cinq ou six pouces de distance, 
en avant du soc, afin qu'aucun corps étranger, 
ne puisse Je loger entreux, ce qui nuirait au 
labour. 

L' Li a une forme iii, ain, que la charrue 
ne s’engorée pas quand elle laboure du chaume. 

Le versoir a sur6at attiré l'attention des mem- 
bres dela commission ; il est beaucoup moins 
long. que dans les charrues ordinaires et formé 
d'une seule pièce de bois très - contournée; la 
partie antérieure de ce versoir fait corps .et. se 
raccerde avec le soc; l'angle qu'elle forme avec 
l'horizon est plus petit que dans les autres char 
rues ; ce qui facilite le. soulèvement de la bande 
de terre détachée par le coutre et par le. soc. 

L'autre portion de ce versoir, après avoir passé 
par la position verticale, est contournée en S, se 
rapprochant de l'age par sa partie inférieure qui 
laisse ainsi glisser la terre sous elle sans grand 
frottement, tandis que la partie supérieure , qui 
s'éloigne au contraire de l'age, retourne et, amé- 
nuise sans à-Coups la terre soulévée. En un mot, 


(90 ) 
lorsqu'on voit travailler la charrue, il semble 
que ce versoir présente la surface courbe que 
décrit naturellement, dans son miouvement de 
culbute, la terre détachée par le soc. 

C’est à cette forme du versoir , qui paraît dé- 
duite de l'expérience, que les membres de la 
commission 6nt sur-tout attribüé cette propriété 
de la charrue de M. de Dommasze, d'exiger un 
éflort de traction moins grand ét d’aménuiser 
mieux la terre que la charrue du Brabant 
fournie par M. Emile Boucuorre. : 

‘La charrué de M. de Dompaste a deux man- 
ches comme la charrue ordinaire, mais au lieu 
d'appuyer de toutes ses forces sur ces manches 
comme on le fait avec celle-ci, on les soulève 
au contraire légèrement, ce qui fatigue nn 
mois le läboureur. 

‘Enfin cette charrue n’exige que deux ue 
dans les terrains ordinaires; dans les terres fortes 
il en faut trois qu’on atièle airs de front et que 
le laboureur conduit aussi facilement que deux. 

© La charrue présentée par M. Léoxanp , char- 
ron à Courcelles-Chaussy, a un avant-train comme 
celle du pays, maïs cet avant-train est per- 
fectionné en ce qu'il porte sous la sellette une 
crémaillère horizontale qui sert à régler la lar- 
geur des bandes de terre à enlever et, dans 
le même but, deux chevilles en fer qui con- 


(7) 
‘uennent entre elles l'extrémité de l’age, et qu'on 
peut visser dans différens trous pratiques dans 
la sellette. 

La chaîne qui réunit non à la charrue 
s'accroche d'une part à la crémaillère, et de 
l'autre à un crochet placé sous l'age; au moyen 
de cette chaîne le tirage est rendu plus horizon— 
tal, par conséquent plus puissant, et la pression 
de l'age sur la sellette beaucoup moins grande 
que dans la charrue ordinaire, ce qui constitue un 
véritable perfectionnement ; enfin le versoir est 
préférable à celui des charrues ordinaires en ee 
qu'il est moins long , mais il est nécessaire d’en 
modifier la forme en le modelant sur celui de 
M. de Dommase, qui semble être parfait. 

Les roues de l’avant-train devront aussi être 
plus écartées l'une de l’autre qu’elles ne:le sont, 
afin de rendre la charrue moins sujette à verser. 

M. Léonarp a placé sur la partie antérieure 
de l'age une crémaillère enfer, dans la vue 
de pouvoir adapter à sa charrue les avant-trains 
ordinaires du pays; cette addition a été improu- 
vée en ce qu’elle détruit le perfectionnement in- 
troduit par la chaîne, et que la charrue serait 
réduite à une charrue ordinaire, toutes les fois 
que le laboureur ferait usage de cette crémaillère. 

La charrue du Brasanr. fournie par M. Emile 
BoucaorTe,. pour servir de terme de compa- 


(72 ) 

raison:, a beaucoup d’analogie avec celle de M. 
de Dormasre ; elle est comme celle-ci sans avant- 
train , sans roue, et se manœuvre de la. même 
ne. elle porte aussi vers l’extrémité de l’age 
un due qui permet de placer le crochet 
de la volée plus à droite ou plus à gauche, selon 
qu'on veut enlever une bande de terre plus ou 
moins large. et un sabot qu repose toujours sur 
le sol, et qu'on élève ou qu’on abaisse selon qu'il 
éogit.d'obtonir un labour plus on moins profond. 

. Ce sabot tient lieu d’avanttrain, en ce qu'il 
s'oppose à un trop grand enfoncement du s0€ ; 
mais lorsqu'il est obligé de franchir un obstacle 
quelconque. il a l'inconvénient de soulever la 
charrue qui ne s'enfonce plus suffisamment , et 
quimême ne laboure plus du tont quand l'obstacle 
à surmouter:a sept pouces de hauteur; cas assez 
ordinaires si lon en juge par ce qui s'est passé 
dans les expériences de la commission. 

_ Le coutre est incliné comme dans Ja charrüe 
de M. de Dowsaste mais il est trop rapproché 
du soc. . 

Le versoir est en Lu tôle, il se raccorde 
_ ‘avec le soc auquel il est fixé par deux crochets, 
de sorte qu'on peut l'enlever à volonté, ce qui 
permet d'employer un seul cheval dans les labours 
faciles, quand par exemple .on ne veut qu’é- 
croûter la terre ; il cst plus haut que celxi de 


M: de Domasie, et sa forme ést. moins heu- 
reuse ; c’est à ces différencés que nous avons 
attribué le plus grand effort de traction qu’exige 
la charrue du Brabant, pour faire le même tra- 
vail que celle de M. dé Dompasze. 

-"La charrue ordinaire du pays messin, tisse 
avec avant-train , la chaîne qui réunit pa avant- 
train au corps de charrue et sur laquelle s’opère 
la traction, est terminée par un anneau dans lequel 
est introduite lextrémité de l'age. Il résulte de 
cette disposition. une trés-grande pression de l'age 
sur La sellette et par suite un très-grand frottement 
des fusées d’essieu contre les moyeux , frottement 
qui augmente considérablement l'effort de trac- 
tion. Au reste, les différentes parties de cette 
charrue sont encore dans un degré d'imper- 
_ fection tel, que rien ne fait plus vivement sentir ; 
pour nos charrons, l'utilité du cours de. mé- 
canique appliquée, que: mon savant ami, le 
capitaine du génie Poncezer, se propose de 
faire l’année prochaine aux’ ouvriers de cette 
ville. 

: La commission chargée du concours sur les 
Hu etcomposée de MM. Gorcy, BoucHorTE 
(colonel), Boucxorre (Emile), Woirsaro et Mu- 

NIER, s’est transportée le 1°". mai dernier à la 
: ‘ferme de Grimont , qu’elle a choisie pour faire les 
expériences, comme la plus rapprochée de Metz, 

10 


(74) 


parmi celles qui présentent généralement le ter- 
rain désigné dans le programme. . 

Une reconnaissance des lieux nous a fait dé-. 
couvrir deux champs, dans l’un desquels la terre 
se trouvait à l'état de sécheresse .et dans l'autre 
à Pétat d’humidité’où le labour est encore pos- 
_sible, circonstance heureuse et sans laquelle La 
commission n’aurait pu affirmer que les conditions 
da programme fussent remplies par aucune des 
charrues soumises à l'expérience. | +. 

Sur notre invitation , le fermier de Grimont 
vint labourer avec la lb de ses charrues.. 
attelée de six chevaux, concurremment avec la 

charrue dé M. de Domsaste et celle du Brabant. . 
_‘: Le champ dans lequel s’est faité la première 
expérience est situé sur le revers de la côte, de. 
telle sorte qu’une moitié des sillons était tracée sur 
un terrain presqu'horizontal et l’autre moitié sur 
une pente assez rapide ; ce qui permit d'observer 
le travail des charrues en descendant, en mon- 
tant, et en terrain presque de niveau. . 

La commission s'est d’abord assurée, à l’aide 
d'un cube en bois de 1 pouce de côté et du 
dyÿnamomètre de Régnier, que chaque pouce 
superficiel d’une tranche bien unie au louchet : 
et formée à 7 pouces de profondeur, supportait 
sans dépression un poids de 8 kilogrammes, 
même un poids double ;: que la terre présentait 


(75) 

d’ailleurs toutes les conditions exigéès au pro- 
gramme et se trouvait dans cet état de sécheresse 
où le. labour est encore généralement réconnu 
possible. | | .. | 

Deux chevaux de moyenne forcé, apparte- 
nant à M: Emile Boucorre et servant au labou- 
rage dans sa ferme de Moncel, ont d’abord été 
attelés à la charrue de M. Marmeu de Dompasie, 
qe M. Dompasie fils a constamment dirigée 
dans ce concours, en même temps qu’il faisait 
marcher les chevaux à la voix seulement. 
_ On a fait faire à la charrue un premier tour 
du champ , tant pour enrayer et mettre les che- 
vaux en train, que pour établir le régulateur d'une 
manière convenable à l'expérience et pour don- 
ner aux membres de la commission une idée 
générale du travail de cette charrue. 
- Nous avons remarqué que dés ce premier 
tour, l'allure des chevaux était régulière, que 
la charrue traçait fort bien son sillon et qu’elle 
exécutait le meilléur labour possible. . 
:‘ La commission a fait faire de suite un second 
tour, pendant lequel la marche des chevaux a 
été très-régulière ; ils ont employé 6 — 30” pour 
parcourir , soit en montant soit en descendant, 
h longueur du champ, qui est de 328 mètres; 
de sorte qu’ils ont labouré avec une vitesse de 
$a mètres 46 centimètres par minute. 


(76) | 

Le soc s’est maintenu constamment à la pro- 
fondeur de sept pouces, et la bande de terre 
enlevée avait dix pouces environ de largeur 
moyenne , c’est-à-dire à peu près un pouce:de : 
plus que n’exigeait le programme. 

Les sillons ont été parfaitement tracés, la terre 
a été bien retournée et bien divisée , la raie bien 
déblayée-et son fond bien uni dans la largeur d’un 
pied, distance à laquelle les terres sont écartées 
 par'le versoir; enfin, le labour a paru Rien 
sous tous les rapports. .. RS 

Ce second tour achevé, on plaça entre les 
chevaux et la echarrue un dynamormnètre de. 
Régnier , appartenant à M. Emile Boucuorte; 
il fut attaché d’une part au crochet de la volée, 
et de l’autre à la crémaillère du régulateur qu’on 
baissa de manière à compenser l’alongement des 
traits” produit par. linterposition du -dynamo- 
mètre; puis l’on a fait faire un troisième tour 
à la charrue.. Si | 

. Toutes les circonstances du labour se sont re- 
présentées, absolument les mêmes, que dans le 
second tour ; de plus, l'effort de traction indiqué 
par le dynamomètre a été à fort peu près cons- 
tant et de 272 kilogrammes, soit en montant 
soit en descendant , effet digne de remarque et 
qui prouve, ainsi que l'ont observé les membres 
de la commission ,.que le versoir de cette charrue 


! 


(77) 


ne pousse nullement la terre devant lui, qu'il la 
culbute seulement à un pied sur la droite, et 
que par conséquent sa forme approche beaucoup 
de l perfection. st elle n’est parfaite. 

_ Il résulte de ces expériences, que la charrue de 
M. de Dommasre, en labourant dans une terre 
‘forte et sèche, a plus que rempli les conditions 
du programme, puisqu'elle n’a constamment 
exigé que les onze douzièmes de l'effort de traction 
toléré, bien qu’elle labourât avec une vitesse 
plus grande d'un neuvième que la vitesse de- 
mandée , et que la largeur de la bande de terre 
re füt aussi plus grande d'un neuvième 
que celle qui était exigée. 

La commission a soumis ensuite à l'expérience, 
dans le même terrain , la charrue du Brabant 
que M. Emile BoucnoTTe a fournie pour servir 
de terme de comparaison, attendu qu’elle la- 
boure sans avant-train comme celle de M. de 
Dommasce , qu’elle est une des plus perfectionnées 
que l'on connaisse, et qu'il s’en sert lui-même 
avec un grand avantage sur la charrue ordinaire, - 
dans l'exploitation de sa ferme de Moncel. 

Comme on n’avait pas été obligé de faire ar- 
rêter la charrue dans l'expérience précédente, 
pour lire sur le dynamomètre les degrés qu'il 
indiquait, la commission a fait immédiatement 
interposer” cet instrument entre la volée et le 


(38) 
régulâteur , afin qu’on pût observer à la fois la 
vitesse du labour, l'effort de traction et les dimen- 
sions de la bande de terre retournée... 

Les deux mêmes chevaux qui avaient servi à 
la première expérience ont été attelés à cette 
charrue, qui a constamment été. conduite par 
le fermier de M. Boucuorre, et a laquelle on 
a fait faire deux tours consécutif. L 

Les résultats obtenus sont crnuignés dans Je 
tableau ci-dessous. : 


rer, Sillon descendant. 
aer, Sillou montant... 
a, Sillon descendant. 
2°, Sillon montant... 


"Dans .cette expérience , la vitesse du labour a 
été presque constante et de 53 mètres environ 
par minute ; les‘ sillons étaient bien tracés et bien 
déblayés, mais il.est à remarquer: 

1°. Qu'’à travail égal, la charrue du Brabant 
exige un effort de traction plus grand de 1/4 que 
celui qu'exige la charrue de M. de Domsasie ; 

2°. Que le soc s'enfonce davantage , et d’une 


( 79 ) 


quantité sensible à la simple vue, du côté exté— 
rieur au labour; de sorte qué Le sillons n’ont 
pas la nème profondeur dans toute leur largeur ;, 
3°. Que k charrue a fait plusieurs manques 
de labour, et cela, au moment où le sabot fran- 
chissait des.mottes de terre qu'il n'avait pu dé— 
tourner. 
La charrne ordinaire fournie par le fermier de 
Grimont , attelée dé six chevaux , labourant avec 
la même vitesse dans le même terrain, retour- 
nant une bande de terre de 9 à 10 pouces de 
largeur, et s’enfonçant seulement de 5 pouces, 
a:exigé un effort moyen de traction de 442 kilo- 
grammes. D'où il résulte qu’à travail égal, elle 
exige deux fois plus de chevaux que la charrue 
de M. de Domsasie , et deux hommes au lieu d’un. 
Ce grand effort de traction est dù sur-tout à 
lavant-irain qui paralyse une grande partie du 
tirage ; et aussi à la trop grande longueur du ver- 
soir et à sa forme vicieuse qu’on ne saurait trop 
tôt modifier en la modelant sur celle du versoir 
de la charrue de M. de Domsasze. Rien n'est plus 
facile qué d'apporter d’abord ce perféctionne- 
ment à nos charrues, puisqu'on trouve dans Le 
commerce cés versoirs côulés en fonte. : 
Cette première série d'expériences: terminée ; 
la commission a cru convenable de faire manger 
et reposer. bes. cheyaux qui étaient attelés depuis 
le matin. 


( 8) 

” Après un repos de deux heures, elle a répété 
les mêmes “xpericnces: dans un second champ 
où la terre se trouvait à cet état d'humidité qui 
permet encore de labourer; ce champ, en ja- 
chère comme le premier et situé d’une maniere 
analogue sur le penchant de la côte, présentait 
de plus, dans la portion en pente et sur. une 
étendue de cinquante pieds environ, une tache 
de terre des plus difficiles à labourer. 

La longueur totale des sillons était de 208 

mètres. : 
, On a d’abord soumis à l'expérience la charrue 
du Brabant, en y appliquant immédiatement le 
 dynamomètre et en lui faisant faire deux tours 
consécutifs. 

Les résultats obtenus sont donnés dans le ta- 
bleau suivant : 


er. Sillon descendant. 6° à 8° 


1er, Sillon montant... 6° à 8° 
at. Sillon descendant. || 3'- 6° à 8° 


ac. Sillon montant... 6°à8° 


‘: En montant, la charrue a très-mal labouré 


(8) 
dans iounte la longueur de la tache de terre; 
de plus, elle a fait beaucoup de manques de la- 
bour , par suite de Ja näture de son sabot qui 
a été obligé de franchir des moites très-adhé- 
rentes au sol et qu'il n’a pu détourner. 

* La commission a remarqué, comme dans ka 
première expérience , que les sillons n'avaient pas 
la même profondeur sur toute leur largeur. : : 

Il résulté de cette dernière expérience que 
l'effort de traction a été de beaucoup supérieur 
à 300 kilogrammes, bien que la largeur de la 
bande retournée et la profondeur des sillons aient 
été constamment inférieures aux données du 
programme ; par conséquent, cette charrue, quoi- 
que très-perfectionnnée, ne remplit pas à beau- 
coup prés les conditions exigées. 

On a soumis de suite à l'expérience la charrue 
de M. de Dommasie, en y appliquant immé- 
diatement le dynamomètre et en lui faisant 
faire deux tours consécutifs comme à celle du 
Brabant. 

_ Les résultats obtenus sont consignés dans le 
tableau suivant : 


11 


-_ 19, Sillon descendant. 
.17, Sillon montant... 

2°, Sillon descendant. 
2, Sillon montant... 


La charrue a fait plusieurs manques de labour 
dans la tache de terre en traçant les deux sil- 
lons montans; mais elle en a fait plus dans le 
premier que dans le second, ce qui a fait attri- 
buer en partie ces manques aux manques déjà 
faites par la charrue du Brabant. 

Dans cette dernière expérience, comme dans 
la première, la charrue a très-bien labouré, 
excepté dans la tache de terre ; de plus, la com- 
mission à remarqué que les Alocs montans n’a 
vaient pas, par instans, la même profondeur sur 
toute leur largeur. 

IL résulte de cette expérience. que la charrue 
de M. de Domasie, en remplissant d’ailleurs les 
conditions du programme , a exigé un effort de 
traction encore inférieur à celui qui était fixé, 
bien qu’elle labourât dans une terre très-com- 
pacte et qui offrait les plus grandes difficultés. 


{ 83 ) 

On a soumis immmédiatement après à l’expé- 
rience, la charrue ordinaire dirigée par ke fermier 
de Grimont et attelée de 6 chevaux conduits 
au fouet par un garçon de ferme. 

Les résultats obtenus sont consignés. dans le 
tableau suivant : 


| É TEMPS |LARGEUR 
. À cmployé 


à trace 


chaque 
sillon. 


4er. Sillon descendant, || 
ae, Sillon montant... 
2, Sillon descendant. 
a°, Sillon montant... 


La charrue a labouré la tache de terre sans 
faire de manques , mais le soc ne s'enfonçait alors 
que de 4 pouces, et cependant l'effort de trac- 
tion s'élevait à 775 kilogrammes. 

Il résulte de cette expérience que dans une 
terre forte, humide et très-dificile à labourer, 
la charrue er du pays messin exige un 
effort de traction presque double de celui qu exige 
la charrue de M. de Domase. 


= 


(84 ) 

Le 10 mai la commission a soumis à l'expé- 
rience la charrue à avant-train, perfecüonnée 
et présentée par M. Léonann. 

Elle l’a fait d’abord labourer dans le même 
champ où avaient été éprouvées les trois pre- 
miéres charrues. Le terrain était à fort peu près 
dans le même état d'humidité que le premier 
mai. CS 

Quatre chevaux de la ferme de Grimont ont 
été attelés à cette charrue , que le fermier a cons- 
tamment dirigée, tandis qu'un de ses garçons 
conduisait les chevaux au fouet. On y a adapté 
immédiatement le dynamomètre de l’école d’ar- 
tillerie, attendu que celui de M. Boucaorre, 
dont on s'était servi dans les premières expé- 
riences, ne se trouvait pas à Metz. 

Les résultats obtenus sont consignés au tableau 
suivant : 


1%, Sillon descendant. 8à9° |5à5° 1a 368 kil. 
1er. Sillon montant.… 8x9° [45° !|4i7, 
2°. Sillon descendant, | 9à10° |[5à5° 1/2] 427 

at, Sillon montant, .…… | à 10° [5° 1/2 


(85) 

Cette charrue a tracé les sillons sans faire de 
manques de labour. De plus, elle a été conduite 
trés-facilement , même dans la tache de terre si 
difficile à bourer: L, l'effort moyen de traction 
s'est élevé à 550 Fes , bien que le soc ne 
s’'enfoncât que de 4 pouces seulement. 

Lés raies obtenues étaient moins nettes et la 
terre n'était pas mieux retournée qu'avec la char- 
rue de M. de Dommasze. | | 

Il résulte de cette expériencé , que la charrue 
présentée par M. Léonarp exige un effort de 
traction moindre de 1/4"* environ que celui 
qu’exige la charrue ordinaire ; c’est-à-dire, qu'elle 
fait à peu prés avec six Re le rnème travail 
que la nôtre avec sept. 

Le champ où les autres charrues avaient été 
soumises à l'expérience en premier lieu étant 
entièrement labouré , la commission a été obligée | 
de faire travailler la charrue de M. LéonanD 
dans un autre champ où la terre était moins 
argileuse, moins tenace et se déprimait sous un 
poids inférieur à 8 kilogrammes, de sorte que cette 
expérience n'est pas entiérement comparative. 

Dans ce champ, les sillons étaient tracés sur 
un terrain presque de niveau, et avaient 279 
_mêtres de longueur. 

Les résultats obtenus sont consignés dans le 
tableau suivant : | 


1°. Sillon montant... 
.… 1%.Sillon descendant. | 
ae, Sillon montant... 
2°. Sillon descendant. | g! gà1o |6°à6°1/2 343 


_ La terre était bien retournée et bien divisée: 
les sillons étaient bien tracés; la charrue a fait 
deux fortes : manques de labour, mais seulement 
par le défaut de soins du laboureur. .. | 
Il résulte de ces expériences, que la chics 
de M. Léoxarp ‘exige un effort de traction beau— 
coup plus considérable que celui qui: est fixé par 
le programme, et que par conséquent elle ne 
remplit point les conditions du concours. 
Quoique ce résultat ne soit pas trésavantageux 
la Société engage néanmoins M. Léonano à pour 
suivre ses perfectionnemens; elle pense qu’en 
mettant à profit les avis qui lui ont été donnés, 
il parviendra à faire une charrue qui sera re- 
cherchée par les laboureurs du pays, en ce qu’elle 
se manœuvrera de la même manière quecelle qu’ils 
emploient, ce à quoi ils paraissent tenir beau- 


(8) 
coup , et qu’elle n’exigera co ad in de 
la part des garçons de ferme (*}. . 

On ne peut pas en dire autant de la . 
de M. de Domsaste; il faut une certaine intel- 
lhgence pour la disposer convenablement au la- 
bour qu’on veut obtenir, et de l'attention et du 
tact pour la conduire: ce sont les plus fortes 
objections qu’on puisse faire'à l'adoption de cette 
charrue dont l'emploi réduirait de moitié le nom- 
bre des chevaux et des domestiques de nos la- 
boureurs, et par conséquent aussi de moitié les 
dépenses qu'ils sont obligés de faire pour l'ex- 
PRO de leurs fermes. 

IL appartient à nos agronomes éclairés d'i im- 
porter cette grande amélioration dans le départe- 
ment de la Moselle, et de faire adopter cette 
charrue par nos laboureurs : ils doivent leur prou- 
ver, par l'emploi qu'ils en feront eux-mêmes, 
qu'il est de leur intérêt de la substituer à la 
charrue actuelle pour exécuter la plus grande 
partie des labours, et qu’il n’est pas impossible 
d'exiger de nos garçons de ferme le degré d’in- 
telligence de ceux du midi de la France, du 
Brabant .et de beaucoup d’autres pays où l'on 


‘© Une charrue ainsi modifiée a été commandée par. le fe 
miér de Grimont, h M. LÉONARD , immédiatement les 
expériences sur la charrue de ce dernier, 


( 88 ) 
fait un usage presqu’exclusif de ere qi ka 
bourent sans avant-train. 

Déjà M. Emile BoucoTTE a dans 
sa ferme de Moncel, ce mode de culture éco- 
nomique, mode d’ailleurs si peu fatiguant, que 
les garçons de ferme qui en ont contracté l’ha- 
bitude , répugnent à kbourer, avec la eus 
à dant. : MERE 

M. BoucuoTTe a été seit fppé des avan- 
tages' de la charrue de M. de Dowsasie, sur celles 
dont il a fait usage jusqu’à ce jour, que déjà il 
en a commandé six pour les employer presqu’ex- 
clusivement à l'exploitation de sa ferme. Espérons 
que cet exemple sera suivi par un grand nombre 
. d'agriculteurs, et que bientôt ce mode avantageux 

de culture sera très-répandu dans le PRpAemen: 
de la Moselle. | 


. CONCLUSIONS. 


En conséquence des résultats obtenus dans lé 
concours sur les charrues, et sur la proposition 
de la commission chargée de ce concours, là 
société des lettres, sciences et arts, et FRE 
culture de Metz , dont je me félicite d'être l'organe 
dans cette fête de l’industrie, a décerné à M. 
MarTuu DE Domsase , la médaille d’or de 300 fr. 

Elle a mentionné Donne blenent M. Léonann, 
charron à Courcelles- -Chaussy, pour les efforts 


( 89 ) 


qu'il fait dans la vue d'améliorer .la charrue, 
instrument premier de la PRE agricole. 


Observations relatives au ossi 
Le dynamomètre PA Régoier ; ; dont la com- 
misiori s'est servie dans les expériences du - 16 
mai, n'étant pas le même me celui dont elle 
s'est servie le premier mai, j'ai dù, comme 
rapporteur , vérifier si ces deux instrumens don- 

maient des résultats identiques. - 

À cet effet, je les ai suspendus à une poutre, 
puis chargés des poids correspondant aux efforts 
de traction observés da les PS ee 
citées. | | | 

Dans cette ace. : 

Les poids de 10, 20, 40 et 8o kilogrammes 
n'ont pas fait bouger l'aiguille, qui est restée cons- 
tamment au zéro du limbe. | MS 

Les deux dynamomètres ont été au contraire 
très-sensibles aux poids correspondant aux efforts 
de traction observés dans les expériences sur les 
charrues ; et, à partir de 200 kilogrammes, leur 
marche a été à fort peu prés régulière, c’est-à- 
dire que l'addition d’un nombre quelconque de 
kilogrammes a fait avancer laiguille d’un même 
nombre de degrés, à fort peu pres. 

12 


(æ) 
Enfin, les poids indiqués par l’un des dyña- 


momètres étaient fort différens des poids indiqués 
par l’autre, pour les mêmes charges ; de plus, 
dans chaque instrument, les poids indiqués diffé- 
raient de beaucoup des poids suspendus. 

Il résulte de ces faits : 

1°. Que le dynamomètre de Régnier ne peut 
pas servir à indiquer les faibles tractions, du 
moins quand il a été soumis à des efforts de trac- 
tion considérables ; 

2°. Qu'il n'indique pas les efforts de traction 
réels , si l’on en juge par les deux dynamomètres 
ue k commission a fait usage ; 

°. Que quand on se servira du dynamo- 

mètre pour mesurer des efforts de traction, il 
faudra noter les degrés indiqués par l'aiguille dans 
les expériences, puis susprendre à l'instrument, 
des poids qui amènent de nouveau l'aiguille aux 
points de division observés; les poids suspendus 
seront les efforts réels de traction cherchés. 

. C’est ce que nous avons répété avec une grande 
précision, M. Woïsan» et moi, relatvement aux 
efforts de traction observés à l’aide des deux dy- 
namomètres , dans les expériences sur les char- 
rues. . 

Les résultats que nous avons obtenus sont con- 
signés dans le tableau suivant : | 


Co) 


PQ + 0 


| EFFORTS DE TRACTION POIDS 
lindiqués, dans les expériences sur les suspendus 
Charrues , par l’aiguillé du dynamo- || aux dynamomètres 
mètre de Régnier, appartenant pour produire 
D les mêmes effets ; 
A M. A L’ÉcoLe ou 


‘Eaice BOUCHOTTE. | - D'ARTILLERIE. EPFRORTS AÉELS DE TRACTION. 


200 kil. 


» 27 kil, 
225 " 298 
237 » | 310 
( | 250 » ._ 323 
À 255 _» | 328 | 
È 275 ” 353 
i » CL | | 294 
| »” 300 318 
| 312 ” 388 
325 n | éo4 
l ” 325 343 
| 337 ” 412 
| » 360 368 
.. 400 on « 467 
| ” . | 400 ÎF 417 
N 410 , 427 
. 425 à LE | 492 
450 ” 517 
» | 45 __ 47a 
2) | 85 


sm D | 778 


Cest d'apres ce tableau qu'ont été établis les 
résultats d'expérience one dans le M LS 
précédent. | 


( 92 ) 
 RAPPORT 
| SUR : | 
LE CONCOURS RELATIF 
A CETTE QUESTION : 


QUEL est le système d’études subis le 
plus propre à rendre la France riche et 
puissante P 


| L Rarporreur, M. THIEL. 


ENONCE 


Messœurs, 


Lise de la question que vous avez mise 
au concours, l'intérêt général qui s’y rattache, 
devait vous faire espérer qu’un grand nombré de 
concurreris se présenteraient, et que vous seriez 
embarrassés de choisir entre les excellens mé- 
moires qui vous auraientété adressés; mais cette 
attente ; en apparence si bien dés: aeepen— 
dant été trompée ; et deux mémoires bn 
vous sont parvenus, encore ne traitentils pas 
_ le sujet indiqué et ne remplissent-ils aucunement 
votre espérance. | .. 


( 93 ) 


Sans chercher. à s'expliquer les causes d’une 
telle pénurie , votre commission s'est convaincue, 
-par l'examen de ces deux mémoires, que ni l'un 
ni l’autre ne présente la question résolue. 

:. Vous l'avez cependant bien précisée cette ques- 
tion. lorsque dansle programme desprix vousavez 
dit: (voyezle programme V T°. année, pag. 06.) 

- Get exposé. clair et précis ne laissait aucun 
doute ni sur le sujet, ni même, le dirai-je, sur 
la manière dont vous désiriez qu'il füt traité. 
Laissant de côté, conformément à vos statuts, 
tout ce qui dans l'éducation, et même dans l'ins- 
truction peut concerner ou la religion ou la po- 
litique , vous demandiez qu’on vous présentât un 
plan d’études publiques, dans lequel les sciences 
occupassent plus de place que dans le plan qui 
a. été suivi depuis la renaissance: des lettres jus- 
qu'à.ce jour, .et qu'on fit sentir les -avantages ou 
les inconvéniens d'une telle innovation. L’exem- 
ple de l'Angleterre et le degré de prospérité où 
cette-nation est parvenue en: suivant une route à 
peu près semblable à celle dont vous indiquiez la 
direction , et plus encore le désir de voir notre 
belle patrie suivre sa rivale et la devancer. s’il est 
possible, dans la carrière des arts et de l'indus- 
trie, tels étaient les puissans motifs par lesquels vous 
avez.élé portés à demander ce nouveau plan ou 
système d’études, qui d’après son but, semble 


__(#) 


surtout destiné aux classes moyennes de la société. 

Un sentiment semblable avait déjà inspiré à 
d’autres la même pensée. En +823 un concours 
avait été ouvert, et un prix de 1500 fr. proposé 
pour la question suivante, qui a plus d'un 7" 
avec là vôtre. 

& N'y atil pas dans notre système di instruc- 
» tion publique, entre les écoles primaires et 
» les colléges consacrés aux études classiques , 
» une lacune qu'il serait utile de remplir par 
‘» des établissemens d’une nature spéciale? Quels 
» seraient les avantages de ces établissemens F 
> Quelle organisation et quel plan d'études : qe 
‘» vraient être adoptés? » 

‘ Cette question fut traitée alors, et une .. 
mission composée de MM. le duc de Broglie, 
Guizot , Jomard et Ch. Remuzat , décerna le prix 
au nom de la Société de la Morale chrétienne, 
au mémoire de M. À. Ch. Renouard, intitulé 
Considérations sur les lacunes de l Education 
secondaire en France. Une première mention 
honorable fut accordée à M. Depping, et une 
seconde à M. Querret, instituteur à S*.-Malo, 
dont le mémoire avait pour titre _. l'Education 
industrielle. 

Ces mémoires auraient pu être d’un grand 
secours à ceux qui voulaient traiter la question 
que vous avez proposée, principalement celui 


(#) 
de M. À. Ch. Renouard, qui a été primé , et 


dans lequel le sujet se trouve traité à fond, 
d'une manière qui annonce dans l’auteur un 
esprit observateur ét sage, des vues grandes et 
élevées, et. sur-tout une connaissance exacte des 
besoins de la génération présente. 
Il ne parait pas que les auteurs des mémoires 
qui vous ont été adressés aient eu connaissance de 
ces ouvrages ; aussi n'ont-ils pas même abordé le 
sujet qu'ils auraient dù creuser et approfondir. 
Le premier mémoire qui vous est parvenu. est 
sans devise et mtitulé Besoin du dix-neuvième 
siècle : ce n’est, suivant l'expression même. de 
l'auteur, qu’un plan d'éducation publique sous 
l'influence d’une régie ou direction paternelle 
indépendante. Comme un tel plan est, d’après ce 
simple énoncé, contraire aux lois établies , et qu'il 
empiète évidemment sur les droits du gouverne 
ment et de l'administration , votre commission n’a 
pas eu même à examiner quel degré d'estime pou- 
vait mériter cet ouvrage. Lestyle lui asemblé celui 
d'un homme peu habitué à classer et à exprimer 
ses idées. | - 
Le second porte pour devise le passage suivant, 
traduit de la République de Platon: 
&.Tenant au ciel par leurs vertus, à la terre 
» par leurs emplois, ils éclaireront leurs con- 
» citoyens, et les rendront heureux. La patrie 


(96 ) 
» reconnæssante leur: élevera des autels:, et les 
» invoquera. comme des génies tutélaires. » ‘: 
:: 1l annonce par son style une plume mieux 
exercée, mais: à laquelle échappent des ex- 
pressions: d'un:goût peu sévère et quelques phra- 
ses ambitieuses. L'auteur, élevé, à ce qu'il fait 
connaître lui-même, dans le célèbre collése.des 
Oratoriens de Juilty, près de Paris, professe envers 
k savante congrégation à laquelle il doit Pins: 
truction, des sentimens:qui prouvent la bonté de 
son cœur. À côté des regrets qu'il donne à 
ceux qui.ont formé son enfance aux lettres ainsi 
qu'aux vertus, il exprime le désir de voir Pins- 
truction publique confiée de nouveau, sinon à 
teur ordre ou à une autre société plus fameuse 
encore , du moins à une congrégation religieuse 
qui serait formée sous l'inspection du gouverne-- 
ment, par des membres libres, qu'aucun vœu 
ét n’astreindrait ‘au célibat. 

“ Fidèle encore ici à lesprit de vos réglemens, 
par lesquels vous. vous êtes interdit toute. dis- 
cussion. ou politique ou religieuse, votre com- 
mission n’a pas cru devoir suivre l’auteur dans 
des considérations et des vœux aussi étrangers 
au but de votre Société, qu’à la question -que 
vous avez mise au concours. Pleins de confiance 
dans la sagesse d'un prince éclairé, religieux, 
qui veut le bonheur de son peuple et connaît ce 


(97 ) 
qui peut y contribuer, vous n'avez rién préjugé 
pour lavenir et vous n’avez demandé ni en 
quelles mains doit être confiée la jeunesse , nt à 
quelle corporation doivent appartenir ceux qui 
seront chargés de l’instruire: vous avez seule- 
ment demandé un plan d’études, une série de 
.Connaissances et une méthode propre à les ensei- 
gner, de manière à atteindre le but indiqué | 
but vers lequel doit se diriger quiconque Le 
son roi et chérit sa patrie. 

Votre commission a ensuite cherché dans le 
reste de ce mémoire, quelque chose qui plt 
se rapporter au sujet; elle y a trouvé: répétées 
des choses déjà dites par Locke, par Rollin, et 
même par J.-J. Rousseau, sur les devoirs d'un 
instituteur, sur la méthode qu'il doit suivre , sur 
les moyens à employer pour exciter l'émulation, 
développer les facultés et sur-tout former le 
cœur de son élève: elle y a trouvé l'éloge du 
collége de Juilly et de la petite académie qu'y 
avaient fondée les élèves eux-mêmes, académie 
dont l’auteur du mémoire se rappelle , avec at- 
tendrissement, avoir été membre, et à l'imita- . 
üon de laquelle, il désirerait qu’on établit des 
sociétés académiques dans toutes les maisons d’é- 
ducation: elle y a rencontré des considérations. 
critiques et morales, sur les auteurs classiques 
grecs et latins, considérations qui tendraient à 

13 


C8) 

faire proscrire des colléges Homère ; Sophocle, 
Euripide , Eschyle , comme mettant sous les yeux 
des traits de mauvaise foi et de barbarie, 
Herodote, comme chargé de fables ridicules, 
Tite- Live et Fatite, comme trop er ; 
Pline. comme trop savant. + 

‘Mais c'est en vain qu'elle ÿ a cherché un plan 
OU uri Système d'études publiques ; ;-et bien plus 
inutilérnent encore les. réponses aux questions 
particulières que vous aviez présentées comme 
devant être le développement et le complément 
nécessaire de la question principale. Aucune n’est 
même abordée, et ce dont vous aviez fait le 
point essentiel de la dissertation, la proportion 
.dans laquelle les sciences devraient entrer dans 
le plan d’études approprié à la jeunesse ;: ce’ point 
essentiel sur lequel le programme insistait si forte- 
ment, et que vous auriez voulu voir discuté 
avec le plus grand soin , l’auteur ne l’a:pas mème 
pris en considération ; une dans un pas- 
sage, après avoir ont Corbie l’homme est 
grand par la puissance du savoir, il ajoute : 

_« Rien n'élève autant que l'instruction, rien 
» n’avilit comme l'ignorance; mais, si les sciences 
» sont bonnes en élles-mêmes, l'abus en est aussi 
_» funeste que fréquent: on ne voit que tropsou- 
» vent le mensonge à: côté de la vérité, et les 
» sophismes, l’impiété sortir en abondance de 


(99 ) 
cette fontaine sacrée , dont les flots deviennent 


Ÿ 
+ un :poison mortel. Que faire donc? Ne. point 
» surcharger l'enfance de travaux qui,, sans avoir 
_» aucun bon résultat, seraient parfois dangereux, 
»-et la meittraient presque toujours hors d'état 
» de rlen savoir correctement; s'en tenir. aux 
» sviences saines et aux arts utiles, et faire 
» dés hommes parfaitement instruits : ceux-là 
» ne Auisent jamais. » 

Si l'auteur eût ensuite fait lénumération- de 
ces” sciences saines, de ces arts utiles; et s'il 
eùt présenté un ‘plan ou une méthode propre à 
les enseigner parfaitement à notre jeunesse, il 
aurait traité précisément le sujet proposé ; ; mais 
on ne trouve plus dans son ouvrage que Îa 
plirase suivante qui y ait quelque rapport : 

« Les sciences exactes, en outre de leur utilité 
» particulière, ont le grenû avantage d'apprendre 
» à raisonner juste. Un Cours de Géométrie, 
» disait le bon Rollin, est le meilleur Cours de 
» logique qu’onpuisse faire. Elles doivent donc 
» entrer dans notre plan, mais d’une manière 
» secondaire; car il faut prendre garde en tout 
» de lasser la jeunesse. » 

Ces deux passages, les seuls où l’auteur se soit 
un peu approché du sujet, sufliront pour vous 
donner une idée de son style et de sa logique; 
et l'analyse qui vient de vous être présentée, suflira 


( 100 ) 

sans doute aussi pour vous prouver que ‘ce se- 
cond mémoire ne peut, pas plus que le premier, 
être. regardé comme présentant la solution de la 
question. | 

: Votre commission les a donc ; jugés tout à Le 
en dehors du sujet. | 

Tel est l'avis qu’elle soumet à vos on 


” Dans sa séance du 7 mai 1826, la Société, après 
avoir entendu la lecture du présent rapport, en 
a adopté les conclusions; en conséquence, les 
deux manuscrits ont été déposés aux archives, 
et les billets cachetés qui renferment les noms 
des auteurs n’ont point été ouverts. 

_ La même question est remise au concours 
pour 1827. 

nn A oyez le programme a la ” du volume ) 


(101 ) 


RAPPORT 
De la commission chargée par la Société des 
lettres , sciences et arts et, d'agriculture de 


Metz, d'examiner les produits de Pindus- 
trie départementale (*). | 


Par M. J. ANSPACH. 


MEssŒurs , 


fe ans se sont écoulés depuis que, pour 
la première fois, vous avez conçu la pensée de 
réunir dans une exposition publique les produits 
industriels et des beaux arts de ce département: 
l'exécution d’un tel projet secondé et encouragé 
par vos magistrats, vous a révélé l'existence d’un 
grand nombre d'industries circonscrites jusqu'à 
présent dans un cercle étroit, et l'éclat de Pex- 
position, la publication de votre rapport ont fan 


(*) Gette commission était composée de MM. Bergery, pré- 
sident, Renault, secrétaire-archiviste, Aimé, Anspach, Bardin, 
Em. Bouchoue , Dupuis , Glavet, Poncelet, Taillefert , membres 
de la Société. Chacun des membres de la commission a fourni 
son résumé sur une partie des objets exposés ; tous ces résumés 
ont été ensuite classés pour en former le rapport général. 


( 102 ) 
connaître à toute la France, avec le nom de-ses 
modestes fabricans , les productions inconnues de 
ce département. Depuis cette époque , l’industrie 
française a marché à pas de géant; elle s’est ou- 
vert de nouvelles carrières; elle L perfectiomné 
dd a ; messieurs , vous qui prenez spécia- 
lement pour le but honorable de vos efforts tout 
ce qui peut tendre à encourager les travaux 
utiles, de constater quels ont été les progrès 
de notre département, dans cet élan général des 
français vers un mieux qu'une sage liberté, les 
encouragemens des magistrats, la protection écla- 
tante du roi et des princes qui l'entourent, leur 
permettent de rechercher et d'atteindre.  -. 

À-ees causes générales d'une tendance vers 
la perfection, nous en devons ajouter uné qui 
vous est particulière et dout les-heureux résultats 
se font déjà sentir. :Nous. voulons parler ‘du 
Coursde sciences industrielles, que vous avez créé 
depuis quelques mois en cette ville, pour les ou- 
vriers et manufacturiers. Déjà parmi les ouvrages 
qui ont été exposés, il en est de plusieurs artistes 
qui ont dù à leur assiduité aux leçons, les per- 
fectionnemens et les améliorations qu'ils ont fait 
subir à l’art qu'ils exercent. Quel brillant espoir 
ne ‘pouvez-vous donc pas concevoir pour le 
moment où toutes les parties de ce Cours auront 


( 103 ) 
été professées, et où l'étude aura développé, ds 
une jeunesse si ardente à s'instruire , une apti- 
tude et des facultés qu’une routine grossière aurait 
étouffées ! | 
Ainsi. Messieurs ; cette nouvelle potion 


vous mettra à même de constater les fabrications 
créées depuis trois années et les perfectionne- 
mens qu'ont subis celles qui existaient déjà ;. ici 
nous devons exprimer nos regrets de ce que, pour 
rendre notre travail plus complet, Plusieurs fa- 
_ bricans, dont les produits avaient paru à la pre- 
mière exposition, n'aient pas répondu : à l'appel 
que vous leur avez fait cette année. Ils auraient 
-dù penser qu'il était important pour eux, quand 
bien. même. leurs ouvrages. n'auraient subi au- 
“can changement depuis cette. époque; de faire 
“constater dd. n'ont pas dégénéré et que leur 
pme n’a pas cessé. 

- Comme la première fois, la commission que 
vous avez désignée pour examiner les: produits 
exposés. s’est entourée de toutes les lumières et 
dé tous les renseignemens qui pouvaient la guider 
dans son travail. Beaucoup de fabricans lui ont 
remis des mémoires remplis de recherches pré- 
cieuses et de vues utiles, où elle a pu puiser 
avec succés. D'un autre côté, la chambre de 
commerce de cette ville, qui concourt toujours 
avec empressement à tout ce qui peut favoriser 


su 


104 ) 
l'industrie re . a bien voulu désigner 
deux de ses membres (*) qui se sont adjoints 
à vos commissaires et les ont guidés de leur expé- 
rience. Enfin, nous avons eu recours au jugemerit 
de plusieurs négocians et anciens fabricans , pour 
apprécier quelques-uns des objéts exposés. En- 
tourés detous ces moyens d'éclairer nôtre décision, 
nous avons examiné avec le plus grand soin, 


les produits soumis à notre investigation. 


Quant aux encouragemens, nous avons suivi 
à peu près la marche tracée par nos prédécesseurs; 
cependant nous avons dû cette fois nous ren- 
fermer rigoureusement dans le cercle de nos at- 


tributions, et n’accorder des distinctions qu'aux 


fabricans et aux artistes dont les‘ travaux ont une 
utilité réelle. Nous passerons donc sous silence 
des productions auxquelles nous n'avons pas 
voulu fermer les portes de l'exposition, mais qui 


ne méritaient pas d’être citées dans ce rapport. 
Toutefois, nous vous ferons connaître le nom de 
plusieurs fabricans et artistes dont les produits sont 


parvenus trop tard pour être examinés avec soin. 
‘Comme à la précédente exposition, les encou- 
ragemens sont au nombre de six dans l’ordre sui- 


‘vant: La médaille d'argent, 1°. classe, celle de 
2°. classe; la médaille de bronze, 1"°. classe, 


( +) MM, GoLLiGNOx, imprimeur, et DUBUISSON, négociant. 


( 05 ) 
celle de 2°. classe; là mention honorable, la 
citation. 

Outre ces distinctions ; nous rappellerons celles 
que les fabricans ‘et artistes ont obtenues en 
1823, et qui, par leurs produits présentés à 
l'exposition actuelle, ont continué à s’en rendre 
dignes. 

Nous avons enfin à vous . nos regrets 
de ce que les bornes que vous vous êtes prescrites 
dans la distribution des médailles, ne nous aient 
pas permis d’en proposer pour plusieurs artistes 
qui paraissent mériter cette distinction. 


.( 106 ) 


ETES EIRE RAP ANMNIANINE SF SR 


= EXPOSITION 
DES PRODUITS DE L'INDUSTRIE. 


SECTION PREMIÈRE. 


PRODUITS CHIMIQUES, ALIMENTAIRES ET AGRICOLES. 


Produits chimiques. 
M. Bouvier-Dumoranp, de Valmunster, 


a obtenu une médaille d'argent, 1°°. classe en 
1823. Son usine, créée en 1820 sur une échelle 
peu étendue , areçu des dévéloppemens en 1824, 
et à partir du premier juillet prochain , elle pourra 
livrer annuellement au commerte quatre mille 
quintaux d’alun et autant de couperose verte. 
La moitié au moins de cette quantité d’alun sera 
épurée , et tout nous fait espérer qu’elle pourra 
remplacer dans la consommation l’alun de Rome. 
Un troisième produit, le vitriol de Salzbourg, 
fait maintenant partie de la fabrication de Val- 
munster, et les cristaux en sont aussi beaux que 
ceux du vitriol vert. | 

A côté des cristaux purs du sulfate de fer, on 
en remarque d’autres de même nature, mais 


(107) 
d’une teinte presque noire. Ce sont les préjugés 
d'un grand nombre de teinturiers qui: forcenit à 
colorer ainsi le vitriol.. | 
M. Dumolard qui emploie maintenant ‘de 5o 
à 6a ouvriers, mérite encore cette année ; pour 
l'extension et les perfectionnemens de sa fbri- 


cation, la distinction que la Société lui a dé- 


cernée en 1823. 


M. Keser et compagnie, de Boulay. 
La fabrique de produits chimiques que cette 


compagnie vient de créer à Boulay, est encore 
en construction. Ses développemens ultérieurs 
ne pourront être bornés que par le manque de 
matières premières. La beauté du sel ammoniac, 
du prussiate de potasse, et du sulfate de soude 
que M. Kesler a fait exposer, donnent de 
grandes espérances pour lé bleu de Prusse dont 
il sé propose d'entreprendre la fabrication. En 
même temps qu’elle confectionne ces produits. 
k compagnie Kesler prépare dù noir animal 
qu’elle peut livrer par conséquent à plus bas prix, 
que ceux qui font leur industrie principale de 
cette production. La Société décerne à M. Kesler 


et compagnie une médaille d'argent, 1°. classe, 


pour la grande pureté de ses sels et pour l'in- 
troduction, dans notre département, de nou- 
velles branches d'industrie dont plusieurs pro- 


(108 ) 
duits se tiraient de lé étranger , malgré lénormité 


des droits d'entrée dont ils sont frappés. 
Colle - forte. : | 


Cette fabrication a reçu de grands perfection- 
nemens dépuis 1823, et les colles qui se fabriquent 
dans nos contrées peuvent rivaliser avec celles de 


Flandre et de Cologne. 
M. Gomeerrz , de Metz, 


a exposé un échantillon de colle-forte qui, 
l'essai, a été jugé de la- meilleure qualité. Ce- 
pendant cette colle pourrait avoir un peu plus de 
cuisson et d’écumage ; elle serait alors propre aux 
collages les plus délicats. +. 

La Société décerne à M. Gompertz une. mé- 
daille de bronze, 1"°. classe. 


M. Ganoze, de Bouzonville, 


qui a obtenu une médaille de bronze, 2° da: 

_en 1823, a exposé des échantillons de die 
de le qualité : à raison des améliorations que 
ses colles ont éprouvées et de l'extension qu'il a 
donnée à sa fabrication, la Société lui décerne 
une médaille de bronze, 1°. classe. * : : 


17 


M. Russenc, de Rustrof, près de Sierck, 
a exposé des Res qui ne sont pas inférieures à à 
celles que ce fabricant a produites en 1823, et 
qui lui ont mérité alors une médaille de ee 
1e, classe. 


( +09 ) 
M. Murxer, de Boulay. 


La Société ns une mention honarable 


à ce fabricant qui a exposé de très-belles colles : 


mais dont les échantillons laissent néanmoins quel- 
que chose à désirer, quand on les orpAre: aux 
produits de ses confrères. 

11 a exposé aussi une colle faite avec des os, et 
qu'il appelle colle gélatine; elle nous est par- 


venue trop tard pour être essayée. 


( 

M. Bouacuiexon, de Metz, 
a exposé du savon marbré bleu pâle, à l'huile 
d'olive; et du savon bleu vif, croûte rouge, qu’il 
livre à un prix inférieur au cours, du savon 
jaune à l'huile de ; graine et du savon léger propre 
au blanchissage des flanelles, qu'il vend dix sous 
la livre, du savon à l'huile de palme, fin’ et 
ordinaire , et une tablette de savon pour là toi- 
lette- + il vient d'essayer la fabrication, enfin 
une lessive: alcaline concentrée propre au blan- 
chissage du linge et au blanchiment des tissus, 
soit de fil, soit de coton. Le prix de cette les- 
sive est de 2 fr. 5o cent. le seau contenant 12 
kilogrammes.  : | 

La fabrique de M. Bourguignon pourrait ac- 
quérir de l'extension et de l'importance, si le 
public métait pas imbu du préjugé qu’on ne 


( mo) 
peut faire de bon savon qu’à Marseille. On peut 
en faire par-tout, seulement les bénéfices sont 
moindres que ceux des fabricans du midi qui 
reçoivent l'huile d'olive de première main. 

IL parait que M. Bourguignon trouve un assez 
grand débit de son savon à l’huile de graine : 
les consommateurs s’en trouvent bien, tant sous 
le rapport du blanchissage que sous celui de 
l'économie. 

Quant à la lessive alcaline , Un grand nombre 
de blanchisseuses s'en servent pour remplacer 
les cendres et la potasse , ce qui prouve.que l’em- 
ploi en est avantageux et qu'elle ne nuit point 
au linge. La substance qui fait la base de. cette 
lessive est analogue, dit M. Bourguignon , à celle 
qu'où emploie dons le blanchissage du linge à 
la vapeur. 

La Société pensant qu 'elle doit : encourager 
tous les efforts dont le but est d'introduire une 
nouvelle branche d'industrie dans le M ne 
décérne une médaille de bronze £ 2°. classe, 
à M. Bourguignon. 

_ M. Héyor, confiseur à Metz. 
a exposé de l’eau de cologne de sa fabrication. 
Produits alimentaires et farineux. 

La mouture des blés dans notre pays était 

encore, il y a peu d'années, au même point qu'au 


(in) 

15°. siècle : aucune amélioration n'avait été 
apportée à cet art si intéressant, et nos produits 
dans ce genre ne pouvaient soutenir aucune con 
currence; ils étaient généralement délaissés , 
quoiqu'offerts à des prix inférieurs. Nous devons 
donc de la reconnaissance à M. Leforestier, de 
Moulins, qui le premier a introduit d’utiles-amé- 
liorations. Dès-lors, beaucoup d’autres fabricans 
ont senti qu'il était nécessaire de perfectionner 
leur fabrication ; aussi depuis cette époque cette 
industrie a fait bien des progrès, et sans parler 
des grands établissemens de MM. Leforestier, de 
Niceville, Stouflet et André, les meuniers de 
campagne font mieux et cherchent journelle- 
ment à perfectionner leurs produits. De là vient 
que l'exportation des farmes a maintenant une 
grande extension. 

M. Frenrz, meunier à Hollmg, 
est le seul qui ait exposé des farines; elles parais- 
sent bien traitées , d’un grain égal, et prouvent 
qu’il a su améliorer les procédés de fabrication. 

La Société lui décerneune mention honorable. 


Amidon. 


La fabrication de l’amidon s’est ressentie des 
progrès de l’industrie en France ; les demandes 
de ce produit nécessaire à plusieurs fabriques, 
ont été multipliées , et ce n’est pas exagérer que 


( 119 ) 

de porter à 40,000 quintaux la quantité fabriquée 
à Metz, depuis deux ans. 

M. Vircer-Forrerr, de Metz, 
a exposé des sons qui sont d’une blancheur 
éblouissante , et qui à l'essai ont été trouvés d’une 
qualité supérieure. ‘La fabrication de M. Virlet 
ne date que de quelques mois. La Société a cru 
devoir encourager un fabricant qui, dès ‘son 
entrée dans la carrière ; rivalise avec ses collègues 
pe la beauté de ses produits. | 

M. Virlet a aussi exposé des semouilles et 
gruaux qui égalent ceux que nous tirons de Nancy 
et de Strasbourg. Ce népocient fabricant simul- 
tanément tous les produits qu’on peut extraire du 
blé, tels que farine , amidon , semouille , etc. et 
a. un pays où le blé est à plus bas ge que 
sur tout autre point de la France, pourra don- 
ner une trèsgrande extension à sa fabrication, 
et créer ainsi une nouvelle branche d'industrie , 
en même temps qu'il fera écouler un de nos 
produits territoriaux dont nous sommes toujours 
surchargés. La Société lui décerne une médaille 
d'argent, 2°. classe, 

M. Jacor, amidonnier à Metz, 
qui en 1 Ba a obtenu une médaille de bron- 
ze, de 1°. classe, a exposé des amidons qui 
prouvent que sa fabrication soutient la répu- 
tation qu’elle s’ést acquise. À raison de la grande 


(13) 
extension qu’il lui a donnée depuis quelques an- 
nées , la Mrs lui décerne une médaille d'ar- 
gent, 2°. classe. 


M. Pouzmame, de la Maison-Rouge, 
a exposé des échantillons de chicorée moulue de 
sa fabrication. 

“Nous tirions jusqu’à présent ce produit, de la 
F landre et du pays de Luxembourg ; M. Poul- 
maire a eu l'idée de le fabriquer, et il a réussi 
à le liyrer avantageusement au commerce. La 
qualité de ses chicorées est. bonne, leur teinte 
est belle; mais il serait à. désirer qu ‘elles fussent 
mieux pers) afin de pouvoir rivaliser avec 
celles de Lille*et de Cambrai. | 

La Société décerne à M. Poulmaire une men- 
tion honorable. 


M. Buxy-Bomarr, confiseur à Metz, 
a exposé des pains d'épices qui méritent d’être 
aussi recherchés que ceux de Reims. 

M. Dersosque (Auguste) , de Metz, 
a exposé un panier de fruits en sucre qui prou- 
vent qu'il possède bien les parties les plus dif- 
ficiles de son art. _ | 

M. Dominique Smon ; pépiniériste à Metz, 
a donné un bon exemple à nos pépiniéristes en 


exposant des arbustes et des graines diverses. Il 
15 


C4) 
a aussi présenté une corde faite avec Técorce du 
tilleul, et des échalas d’acacia qui. dit-il, durent 
deuxfois autant que les échalas de chène. Il serait 
à désirer que les propriétaires de vignes véri- 
fiassent ce fait par des expériences. | 
M. Simon a fait faire un tonneau avec le mème 
bois. C’est l'usage qui seul peut prouver si cette 
innovation est avantageuse ; elle mérite pourtant 
d’être citée. Enfin , on doit au même exposant 
un paragrêle et un échantillon de toile faite avec 
des filamens d’orties, qui semble ne pas différer 
des toiles de chanvre du pays. ’ 
La Société considérant l'extension du commerce 
de M. Simon et son zèle pour les choses utiles, 
lui décerne une médaille de bronze, 2°. classe. 


SECTION DEUXIÈME. 


TANNAGE.. MÉGISSERIE, CHAPELLERIE. 


Tannage. | 

Trois échantillons de cuirs forts ont été pré- 
sentés à exposition, par MM. Gillard , Muel et 
compagnie , Mathieu et Haan. 

M. Grzrann, d'Apach, près de Sierck. 

Ses cuirs soutiennent à juste titre leur réputa- 
tion. La supériorité des produits qui sortént des 
tanneries de Sierck , tient en partie à l’excellent 
tan que les bords de la Sarre produisent , et dont 


( 115 ) 

les tanneurs de nos environs ne sont pas : à ci 
de faire usage. . 

. M. Gillard, depuis quelques années , exporte 
une partie de ses cuirs à l'étranger , et les vend 
aux foires de Francfort et de Leipsick ; où il 
soutient la coneurrence des fabriques si *enom- 
mées de Liége, Stavelot et Malmédy. 

La Société, à raison de cette nouvelle extension 
donnée au commerce des cuirs fabriqués dans 
ce département, a Pere à M. Gillard, une 
médaille d'argent , 1°. classe. 


M. Muez et compagnie, de Lauvallières | 


sont dignes d’ne médaille d'argent, 2°. classe, 
pour avoir essayé avec avantage les écorces à tan 
de nos environs, et être parvenus à fabriquer des 
cuirs forts qui le cèdent de peu à ceux de Sierck. 


MM. Marmeu et Haan, de Metz. 


méritent une médaille de bronze, 1°. classe, 
pour la préparation des cuirs de pays. 


MM. Danpar frères, de Metz, 


ont exposé des cuirs forts acidulés, des cuirs de 
vaches, et des veaux Corroyés et cirés , ainsi que 
du cuir de cheval corroÿé. 

Tous les articles corroyés et cirés présentés 
par MM. Dardar, sont aussi bien fabriqués que 
_ceux que par habitude on fait venir de Paris, à des 


(116 ) 

prix supérieurs. MM. Dardar ont accompagné 
leur envoi d'un mémoire fort intéressant sur 
toutes les branches de la tannerie; il prouve 
que ces jeunes fabricans ne sont étrangers à au- 
cune partie de leur art. La Société leur doi à 
ce double titre, un encouragement particulier, et 
leur décerne une médaille d'argent, 2°. classe: 
M. Pouzmme , de Beauregard, près de Thion- 
ville , | . DAME 

a exposé un cuir de vache du pays. La fabrique 
de M. Poulmaire a peu de temps d’existence, mais 
l'échantillon envoyé à l'exposition fäit espérer qu'il 
livrera au commerce des cuirs bien confectionnés. 
La Société lui décerne une mention honorable. 


M. Marcor, de ‘Faulquemont , 


a exposé des tiges de bottes, et un cnir de veau 
apprèté pour hnieres. Cette fabrique qui ne tra- 
_ vaille que depuis un an, pen devoir prendre 


de l'extension. 


Chaussures. 


.. M. Fins, cordonnier, rue Fournirue, , 
s'occupe depuis fort long-temps des moyens de 
redresser les pieds tournés desenfans. Les bro- 
dequins qu’il a exposés cette année atteignent par- 
faitement ce but, ce qui est prouvé par de nom- 
breux certificats doit délivrés les personnes dont 


(217) 

les enfans ont maintenant les pieds: trés-droits ; 
après les avoir eu considérablement tournés ;: soit 
en dedans, soit en dehors; Le mécanisme contenu 
dans ces brodequins est très-simple ; il ne gêne 
nullément, permet d’apérer le rédressement du 
pied, peu à peu, sans faire éprouver. auçune 
sonffrance , et produit ordinairement tout son 
effet en six mois. M, Stan, chirurgien:accou- 
cheur, atteste qu'il a souvent prescrit l'usage du 
brodequin de M. Fiers, et qu'il a toujours ob- 
tenu un succès complet. M. le docteur Marécaaz 
a certifié que le même brodequin a redressé, en 
six mois, le pied d’un jeune homme de 17 ans, 
habitant Luxembourg. Il a ramené, ditil, la 
plante du. pied à une direction horizontale , et la 
pointe à la situation convenable. Enfin, il lui 
paraît beaucoup moins compliqué que la ma- 
chine de Scarpa, et aussi simple que celle de 
MM. Oudet et Venel, sur M il a l'avantage 
de la modicité du prix. 

La Société considérant que M. Fiers rend, par 
son industrie , un grand service aux habitans du 
département et sur-tout aux personnes d’une 
fortune Hosiques lui décerne une médaille de 
PrOrSe; 2°. classe. 


M. Michel Maure, bottier à Metz, 
a exposé 1°. Une paire de bottes qu'il appelke 


( 118 ) 

Corrioclaves dont les semelles et les talons sont 
assemblés sans couture, au moyen de clous en 
cuivre rivés des deux côtés : : 

2°. Des bottes ordinaires bien travaillées ; 

3°. Des souliers et des chaussons doublés en 
soie, à 30 .p. °/, au-dessous des prix de Paris. 

Tous ces objets sont confectionnés avec le plus 
grand soin et à des prix modérés. 


M. Rousseau, cordonnier à Metz, 


a exposé des souliers dont le talon et une partie 
de la semelle sont en bois. -Il prétend que cette 
<haussure offre de l'économie, et qu’elle est peu 
susceptible de prendre de l'humidité. C’est à 
J'expérience à justifier cette assertion; la com- 
mission n'a pu apprécier un effet qui ne peut 
ètre reconnu vrai qu'à l'usage. 


M. KISEWETTER ; bandagiste à Meu, 


a exposé une ceinture élastique dont l'utilité :est 
généralement reconnue par les médecins, pour 
maintenir les viscères contenus dans l'abdomen 
et empêcher les hernies chez les personnes at- 
teintes d’obésité. Depuis plus de dix ans qu'il 
confectionne de ces ceintures , leur débit va tou- 
jours croissant. Il tire les matières premières de 


(119) | 
Paris ; elles reçoivent par lui Papprêt et le moel- 
leux qu'on y: remarque. 
La Société décerne une mention honorable 
à M. Kiesewetter pour le finr de son travail. 


Chapellerie. 

L’art du chapelier semble près d'arriver au der- 
nier degré de perfection, car aujourd’hui l'on 
peut faire en feutre des vêtemens complets et 
d’autres objets plus difficiles encore ; nos chape- 
liers lemportent aussi de beaucoup sur leurs pré- 
décesseurs, pour la beauté, la légèreté et la variété 
des produits. Quant à la chapellerie de Metz en 
particulier, elle mérite encore son ancienne ré- 
putation , et peut en tout point soutenir la com- 
paraison avec celle de Paris et celle de Lyon. 
Mais deux causes principales nuisent à ses pro- 
grès: les continuels caprices de la mode qui oc- 
casionnent un rebut considérable, et la suppres- 
sion du feutre pour les coiffures militaires. Toutes 
nos fabriques de chapeaux et de schakos ont été 
obligées de diminuer le nombre de leurs ouvriers 
par suite de cette suppression. 


M. Pnsox, de Metz, 


a exposé des chapeaux fins de diverses formes, 
des feutres blancs de différentes qualités et di- 
versement apprêtés. Le chapeau rond, n°. 1, a 


Gi) 
un apprêt qui résiste à eau. M. Pierson a épa- 
lement exposé un schakos d'officier d'artillerie, 
modèle de 1825, dont la carcasse est en cuir 
enduit d’une coneLe d'apprêt imperméable. 

La fabrique Pierson. date de 1695. En 1814, 
elle versa 5800 chapeaux dans le commerce, 
ét jusqu’en 1821 ; elle fournissait aux corps mi- 
litaires dix mille schakos de soldat par année. 
Le nombre de ses ouvriers était alors de 55; il 
n'est plus aujourd'hui que de 35, par suite de la 
supprèssion des schakos de feutre. Cette fabrique 
importante approvisionne les marchands de cha- 
peaux d'un grand nombre de villes du royaumé 
et dé quelques-unes des pays voisins. Elle reçut en 
1853 une médaillé d'argént, 2°. classe, et 
 résté toujours digné de la même distinction. 
M. BAUDOU , de Me, .. 


a a présenté seulement deux chapeaux ronds: ik 
. sont de bonne qualité. Sa fabrique ne date que 
de 1811; elle prit quelque accroissement en 1816, 
et naine le travail y est double de ce quil 
était au commencement. Le nombre d'ouvriers 
de M. Baudouin est de 12, et ses produits se 
montent à 2400 chapeaux par année. La Société 
lui décerne une médaille de bronze, 1"°. classe. 


-.M. Gonvozrr, de Metz, | 
a exposé des feutres et des cuirs vernissés; pour 


(a) 
chapeaux et visières de casquettes, qui prouvent 
que sa fabrication n’est pas dégénérée et qu’il est 
toujours digne de la médaille de bronze , 1"° 
classe, qu'il a obtenue en 1823. 


SECTION TROISIÈME. 
TISSUS, BRODERIES , FILATURE er BONNETERIE. 


. nn | 

M. Deuxor, de Forback, 
ä exposé un échantillon des laines de son trou 
peau. Cette laine n’offre rien de particulier , mais 
nous saisissons cette occasion, pour faire con- 
naître que c’est aux soins de M. Delinot qu’on 
doit l'amélioration des laines dans tout le canton 
de Forbach. Il a répandu des métis dans les vil- 
lages, par des cheptels qui se sont trouvés avan- 
tageux pour lui et pour les fermiers auxquels il 
avait confié ses moutons. Puisse cet exemple être 
suivi par les grands li ose des autres can- | 
tons du département. | 


Étoffes de laine. 


Le département de la Moselle possède un 
grand nombre de fabricans d’étoffes communes - 
de laine ;. Metz seule renferme 300 métiers en ac- 
tivité. On aurait pu craindre qu'une telle concur- 
rence ne nuisit à l'écoulement des produits; mai 

16. 


(12) 

au contraire, cette activité a ouvert de nouveaux 
débouchés, inconnus jusqu’à présent. Six fabri- 
cans, seulement, ont exposé. Ce petit. nombre 
a pourtant suffi pour montrer que la draperie 
de notre pays va chaque jour se perfectionnant 
sous tous les rapports, et sur-tout sous celui de 
la régularité des mélanges. Cet avantage est dù 
à l'introduction des cardes mécaniques dans notre 
département. Cependant il y aurait encore des 
améliorations à espérer , si la filature était per- 
fectionnée, et si la teinture avait profité des 
progrès que la chimie a fait faire à cet art. 

. Nous devons regretter qu'ôn n’ait point ex- 
posé des flanelles communes. Cet article avan- 
tageux à notre pays, ne se M nulle pat 
ailleurs. 


: M. Cocun-Comste , de Vaux ; près de _. : 
a obtenu une médaille d'argent, 1°. classe , 
en 1823. Il prouve aujourd'hui, par les six pièces 
de draps de diverses couleurs qui composent 
son exposition ; qu’il a soutenu sa fabrication de- 
puis cette époque. Il lui reste à obtenir un dé- 
graissage complet. | 

M. German, de Nancy, propriétaire de la ma- 
nufacture de Moutiers, près de Briey. 
a-exposé six pièces de draps différens, destinés 
à l’habillément des troupes, et six autres pièces 


(123 ) 

pour l'usage général. Ce fabricant déjà j pngé digne, 
en 1833, d'une médaille d'argent, 2°. classe, 
s'est betectionné sous beaucoup de rapports. On. 
a sur-tout remarqué la beauté du mélange de 
ses draps gris. Jusqu'à présent, on n'a pas fait 
aussi bien dans notre pays. La fabrication de 
M. Germain est très-bonne ; son RUE est ex- 
cellent; on ne pourrait désirer qu'un Vo 5 
un peu meilleur. 

La: Société a jugé M. Géman: digne de la 
même distinction qu'en 1823. 


M. Hmscr, de Metz. : 


La fabrique de M. Hinche a a pris une soul 
extension. Elle ne comptait que 15 métiers en 
1823, où elle fut distinguée par une médaille 
de brute , 2° classe. Aujourd'hui elle en a‘ 40, 
et ne peut satisfaire à toutes les commandes qui 
lui sont faites. Cela provient de l’heureuse idée 
qu'a eue M. Hirsche de fabriquer des articles 
nouveaux pour notre pays, tels que les croisés, 
les coatings, et à sa persévérance pour perfec- 
tionner ses moletons. Il est arrivé au point que 
ce dernier article est maintenant préféré aux pro- . 
duits du même genre que fournissent Troyes, 
Bauvais , Darnétal, etc. M. Hirsche s'occupe au- 
jourd'hui d'introduire à Metz la fabrication de 
deux nouveaux tissus: espagnolettes blanches à: 


C4) 

l'instar de Lyon , €t castorines teintes ên laine à 
l'instar de Darnétal. Des pièces de ces deux articles 
ont été exposées. L’espagnolette a montré que 
M. Hirsche emploie de la lane bien mieux filée 
que celle des autres fabricans de ce pays. Cette 
étoffe est d'un beau blanc, bien apprètée et ne 
coûte que 6 fr. l’aune. lé castorine manque un 
peu par l'apprêt et par la vivacité de la teintüre ; 
mais elle est très-bien fabriquée, et, au prix de 
6 fr. So, elle peut rivaliser a avec celles de toutes 
les autres fabriques.  * 

La Société DéeRRs à M. Hirsche une médaille 
d’' argent, 1"°. classe. | 


. M. Drevyruss Œ élix) ; s Metz. 


En 1823, M. Dréyfuss obtint une médaïlle 
. de bronze, 2°. classe. Iln 'emploÿai älois que 
30 à 4o ouvriers; aujourd’hui il en à ir6 ; noï 
compris ceux de la campagne qui filerit la Fa) 
L’espagnolette dé M. Dreyfus est bien faîte, bien 
dégraissée , et né laisse à désirer qu’ un per plus 
d’apprêt et de blancheur. Une pièce écrue montre 
un tissage parfait, dû a au bon choix des matières, 
et à la filature. . Ou: 
L'espagnolette verte est inférieure aux autres : 
le tissu en est un peu che et la couleur n’en est 
point décidée ; au reste, ce défaut tient plus au 
teinturier qu'aux procédés du fabricant. : 


| ( i25 ) 

La Sea a voté à M. de un une ps 
Poe , 2° classe. 

M. ns de Metz. 

Les’flanelles 3/4 de M. Champigneulles sont 
au-dessus de celles du midi, par rapport à leurs 
prix de 4 fr. et 3fr. 25. Les espagnolettes ont un 
tissu régulier, la laine en est belle, et, aux prix 
de 4 fr. et 3 fr. 5o , elles l'emportent de 15p.°/ 
sur celles du midi et de Daïnétal; mais elles laissent 
à désirer sous le rapport de la blancheur. 

Une médaille de bronze, 1e, classe, est 
décernée à M. Champigneulles. 

, MM. Scmware et Haas, de Met, 

ont exposé du croisé blanc 3/4, à 3 fr. 75 l'aune, 
et du molleton lisse 5/8, à 2 fr. 80., La qualité 
en est trés-bonne pour le prix. | 

MM. Schwabe et Haas ont monté en 1820 
une filature de laine mue par la Moselle: elle 
occupe une quarantaine d'ouvriers de la. classe 
la moins aisée. Ils vont avoir aussi une méca-. 
nique à lainer, qui diminuera les frais qu ’occa- 
sionne l'apprèt des étoffes. 

Ces efforts méritant d’être encouragés, la So- 
ciété décerne à MM. Schwabe et Haas, une mé- 
daille de bronze, 2°, classe. 

: MM. Wazrer et Joyeux, de Me. 
Ces fabricans qüi ont obtenu en 1823 une 


( 126 ) 

médaille d'argent ; 1°°. classe pour avoir im- 
porté à Metz une nouvelle industrie ,-sont dignes 
de la même distinction cette année, . pour. les 
perfectionnemens très-remarquables de leurs ve- 
Jours; qu'ils continuent pourtant de livrer à des 
prix -très-modérés. Les tissus de.soie des mêmes 
fabricans, peuvent rivaliser avec ceux de Lyon. 
Ils sa même pour la de ai 


+ Téinture. 


L'art de la teinture est encore Fe Perfance 
dans ce pays, et cela tient à ce qu'on n'a pu 
l'appliquer j jusqu'à présent qu'à des étoffes gros- 
sières ; mais la fabrication de celles-ci se per 
dun, y Plus k teinture doit chercher à s’a- 
méliorer, afin de soutenir la concurrence. 


M. Mancor fils, |teinturier en haine } À Metz * 


a exposé une carte d'échantillons de.ses teintures 
sur étoffés; -elles-ont.paru ‘bien traitées, et la 
Société regrette. qu'elles lui soient pus trop 
tard pour: être examinées avec soin. 


Broderies. ul 
‘MM. Curtaux et compagnie ; ; de Metz. 


L’assortiment de broderies exposé par cette mai: 
son ne peut donner .qu'une idée fort'incomplète 
de ses vastes entreprises: elle emploie au moins 


(127) 

1500 ouvrières de Ja ville et fait travailler dans 
tous les environs ; elle a établi une fabrique ré- 
gulière à Nancy, des succursales à Lunéville, 
Pont-à-Mousson, Château-Salins et Réchicourt, 
villes où plus de 1200 brodeuses travaillent pour . 
son compte; à Paris, un entrepôt général est 
dirigé par .un des associés, sous la raison com- 
merciale de la compagnie ; enfin des agens per- 
manens sont à la tête de trois autres entrepôts 
placés à Bordeaux, à Marseille et à Londres. 
Plus de 250 mille francs sont PF annuel- 
lement en matières premières, et pour Metz seu- 
lement, la main-d'œuvre s'élève par année à 
300 mille fr. Ce court exposé suffit pour montrer 
- que la fabrication de la compagnie Chedeaux 
a au moins doublé depuis 1823. Ses genres de 
produits se sont aussi multipliés et perfectionnés ; 
c'est ce que prouvent suffisamment les: beaux 
échantillons présentés à Pexposition de cette an- 
néeci. On a sur-tout-remarqué une robe de 
mousseline brodée au plumetis, une aube en 
tulle-bobin brodée au crochet, des. pélerines 
en mousseline au plumetis, et un mouchoir de 
poche à “bouquets. La richesse, la grâce et l’exé- 
- cution des dessins de ces articles ne laissent rien à 
désirer. D’autres articles brodés en couleurs ou 
par application de mousseline et de crêpes diver- 
sement colorés, sont aussi très-soignés: ils:sont 


(? 28 ) 

destinés : a la corisommation de sad et de 
l'Inde. 

MM. Chedeaux et compagnie reconnaissent 
que leur fabrique est encore susceptible de per- 
fectionnemens , et font tous leurs efforts pour lès 
obtenir , afin, dis. de placer. notre dépar- 
tement dons de toutes les concurrences qui 
sien surgir. : 

La Société ne pent qu rapplaudir à à ces senti- 
mens , ét juge MM. Chedeaux toujours plus di- 
gnes de la médaille d'argent, 1°°. re; qi 
leur a été décernée en 1823. 


MM Poriisr frères. et Bu ; de Me, 


ont élevé en 1824, une nouvelle fabrique. de 
broderies qui emploie déjà 400 ouvrières de Metz, 
et 200 autres des environs. Déjà aussi, cette 
compagnie s’est ouvért d’importans débouchés en 
Europe, ch Asiè et en Amérique. Les articles 
présentés à l'exposition comme échantillons de 
l fabrication courante, annoricent de grands 
succès pour l'avenir. On a particulièrement re- 
marqué une broderie au passé ou point de reprise; 
un mouchoir dé poche à sujets, au plumetis; 
une autre broderie en laine de couleur sur or- 
gandy, genre nouveau. Unautre article également 
nouveau, est une batiste à petits bouquets de 
soie rose, destinée à orner les-divans asiatiques. 


( 129 ) 

La compagnie - ‘se promet d'étendre. ce. gènre 
de broderie, si le retour de la paix en Orient, 
lui permet d’y établir des relations durables. 

Une médaille d'argent, 2°. classe, «st dés 
cernée à MM. Pothier frères.et Buck, pour l'ex- 
tension remarquable d'une fabrication et d’un 
commerce qui ne datent que. d'une année. 


M”° . CORAGSIÈRE , de Metz, 


‘a exposé quelques broderies que les connaisseurs 
ontremarquées : un mouchoir de poche à bouquets 
a été trouvé supérieurement brodé; on a aussi - 
donné des éloges à une broderie-en points croisés. 

M. Corbassière mérite une mention hono- 


M. CenrBren, de Me, DEN 


a exposé une broderie en or exécutée avec goû. 
Il est le seul qui exerce cet art dans notre pays, 
et il l'exerce dans la perfection. | 

La Société en regrettant que le ur de 
médailles dont elle a pu disposer, ne lui ait pas 
permis d'en accorder 4ne à cet habile artiste, 
lui décerne une mention honorable. . 


Fils de coton. 
M. Mayor-Cosré, de Meur, | 


t 


a exposé. des fils de.coton-unis, filés à " mé 
7 


( 130 ) 
canique; sés produits qui vont jusqu'au n°. 50, 
rivalisent avec ceux des filatres les plus rértom- 
mées de la Meurthe et des Vosges, et réndent M: 
Mayot toujours dighe de la médaille de bronze, 
1°*. classe ; qu’il a dbtenue en 1823. | 
M. Pal de Metz. 


Les cotons à broder exposés par M. Leclerc, 
sont apprêtés avec soin ; mais il faut qu'il travaille 
encore, pour parvenir à livrer ses, produits aux 
mêmes prix que les autres fabricans. | 
| La Société lui décerneune mention honorable. 

M. Fourqui, de Metz. 

La Société décerne également une mention 
honorable à M. F ourquin ; fabricant de bonne- 
‘ terie, qui a exposé des échantillons de bas et de 
bonnets de coton , travaillés avec soin et solidité. 
Ces objets seront toujours recherchés des con- 
somrmateurs ; mais il ést à regretter que les prix 
auxquels FA sont cotés, ne permettent pas de 
donner de l'extension à cette fabrication. 


M, Févr, de Metz, 


à exposé une paire dé bas de coton à } jours, qi 
prouvent l'habileté dé ce fabricant. 


M. Picuon. sutiend de meubles à Metz, 
a exposé des crins préparés avec soin et supé- 
rieurs à ceux que Paris verse dans le commerce. 


(131) 
Sa fabrique, qui fournit à tous les départemens 
environgans, prend de jour en jour. plus d’ex- 


tension. M. Pichon mérite d’être mentionné ho- 
norablement. 


M. Roussz, de Montoy, 
a exposé des chapeaux de paille du pays, dont 
le tissu est très-flexible et bien égal. La Société 
ke mentionne honorablement pour ces premiers 
essais, et li invite à donner de l'étendue à cette 
fabrication , qui peut devenir lucrative pour lui 
et nous dispenser de recourir aux étrangers. 


SECTION QUATRIÈME. 


CUSTAUX VERRERIE ;, FAIENCE , POTERIE 1 
TERRES CUITES, MARBRE. 


M. Servez, ho des nn royales de 
Saint-Louis, 
n'a envoyé à l'exposition que des cristaux pris 
parmi ceux qu'il livre habituellement au com- 
merce : il s'est abstenu de présenter des pièces 
confectionnées à grands frais; néanmoins, les 
abjets exposés suffisent pour prouver que les ver- 
reries de Saint-Louis continuent de .conserver 
un des premiers rangs , sous le double rapport de 


la blancheur-et de la pureté du cristal, du fini et 
de l'éclat du poli. 


( 132 ) 

La création des. verreries de. Saint-Louis re- 
monte-à 1767. On s'y borna. d’abord .à: la. fa 
_ brication des verres blancs ordinaires et desverres 
à vitre; mais en 1781 on y découvrit le pro= 
cédé à suivre pour obtenir du cristal, et à dater 
de cette époque, la France a cessé d' être. tribu- 
taire de l'Angleterre pour cet objet. Depuis quatre 
ans, Saint-Louis ne. fabrique plus que des cris- 
taux. Deux grands fours y sont constamment en 
activité. Trois cents ouvriers habitent l’établisse- 
ment ;. cent autres sont externes. On emploie 
en outre, pendant une partie de l'année , 20 
bécherons et 150 voituriers. | 

Les produits de eette fabrique s'élèvent an- 
nuellement à une valeur de près d’un million de 
francs, dont à peu près la moitié est payée pour 
la main-d'œuvre, ce qui porte l’aisance dans le 
canton le plus pauvre du département. 

La Société décerne une médaille d'argent, 
1°. classe, à M. Seiler. | 


MM. Bunçur-Scnveren et compagnie , de Mi- 
senthal, et Buncux-WazrEer et compagnie, de 
Goëtrembrück 


qe ont obtenu, l'un une médaille Large : 

. classe, et l'autre une mention honorable, 
. 1823, ont exposé un assortiment de gobele- 
terie ordinaire. de. verres pour les montres et de 


( 133 ) 

gebeleterte coulée dont plusieurs échantillons pré- 
sentent des arêtes fort vives. Les garde - vues 
pour les lampes sont maintenant fabriqués. à 
Meisenthal ; on les tirait précédemment de Paris, 
Ceux qui sont exposés : ne laissent rien à désirer. 

Cette fabrique qui a. plus d’un siècle d’exis- 
tence emploie prés de 5od ouvriers, sans compter 
ceux qu’elle occupe à la préparation des salins et 
des sondes. Ses produits se. sont augmentés d’un 
tiers depuis la dernière -exposition. Ils se vendent 
aujourd’hui dans la capitale et sont même ex- 
portés au loin. Elle livre annuellement au com- 
merce , 8 millions de verres de montres et de 
fuit et plus de 1 300 000 pièces 2e go- 
beleterie de diverses qualités. 

La Société décerne à MM. Burgun Walter 9 
et Burgun-Schverer, une médaille Ra : 
1°, classe. 


. MM. Fins et PR de Lo 


ont apporté des perfectionnemens trés-remar- 
quables à la fabrication de leur faience à cou- 
verte métallique. Cette fabrication a même reçu 
une grande extension, par suite des débouchés 
qui se sont offerts pour les produits. Il en sera 
de même bientôt de celle de la terre blanche 
* à fond noir. MM. Fabry et Utsschneider se pro- 
posent de lui donner tous les développemens 


( 134 ) 
dont elle est susceptiblé, et se flatent de pou- 
voir: ainsi livrer aux français et aux étrangers, 
une vaisselle qui réunira k plus grande solidité 
a tous les autres avantages. 

. Nous aurions offert une médaille d'argent , 1° 
chise, à MM. Fabry et Utsschueïder, si déjà, 
en 1623, ils n'avaient joint cette distinction à 
celles que le gouvernement leur a plusieurs fois 
accordée dans les diverses expositions re 


Creusets. 
M Dorrer , de Saint-Avotd 


a exposé des creusets de Does dimensions. À 
Pessai, ces creusets ont été trouvés plus réfrac- 
taires que ceux de Hesse et moins sujets à se 
féler. La Société engage M. Dotter à bien 
soiguer sa fabrication et le choix de ses matières : 
il pourra sing se créer une industrie aussi m- 
crative pour lui qu'avantageusa pour le pays. 

“a Société n'ayant reçu aueun renseipnentent 
sur la fabrication de M. Dotter , et désirant pour- 
tant T'encourager dans ses essais, lui décerne une 
mention. honorable. 


Poterie de grès. 
_ M. Cnoxé, de Metz, 
qui a obtenu en 1823 une mention honorable 
pour ses tuyaux de conduite en pierre factice, 
a exposé cette année un assortiment de vases en 


(135 ) 

grès d’une très-belle exécution. Plusieurs essais 
infructueux et même malheureux avaient été 
tentés depuis quelques années; nous devons 
savoir gré à M. Choné de n'avoir pas: été dé- 
couragé par ces tristes précédens: Sa fabrique 
située à Longeville, est établie depuis 1824. 
H ÿ emploie douze: ouvriers, et en 1825 il a 
confectionné 5o mille cruchons et. 180 mille 
vases de toutes les grandeurs , pour lesquels nous 
étions jusqu'à présent tributaires de létranger. 

La Société, à raison du fini des prodnits de 
M, Choné et de leur grand nombre, lai décerne 
une rrRédaille de bronze; 1"°. classe. 


M°°. Ton, de Metz, 


a exposé des cruchons. La fabrique de cettë 
dame date de 1833; elle a déjà confectionné 
170 000 cruchons et de 5 à 6 mille autres vases 
de grès; sept ouvriers y sont constamment em 
ployés; aucun cruchon n’en sort pour être livré 
au commerce, qu'il n’ait. été préalablement é- 
prouvé. 

La Société a jugée Me. Thorn digne d’un 
médaille de bronze, 2°. classe. 

Nous espérons que ces fabricans, guidés d’ail- 
leurs par leur propre intérêt, chercheront à 
trouvér enfin en France, la térre dont ils se 
servent pour confectionner leurs produits, et 


qu'il font venir à grands frais de l'étranger. 


v 


(136 ) 
| Tuyaux en pierre factice. 


M. Poné, de Corny, élève de M. Fleuret, 


a exposé se tuyaux en pierre factice destinés 
aux conduites d’eau. Ces tuyaux qu'il livre an 
commerce de 3 fr. 5o à 3 fr. 5o le mètre, frais 
de posage compris, sont bien exécutés, de forme 
régulière ,; et composés de matières très-dures. 

M. Poiré fait aussi des pavés en mosaïque , des 
auges d’abreuvoir, des citernes, et garantit les 
caves d'infiltration. Il a déjà exécuté à Metz et 
dans d’autres villes, de grands travaux qui-ont 
résisté à toutes les intempéries des saisons. La 
Société lui décerne une médaille de: bronze, 
2°. classe. 


M. BLum, de Longeville-lès-Metz 
a exposé des pipes en terre bien travaillées :et 
de formes agréables ; mais la Société ne peut que 
ke citer, n'ayant pas reçu de renseignemens. 
Tuileries. | 
M. HArFNER , tuilier à Metz, 


a reçu -en 1823 une médaille de Done. 2°. 
classe. Ses produits ont, cette année, un fini qui 
surpasse de beaucoup celui des produits de même 
genre exposés par d’autres fabricans. M. Haffner 
occupe 20 ouvriers. et confectionne 5oo mille 


(137) 

pièces par. an;'il a, depuis 1823; ajouté une. 
tournerie en terre. à ses anciens ateliers. .-. 

La même fabricant a exposé des. briques pour. 
cheminées rondes ; mais comme elles sont cir- 
culaires à Pire elles ne pourraient se lier. 
au reste de la maçonnerie. : 

‘On remarque encore dans l'exposition de la 
tuilerie de l'ile Chambière, une brique réfrac- 
taire pour soutenir les chaudières , des tuiles en S 
ét uni carreau de terre cuite qui, fabriqué par 
compression, peut supporter le feu sans avoir 
besoin d’être préalablement séché. 
: M. Haffner est jugé, par la Société , digne de. 
la distinction qu'elle lui a décernée en 1823. 


M. Goserr père, de Metz, à. 


vient d'établir près de Woippy, ; une tuilerié né 
les premiers essais font augurer que la fabrication 
des tuiles de toutes sortes, des briques et des 
carreaux y sera soignée. M. Gobert a aussi ex-, 
posé des tuyaux pour la conduite des eaux , dont, 
le prix est de plus de moitié au-dessous de celui, 
des tuyaux en bois, et dont la durée est sans 
terme. Ils ont en outre l'avantage de ne com- 
muniquer aucun mauvais goût à l'eau qu'ils ren- 
ferment. Les tuiles en S et à crochets de la même 
fabrique paraissent de bonne qualité, mais elles 
sont trop épaisses. Îl est à désirer que ces tuiles, 
18 


( 138 ) 

qui sont en usageidans les Pays-Bas, en Anglé- 
terre, en Pologne et dans le midi de la France, 
soient adoptées pour la couverture de nos mai- 
sons. Il en faut moins que de tuiles plates pour 
un même toit; d'où résulte une économie. -et 
un allégement pour la: charpente, ‘, 

: M.-Gobert confectionne aussi des briques pro- 
pres à la construction des cheminées rondes dont. 
l'avantage principal est de ne-pas famer. Nous 
pensons que la forme adoptée par M. Gobert.doit 
être changée , attendu que ses briques présentent 
des arigles très-aigus et. par. conséquent très- 
fragiles. Il faudrait que les joints fussent placés 
au miliéu des faces, et que les pièces présen- 
tassent des crossettes qui pussent les lier à la ma- 
çonnnerie. La Société décerne à à M. Gobert une 
—— honorable. | : 


M. Drm, de Forback, 


et cité pour la bonne dniité des bi um 
qû’il fait confectionner à Melpoubl. Les produits 
de ce tuilier sont à ce qu'il paraît fort recherchés. 
par les propriétaires de maisons. Ses-prix sont 
ässez modérés, puisqu qu'il véad des us dans 
Metz même. 


M. BeaTnoLD , de Saint-Avold , 


est également cité pour ses tuiles creuses, ‘ses 


(439 ) 

sil plates et ses sise r EMAREe de ne 
qualité. s 

“M Simon, juge à Vous et & membre de la 
"SOGIELÉ Fi 
a fat exposér une pierre de Sérvigny à hquél 
l'est ‘parvenu à donner un poli qui prouvé que 
cette pierré peut, pour certains “emplois, rein: 
plhcer- ke‘marbre. il est à désirer ‘que n68 s'nare 
briers utilisent cette découverte. 


| SECTION CINQUIÈME. Le. ; 


_ étions EMPLOI DES MÉTAUX. 


1 9 ’; J - 2 ue à 
SR ‘ 54 


Fers. oo 


, 


Mme, de Warez , probidaire des fre de 
Hayange et de Moyeuvre, , 

a fait exposer du fer en barres,’ un | foéméa 
économique en fonte, des fers à répaset, pro- 
duit nouveau, des médailles ‘et des ‘basreliefé 
en fonte. du Ÿ très-belle exécution, de la téle 
et du fer-blanc. Les premiers de eés produits ré: 
pondent à k réputation des forges de Hayange ; 
mais les deux derniers doivent l'accroître-encore 
les feuilles de tôle’ont un poli que ce produit n'a 
vait pas encore reçu dans: ce paÿs, ‘et le fer-blanc 
approche par son éclat des fers-blancs anglais ; 
il est:sur-tout:remarquable par sa -ductilité, 


Gite ) 
‘M. de Wendel, peu de temps avant sa mdrt, 
en 1825, fit fondre le minérai au coke dans un 
haut fourneau ; et ce premier essai fut assez heu- 
reux pour qu'on püt espérer de réussir com- 
plétement. Un second essai prouva que le succes 
ne dépendait plus que de l'emploi de matériaux 
assez réfractaires pour résister . à la température 
de l'ouvrage des fourneaux. On a trouvé récem- 
ment ces matériaux , et avant la fin de l'année, la 
fonte obtenue avec le coke entrera pour une 
quantité considérable dans la fabrication. On se 
propose aussi de monter plusieurs machines à va- 
peur, pour suppléer à l’eau dans les temps de sé- 
cheresse : elles seront mises en mouvement par la 
flamme qui s'échappe des fours à reverbère. Les 
forges de madame de Wendel emploient environ 
1700 ouvriers, non-compris les manœuvres et 
les voituriers eu presque tous du pays. Dans 
l'année qui vient de s’écouler, ila été fabriqué, 
malgré une sécheresse extrême, 5 à 6 millions 
de kilog. de fonte, dont 450 000 proviennent 
du fondage au coke, plus de #.000 000. kilos, 
de fer, 14 000 caisses de fer-blanc, 406 000 
kilog. de tôle, non compris celle qui à été éta- 
mée; enfin, trois machines à vapeur, dont une 
de 15 chevaux, et les deux autres de 8 chevans 
chacune. 
L'importance des forges de Hayange est au- 


.Ci4r°) 
dessus de toutes les distinctions que peut dé-. 
cerner la Société. D'ailleurs M. de Wendel reçut 
en 1823 la médaille d'argent ; 1°°. classe. 


M. TROTYARE. > d'Ottange, 
a exposé des bandelettes de fer de diverses di- 


mensions. La Société n ayant reçu aucun docu- 
‘ment, décerne une mention honorable à M. 
Trotyane, pour la bonne qualité de ses produits. : 

M. Antoine Rosenr, de Falck, 


a ‘exposé, comme en 1823, du fer en barres 
très-bon et proprement forgé, des bèches, des 
pelles et des poêles à frire très-remarquables pour 
lexécution. Cette fabrique continue de se mon: 
trér digne dé la médaille d'argent, 1°*°. classe, 
qui i lui a été décernée à la précédente ‘exposition. 


} 


M. | Louis ROHERT ,, de Metz, : 
a, | présenté des produits semblables et compa- 
rables en tout à ceux de lusine de Falck. Ils 
proviennent de ses forges de Remeldorff. Cette 
fois M. Robert n’a exposé que ce qu'il livre ha- 
bituellement au commerce. Aussi, la Société qui 
ne lui avait accordé en 1823 qu'une médaille 
d'argent, 2°. classe , à cause du trop grand fini 
de ses produits. d’échantillon, s’empresse cette 
st de lui décerner une médaille d'argent: s 
classe. + 


Cid) 
Nous pouvons dire que .ces_.deux fabriques 
l'emportent actuellement sur Liége et sur toutes 
les forges des autres départemens. : - : 


Quircaillérie. 0 
‘M, Marueu, “de Bouky, . 


qui a obtenu une médaille d'argent, , 2°. dis. 
en 1823, a exposé cette année un grand as. 
sortiment de quincaillerie , dans lequel on remar- 
que des fleurets qui peuvent soutenir la concur- 
rence avec ceux de Sollingen. Pour le reste, 
la fabrique de M. Mathieu se place au niveau de 

Molsheim, bien:qu’elle ne soit établie que-depuis 
quelques ARR) Gomme une telle industrie :est 
une conquête pour le département. de la Moselle, 

etique depuis 1823 les produits de M. Mathieu 
ont été perfectionnés, la Société croit devoir Iui- 
décerner une médaille d'argent, 1 9. 1e, classe, 
d'autant plus que sut les 30 ouvriers qu 4 em- 
ploie , 10 sont français. © M 


M. Somsonx, de Boulay, 


qui a aussi obtenu une médaille d'argent, 2°. 
classe, en 1823, tivalise pour la quincaillerie 
avec la fabrique précédente , et-comme M. Ma- 
thieu , il'ne fait que commencer. Dans lassor- 
timent présenté par. M. Somborn ; on remarque 
une scie ronde. Ce produit tout nouveau pour 


(143 ) 
- notre: pays, offre de si grands: avantages pour 
le: débit des bois , qu’on: ne saurait trop: enbager 
M. Somborn à en perfectionner. la fabrication : 
les faces de celle qui a été da ee ne sont pas 
parfaitement planes. FRONT 
- La Société décerne une : médaille PRES . 
1'°. classe, à M. Somborn: elle s’est plu à mettre 
cette fois encore sur la.même ligne, les deux 
fabriques de Boulay, parce que toutes deux ont 
fait les mêmes efforts pour accroître et perfec- 
tionner leurs. produits. .. | | 
| Coutellerie. ue 
M. ScHroo, coutelier-mécanicien à Metz , 


est très-avantageusement connu pour la fabrica- 
tion des instrumens de chirurgie. Li 
Il a exposé de grands ciseaux d’un poli et d’un 
éclat remarquables, un trépan d’une très-belle 
exécution, un scarificateur , instrument que . jus- 
qu’à présent, on tirait de Vienne en Autriche, 
et un grand couteau de table dont la lame est 
moitié acier et moitié argent: ces deux rnétaux 
y sont. parfaitement liés. | | 
M. Scaroo mérite , pour la beauté de ses pro- 
duits, une médaille de bronze, 1". classe. 


M. LAmARLE coutelier à Metz, . | 
a exposé un assortiment d'objets de sa fabrica- 
ton, parmi lesquels nous avons -remarqué des 


Ci44) 

feuilles de sauge bien pokes, des: couteaux à 
bascule et un gréffoir portant un écussonnoir que: 
‘ouverture de la lame fait sortir et que la fer- 
meture fait rentrer, au moyen d’une crémaillère. 
cachée dans le manche. | 

M. Lamarle livrant ses produits à des prix 
modérés, la Société lui décerne une médaille 
de bronze, 2°. classe. | 

M. Dusors, coutelier à Metz, 
a exposé divers objets de coutellerie bien tra- 
vaillés, dont les prix ne sont pas très-élevés. 

On a remarqué un instrument pour moucher 
les quinquets, ‘auquel il ne manque plus que 
quelques perfectionnemens pour pouvoir être 
employé facilement. | 

M. Dubois mérite d’être mentionné honora- 
blement. 


} 


Chaudronnerie. 


M. Romxer, de Metz, | | 
a exposé un nd nombre de modèles de moules 
à pâtisserie et à gelées. Cet artiste qui a donné 
à sa fabrication une grande extension , exécute 
très-bien les surfaces les plus Cohnliquéss > © 
surmonte ainsi les plus grandes difficultés de son 
art. Ses produits qui rivalisent pour la beauté 
avec ceux de même nature qu’on tire de la capi- 
tale , les surpassent par la modicité des prix ; aussi 
M. Robinet faitil des envois considérables dans 


145) 

les départemens'et à l'étranger. Il a encore exposé 
_ des appareils pour chauffer de l’eau à l'alcool, 
en très-peu de temps et avec fort peu dè dépense. 
-Nous devons regretter qu'il n’ait pas achevé le mo- 
dèle de baignoire à circulation et’ les nouveaux 
cylindres auxquels il travaille en ce momeni. 

La Société décerne à M. Robinet une mé- 
daille d'argent, 2°. classe. 


M. Dosse-Warier , chaudronnier à Metz. 


L’alambic à bain-marie exposé par M. Dosse, 
a été copié guy celui que le collége de Metz a 


reçu de Paris. Mais avec les mêmes avantages ; 


il a plus de simplicité : le nombre des ouver- 
tures est diminué de moitié, et de simples bou- 
chons peuvent tenir lieu . lut. 

Le corps de pompe exécuté par M. Dosse, 
diffère de ceux qu’on emploie, en ce que les 
soupapes se trouvent logées de toute leur épais- 
seur dans les brides du cylindre. Le piston est en 
cuivre , à clapet et garni d’un cuir qui peut être 
facilement remplacé. M. Dosse se charge de l'en- 
tretien d'un semblable corps de pompe pour 
3 francs par année. | 

Le même fabricant a aussi exposé une colonne 
en cuivre pour support de balances : cette pièce 
est solide et parfaitement travaillée ; on pourrait 
. pourtant désirer des arêtes plus vives au piédestal. 


10 


»* 


(146) 

Enfin, M. Dose confectionrie des supports de ba 

lances à l'usage des pharmaciens-et des confiseurs. 

qu'il livre à 15 p. °/ au-dessous des prix de Paris: 

_ Get habile chaudronnier ayant reçu en 1823 

une médaillé de bronze, 2°. classe, la Société 
Jui en: décerne cette année une de a. classe: 

* Serrurerie. 


M. Tamy, serrurier à Metz, | 


qui reçut en 1823 une médaille de Dons à 2°. 
classe, a exposé plusieurs serrures à garnitures mo- 
biles et à combinaisons, tout à fait mcrochetables, 
même par l'ouvrier qui les a faites; on en a re- 
marqué une qu'il établit au-bas prix de six francs. 
Il'est à désirer que des moyens aussi sûrs, pour 
la fermeture de nos appartemens et de nos meu- 
bles, soient enfin adoptés en France. Cette adop- 
tion est d'autant plus facile que les prix de M. 
Thiry montrent que de telles serrures ne sont 
pas au-dessus de la portée des fortunes ordinaires. 
Cet artiste a fait quelques changemens avanta- 
geux à la serrure de l’ahglais Baron, et ilen 
a perfectionné les détails. Une platine en cuivre 
a été ajoutée par lui à la serrure de Pons, dite 
 Egyptienne. Dans la serrure de Bramabh , il a rem- 
placé les quatre ressorts par un seul. Il a per- 
féctionné quelques détails de la grande serrure 
à combinaisons. Il a inventé une nouvelle ser- 


(187) 
rurée -mbins chère que celle de: Bramah et. qui 
en offre tous les avantages : la construction en 
est simple, l'exécution facile; elle n’a point d’ou- 
verture extérieure . .el lon peut facilement. en 
multiplier les combivaisons, sans en augmenter 
sensiblemént le prix. qui est de 15 à. 20 francs. 

. Une autre serrure de l'invention de M. Thiry, 
et et àpeu près du même prix que la précédente , ne 
‘contient aucün: réssôrt; cependant elle est tout 
atissi. incrochetable que les | sssnn) La clef 
est brisée . et: tés portative. | 
_ Le même artiste a aussi exécuté un re qui 
surpassé, par la simplicité de sa construction , tous 
les cadenas. à combinaisons , et qui offre plas de 
sûreté. Enfin, il a imaginé un gond mécanique 
qui permet de supprimer les tourniquets et. les 
crochets destinés à tenir ouverts les contre-vents 
. Jes persiennes. 

: Pour donner à M. Thiry à une e preuvé du cas 
que la Société fait de ses travaux et de ses idées 
ser l'amélioration des serrures , il lui est décerné 
une médaille d'argent 2" Cr | 


Un anonyme 


à exposé une filière dont les deux parties sont 
également pressées sur tous les points, par une 
plaque, contre les biseaux qui les supportent. 
Il en résulte qu’en desserrant les vis qui fixent 


(148) 
les coussinets, on peut introduire un .cône dans 
le trou dela filière, et former un taraud conique, 
aussi facilement qu'on obtient un taraud cylin- 
drique , .en maintenant les coussinets à une dis— 
tance constante l'un de l’autre. 

Un vilbrequin dans -lequel ka vis de pression 
est remplacée par une clef de clarinette à tenon, 
est dû au même artiste. Le tenon s'engage dans 
une coche faite sur la tête de la mèche, et cette 
“mèche peut être placée et retirée avec k plus 
grande promptitude > Sans que cela nuise en rien 
à sa fixité. - 

Nous recommandons ces deux inventions in- 
génieuses à l'attention des ouvriers et des artistes. 


% 


M. Hiserre ; Prin à 
Metz, 


a exposé une cheminée en tôle, dont la forme 
élégante , le poli et les eiselures sont dignes du 
talent reconnu de cet artiste. 

M. Hisette en sa qualité de membre agrégé 
de la Société, s’est retiré du eoncours. 

La Société regrette que les serruriers en voi- 
ture n'aient pas exposé de leurs produits; cette 
industrie , si elle était connue, pourrait devenir 
très-étendue, car les connaisseurs trouvent les 
ressorts qui se fabriquent à Metz, aussi bien con- 
fecüonnés que ceux de Bruxelles et de Paris. 


(149) 

M. Lamerz, éperonnier à Metz, 
est le seul qui ait établi en grand dans notre dé- 
partement , une fabrique du genre de la sienne. 
Ses mors et ses étriers sont très-bien travaillés. 
Nous ferons remarquer sur-tout l’étrier quis’ouvre 
par une faible traction , et qui met ainsi le cavalier 
tombé de cheval à l'abri d'un bien plus grave 
accident. | 

M. Lametz mérite une médaille de PponRe: 2 
2°. classe. | 
‘M. DannasetM. Leciate, potiers d'étain à Metz, | 
ont présenté divers objets de leur fabrication ; 
particuliérement des mesures de capacité bien 
travaillées. , | 

M. Leclerc a ui en outre des couverts 
d’une composition particulière, moins pliante que 
l'étain et plus solide ; ils ont une forme assez 
agréable. pi ‘ | 

M. François fils  ferblantier, ru rue des Jardins, 

a Metz, 


a exécuté une fontaine de Héron à laquelle 
a donné la forme d'une colonne. Il en résulte 
un jet d’eau d'environ neuf pouces de hauteur, 
qui dure à peu près dix minutes. Nous conseillons 
à ce jeune ouvrier de faire plus d'attention une 
autre fois au rapport qu'il doit y avoir entre une 
colonne et l'objet qu'elle supporte. Le vase de 


Ça5a ) 
tôle qu'il a exposé est l'œuvre d’un ferblanter 
adroit et fort exercé dans son art. 


” La Société lui accorde une mention honorable: 
M. More, de Longwy; 


a exposé un assortiment de pointes de t toutes 7 
dimensionis. Celles qui sant déstinées à l'applica- 
tion du fer ont le défaut ordinaire de cette sorte 
de produit, c ’est-à-dire des bavures au-dessous de 
la tête, qui forcent-à faire les trous plus grands 
et nuisent à la solidité de la pose. … 

Ce. défaut -provient de ce que les tenaillés : 
gu'emploïent les fabricans, ne joignent jamais bien. 


‘M. LecowTE FI menuisier, à Metz, 


TER MT 


a exposé uû matelas élastique, composé de res- 
sorts en bondins et pouvant remplacer ceux qui 
sont en laine et en crin;. € genre de matelas 
commence à être recherché. ..: à 

M. Demsour , joaillier à Me, 
est le seul de nos artistes en bijouterie qui : ait ex- 
posé. ll est cité pour une couronne enrichie de 
pierres Re , dont le travail parait soigné. 

=, SECTION SIXIÈME, 


| "RACE ET INSTRUMENS, BROSSERIE , CANKES ; 
e | * ÉBÉNISTERIE. * 


i 


M. Carr, tourneur à Metz ; : d 
a expos un tour en l'air trés-bien travaillé , dui 


{a51) 

porte une pièce à excentrique et un guide pour 
la confècton des vis’ de tous pas. M. Ghaty donne 
ce guide pour être de son invention. Cette pièce 
est simple et a des avantages sur les vis diréc- 
trices ordinairement employées,‘ . 

La Société, considérant en outre que M. Cha 
exécute avec précision tous les produits de’ son 
art, lui décerné une médaille de brome ) 
dau. . CR 


M. Frésez, de Metz, 


a exposé une romaine de son invention : qui 1 
nomme Levier-Hercule , et un, trébuchet très- 
soigné et très-sensible. Il a été constaté à k phar- 
macie de l’hôpital militaire, que ce trébuchet 
accuse un six-centième de grain. Quant à la 
romaine, elle est exempte des mconvéniens que 
présente ordimairément cette sorte de machine : 
l'usage en est fort commode. : 

M. Frésez, déjà cité en 1823, pour une balance 
à leviers coudés , mérite cette ue une ment 
tion nor. MMA 1 Den 


- 


M. FRENT2, ébéniste : à Met, 


qui en 1823 a obtenu une médaille oo. ve 
classe, pour la perfection de ses feuilles de pla- 
cage sciées au moyen d’une machine exécutée 
par lui,a exposé cette année une jalousie mé- 
sanique d'une construction ingénieuse.: une ma- 


( 152 ) 
nivelle fait mouvoir deux chaines sans fin de 
Vaucanson , et élève ainsi successivement. toutes 
les feuilles ; il suffit de tourner un bouton , pour 
les faire retomber instantanément , et de pousser 
une tringle pour obtenir plus ou moins de jour. 
Enfin, M. Frentz adapte aux montäns, deux 
tringles pivotantes en bois qui, en serrant les 
feuilles les unes contre les autres, change la ja- 
lousie en un véritable volet et la maintient contre 
les efforts du vent. 

_ La Société ayant appris que divers proprié- 
taires trouvent la jalousie de M. Frentz d’un bon 
usage, décerne à cet artiste une mention ho- 

norables | 

M. Cou ;. charpentier, à Metz, 

a exposé les dessins d’un pressoir qu'il a exécuté 

à Lessy. La première idée de cette espèce de 
pressoir est due à M. Jaunez, ancien ingénieur 
de la ville de Metz. M. Collin y ayant ajouté 
quelques perfectionnemens, mérite d’être men- 
tionné honorablement. 


M. BasTien ainé, serrurier à Metz . 


reçut en 1823 une médaille de bronze, 2°. classe. 
Cette fois il a exposé un soufflet à courant continu: 
dont la tête est en fonte et qui présente quelques 
_ dispositions nouvelles et avantageuses. M. Bastien 
se propose d'établir une fabrique de divers objets 


(153) , 
enfer, où À fera confectionner un grand node 
de soufilets pareïls à celui qu'il présente et dont 
les prix seront trés-modérés. | 

La Société décerne à M. Bastien , une mention 
honorable. 


M. Humenr , horloger à Met , 


a a exposé un chronomètre exécuté d’après celui 
de M. Lenormand, et marquant les minutes et 
les heures. 
La Société regrette que cet objet soit parveny 
trop tard pour pouvoir être examiné. 
M. Beni, fabricant d'instrumens de phy- 
sique à Mét, 
a exposé des thermomètres, des baromètres de 
diverses espèces, et un alcoomètre. L'habileté 
et les connaissances de cet artiste . le nombre et 
la précision de ses produits méritent qu'il lui soit 
décerné une médaille de bronze, 1°. classe. 
Instrumens de musique. 
, M. Leroy, de Metz, 
a SE es plusieurs instrumens à vent: 
1°, Une clarinette en si bémol, en ébène et 
à tree clefs. 
Cet instrument a été jugé bon et bien exécnté. 
_ Une clef brisée sert à donner le la pl et 
le la dièze. 
20 


(154) 

2°. Deux flûtes: l'une en ivoire , à six clefs et 
garnie en argent , l'autre en grenadine lies 
également six clefs. 

La flûte en ivoire, à laquelle M. Labs a donné 
une perce qui lui est particulière, rend des sons 
faciles, purs et moelleux. La flûte en grenadine, 
fabriquée dans le genre des flûtes de prix de 
Paris, n'a pas été jugée aussi bonne. 

3°. Une petite flûte ou octave en ébène. Les 
six clefs que porte cet instrument, sont plutôt 
une difficulté vaincue qu’un résultat utile. 

4°. Un flageolet d'orchestre en ébène, bon 
et bien exécuté. 

5°. Un basson à douze clef , dont trois ont 
été ajoutées par M. Leroy qui a aussi apporté 
quelques changemens aux autres. Cet instrument, 
dont le doigté tout particulier exige une habitude 
que tout le monde ne peut avoir, n’a pu être 
essayé comme on l’aurait désiré. | , 

M. Leroy, qui a commencé par être un bon 
musicien, est regardé comme l’un des meilleurs 
fabricans d’instrumens à vent de province; et 
la Société a vu en lui un artiste habile dont l’in- 
dustrie doit affranchir la ville de Metz du tribut 
qu'elle paye aux fabricans de Paris. Déjà les 
musiciens de régimens, très-nombreux ici, trou- 
vent auprès de lui toutes les ressources qu’ils 
peuvent désirer , soit pour. des instrumens neufs, 


(155 ) 

soit pour des réparations. - Il est à désirer que 
MM. les amateurs, renonçant au préjugé trop 
généralement et trop facilement admis, qu'on 
ne fait rien de bon en province, mettent M. 
Leroy, par leurs demandes, dans le cas de jouir 
des. avantages: qu'il mérite. Ce fabricant garantit 
ses instrumens ‘pendant .trois mois, et ses -prix 
sont d'un tiers au-dessous de ceux de Paris. 

.… La Société lui décerneune médaille de sui des 
1" classe. ce | .. 


M. Rerren , de Met, 


qui a obtenu en 1823 une mention honorable 
pour un très-bon piano , en a exposé cette année 
un autre qui a été trouvé supérieur pour la netteté 
‘ des sons et pour les accords. M. Reiter est un 
excellent facteur d’instrumens à cordes, dont la 
réputation n’est pas aussi étendue qu'il le mérite. 
Cependant. il commence à être connu dans les 
départemens voisins. 

Cet artiste aurait obtenu une nouvelle he 
tion, si la Société n’avait pas été forcée de fixer 
le nombre des médailles. | 


M. THarRioN, de Met : 


a exposé un ‘harmonica à touches. Elles sont 
disposées comme celles du piano. 


(156 ) 
M. Care, luthier à Meur, 


a exposé une guittare qui a paru bien confec- 
tionnée. 


M. HENRY, de Metz, 


a exposé des cornets de chasse Hénin exécutés. 
Ces instrumens sont fort recherchés. La Société 
aurait décerné à M. Henry une distinction parti- 
culiére, s'il eût fourni quelques renseignemens 
sur sa fabrication : elle lui accorde une mention 
honorable. 


MM. Méro père et fils, de Metr, 


ont exposé un grand assoitissement de brosses. 

_ L'étendue de la fabrique de MM. Mélo, qui 
emploient 100 ouvriers, la perfection de tous 
leurs produits et la nouveauté des formes de quel- 
ques-uns, rendent ces fabricans toujours dignes 
de la médaille d'argent, 1°. classe , que la 
Société leur a décernée en 1823. | 


MM. Mony frères, fabricans de cannes, à Metz, 
ont obtenu en 1823 une médaille de bronze, 
1"°. classe. Depuis cette époque, ils ont non- 
seulement perfectionné leur fabrication , mais ils 
Pont encore augmentée de celle des crosses pour 
parapluies et ombrelles, dont plusieurs modèles 
sont sculptés avec goût. Tout ce qui concerne 


( 157) | 
ces articles se confectionne dans leurs ateliers, 
où 5o ouvriers sont continuellement occupés. 
MM. Mory emploient aussi des ouvriers externes. 
Ils produisent au moins 200 sortes de cannes 
et annuellement plus de {oo mille pièces et 5o 
mille crosses de parapluies, pour lesquelles ils ont 
de nombreux débouchés à l'étranger et à Paris 
. ils ont un dépôt. Une médaille d'argent 
°, classe , leur est décernée. 


M. Picaon , marchand de meubles à Met, 


a exposé un secrétaire d’un travail très-soigné. | 
Cet échantillon des beaux meubles que M. Pichon 
tient en magasin, prouve que ce fabricant sur- 
veille avec soin les oùvrages qu'il fit exécuter. 
Mais on a observé que le tiroir de la partie su- 
périeure, dont la réunion au corps du meuble se 
fait sur angle, ne peut présenter dans ses on- 
glets, une solidité qui leur assure une longue durée. 


M. Mauvars, menuisier-ébéniste , à Metz, 


a exposé une porte ordinaire , des feuilles de pla- 
cage , un cadre doré d’une construction nouvelle, 
et une console qui sert en même temps de table 
à jouer. Ces divers objets sont exécutés avec goût 
el précision. 


. M. Farvre, menuisier à Metz, 


a présenté des règles et des équerres hien soignées 


( 158 ) 
et très-justes , mais dont les prix pourraient être . 
* moins élevés, si, comme cet artiste l'annpnce, 
elles sont fabriquées à l’aide d'une machine. Nous 
conseillons aux artistes l’üsage de ces mstrumens 
qui méritent d’être mentionnés honorablement. | 


M. GRAVE  tourneur', rue des Capucins à Metz, 


apr ésenté deux chaises en bois de cerisier d'une 
parfaite exécution. Elles sont empaillées avec 
le plus grand soin :. le dessous est aussi bien 
soigné que le dessus. Le bois a un poli et un 
lustre qui ne laissent rien à désirer, et chose 
importante , le vernis qui le recouvre peut sup- 
‘porter le lavage à l’eau chaude. L'une des chaises 
a une forme toute nouvelle de l'invention de 
M. Grave. Ce fabricant a formé à Trèves, de- 
puis. sept ans, un second établissement d’où il 
fait des envois à l'étranger. 

La Société lui décerne une médaille debronse, 
2°. classe. 

M. GussE, tourneur à Metz, 


a exposé deux chaises très-bien travaillées. La 
Société lui décerne une mention honorable. 

M. Braum et M. Micue , tourneurs à Metz, 
ont exposé des chaises et des fauteuils qui sont 
travaillés avec soin et solidité, mais qui pour 
raient être mieux empaillés. 


( 159 ) 
SECTION SEPTIÈME. 


PAPIERS, IMPRESSIONS, RELIURE, €tC. 


M. Gautier, de Mets, 


a fourni d’amples renseignemens sur la fabrique 
de papiers peints qu’il a achetée de M. Levasseur, 
à la fin de 1822. On voit par ce mémoire que 
cet actif fabricant est parvenu , en n’épargnant ni 
soins ni dépenses, à se faire de nombreux cor- 
respondans en France, à Paris même et à l’é- 
tranger : ses Droduis sont exportés jusqu’ en 
Amérique. Îls se montent, pour cette année, à 
63 000 rouleaux et 2 000 devants ou dessuë de 
cheminée, objet qu’on ne fabriquait pas à Metz. 
M. Gautier confectionne tous les genres de papiers 
peints et particulièrement le papier surfin irisé pour 
lequel il obtint une mention honorable en 1823. 
_ 11 fabrique aussi le velouté sur velouté de toutes 
les dimensions. L’échantillon exposé peut faire 
juger de la perfection à laquelle il a porté cette 
production difficile et dispendieuse. C'est le com- 
merce français qui lui fournit toutes ses matières 
premières, et autant qu’il le peut, il les prend 
dans notre département et dans Metz. Ses ouvriers 
sont au nombre de 73 et presque tous de cette 
ville. Ses prix sont généralement modérés. 


( 160 ) 

M. Gautier mérite, pour l'extension qu'il a don- 
née au commerce des papiers peints et pour les 
perfectionnemens qu'il a introduits dans sa fa- 
brication, une médaille d'argent, 2°. classe. 


M. Dumouux , de Metz, 


dirige une fabrique de papiers peints qui a aussi 
une grande importance. Comme celle de M. 
Gautier, elle exporte à l'étranger et jusqu'en 
Amérique ; elle fournit douze détaillans de la 
capitale. Les ouvriers au nombre de 60, sont 
de Metz ou des environs. Les matières premières 
proviennent en grande partie du département. 
Les produits annuels se montent à 80 mille rou- 
leaux environ, et ils sont livrés à 25 p. °4 au- 
dessous des prix de Paris. | 

M. Dumoulin a exposé un papier velours cra- 
moisi d'une belle teinte, et des papiers irisés 
d'une grande fraicheur. | 

La roue lui décerne une médaille d’ar- 
gent, 2°. classe. | 

MM. Gautier et Dumoulin qui se se trouvent + obli- 
gés de tirer leurs dessins de Paris , se sont ren- 
contrés dans les vœux qu'ils nos pour que 
les dessinateurs de Metz puissent désormais leur 
en fournir. Cette industrie serait très profitable, 
et leverait l'obstacle qui s'oppose aux progrès de 
nos fabriques de papiers peints. 


(16r } 
M. Verronnais, imprimeur à Metz, 


a exposé plusieurs 'ouvrages dont il est l'éditeur. 
L'impression des’ petits ouvrages in-32 , relatifs à 
à l'art militaire, nous a paru soignée ; ae fait 
honneur à M. Vérone 

Un registre des mouvemens de marchandises : 
destiné aux négocians, est. d'une belle exécution: 
les filets en sont parfaitement droits et parallèles. 

La Société décérne une mention honorablé 
a M. Verronnais. 


M.  DHERGLONVELLE , relieur à Metz, 


a offert , par un livre d'échantillons , une preuve 
de la solidité qu’il donne à ses rires et de la 
modicité de ses prix.. 


SECTION HUITIÈME. 


BEAUX ARTS. 


M. Marécuar, de. a 


a exposé deux portraits à à l'huile et un tableau 
d'histoire représentant Job, dans lesquels se 
montre un talent très-remarquable , bien que le 
dernier soit le coup d'essai d’un jeune artiste qui 
n’a peut-être pas apprécié toute la difficulté d'un 
pareil sujet. Tout en reconnaissant que la dra- 
perie qui couvre Job ne fait point assez sentir 
21 


( 162 ) 

le nu, et qu'on pourrait désirer que la tête de 
ce vieillard füt un peu plus modelée, nous de- 
vons louer la manière ferme dont quelques par- 
ties sont traitées . le sentiment de résignation qui 
règne daps la figure principale, la hardiesse avec 
laquelle l'autre est dessinée , enfin la naïveté et 
la simplicité. de l'exécution générale, qualités qui 
semblent distinguer le pinceau de M. Maréchal. 

La Société désirant encourager la culture des 
beaux arts dans notre cité, décerne à M. Ma- 
réchal, une médaille d'argent, 1". classe. 


M. GRAvELOTTE, de Metz, élève de M. Dupuy, 


a exposé un tableau dont le sujet est pris darÿ 
la fable intitulée le Loup et lAgneau. Cette 
copie fidèle d'un trés-joli tableau appartenant 
à la ville, nous a paru digne d’une mention 
honorable. 

M. LasROUE, peintre à Metz, 
a présenté plusieurs portraits en miniature, dont 
l'exécution soignée et sur-tout la parfaite ressem- 
blance, méritent les plus grands éloges. On re- 
proche à M. Labroue un coloris tirant un peu sur 
le violet ; il doit peut-être ce défaut à ce qu'il tra- 
vaille trop sans avoir le modèle sous les yeux. 

La Société lui décerne une mention hono- 
rable. EL 


( 163 ) 
M. Lousr, à Metz, 


_a exposé Pa tableaux de fleurs à la gouache, 
qui présentent une vivacité de couleurs et un fini 
trés-difficiles à obtenir dans cegenre. 


M. Dernance, de S'.-Julien., près de Meu, 


a présenté des fleurs à laquarelle , qui nous ont 
paru peintes avec soih et fidélité. 


M. Lasmoue mère, à Metz. 


Les esquisses de cette dame sont remarquables 
par le piquant et l'originalité de la composition. 


M. Monrranr , de Metz, 


à envoyé des ds qui, étant arrivés wop 
tard, n’ont pu être examinés. Er 


M. Denis, sculpteur à Metz, 


areçu en 1823 une médaille de bronze, 2°. classe. 
‘Il paraît digne dé la même distinction cette année- 
ci, pour des ornemens d'architecture en terre . 
cuite, bien exécutés et à bas prix. La matière 
-est d’une dureté qui surpasse celle du mastic 
de M. Beunat. 

M. Denis a présenté aussi des bas-reliefs et 
des statues pour les jardins. Les proportions pour- 
raient ÿ être mieux observées; mais peut-être | 
ce défaut provient-il du retrait mégal que prend 
en séchant la terre employée. 


(.164 ) 

Enfin, le même artiste a exécuté récemment 
sur des maisons particulières, des bas-reliefs en 
pierre, auxquels les connaisseurs accordent du 
mérite. : : : : 

M. Jacquin , employé chez MM. Mory frères, 
a exposé un christ en ivoire... dont l'exécution 
est soignée; elle dénote dans cet ouvrier une 
longue habitude de la sculpture ; il ne lui manque 
que des connaissances théoriques et l'étude des 
beaux modèles. pour devenir un habile-artiste. 
M. Macue, de Metz , graveur à Paris. 

M. Mague, élève de M. Dupuy, n’oublie point, 
quoiqu'il exerce ses talens sur un grand théâtre, 
que c’est à Metz qu'il a fait les premières études 
de son art : il a envoyé à l'exposition une gra- 
vure dont les hachures sont d’une. hardiesse et 
d'une pureté remarquables. Nous ne pouvons que 
mentionner. honorablement ce. jeune ‘artiste, 
déjà si habile, puisqu'il n’habite plus notre dé- 
partement. | | 


M. Demsourcet M. Toussainr, graveurs à Metz, 


ont exposé, le premier des cachets.et des plan- 
ches de machines ; le second des adresses et une 
calligraphie de M. Scheid. Tous ces objets sont 
fort bien gravés. On a: bien remarqué quelques 


( 465 ) 
erreurs de perspective dans les planches de ma- 
chines , mais il est probable qu elles his) 
des dns originaux. 
La Société juge ces deux habiles. artistes tou- 
jours dignes des mentions honorables qu'ils ont 
obtenues en 1823. | 


M. Remaun , horloger à Thionville, ; 


a exposé des € gravures en taille douce, représen- 
tant des monnaies de Metz et du royaume d’Aus- 
trasie. Ces gravures qui font partie d’an ouvrage 
de numismatique de notre collègue M. Teissier, 
sous-préfet de Thionville, doivent être jugées 
avec nan , puisque M. Renaud déclare 
qu'il n’a jamais eu de maitre. Le mérite du burin 
‘de cet artiste consiste dans la fidélité avec laquelle 
Hd a représenté les monnaies qui ont servi de mo- 


dèles. 
M. Hussenor, graveur sur bois à Metz, 
a exposé des planches dont les sujets pourraient 
être mieux choisis, mais dont buis aus est très- 
remarquable. 

La Société le juge digne d’une mention re 
norable, comme en 1823. 


MM. Dupuy et TAvERNIER , ne 


graphes à Metz, 
ont donné une. grande extension à leur litho- 
graphie : deux presses sont maintenant en ac- 


* 


( 166 ) 
tivité constante, et pour sufhire aux commandes 
qui sont faites, tant de Meiz que de divers. dé- 
partemens voisins, le nombre des dessinateurs 
va être doublé. 

Parmi les lithographies. exposées, on remarque 
surtout une planche représentant des ruches 
d’abeilles , des portraits fort ressemblans et des 
figures de géométrie qui approchent beaucoup 
de celles que produit la gravure. Jusqu'à présent 
la lithographie n’avait pas encore , en province, 
offert une aussi grande pureté dans les lignes fines. 

La Société applaudit aux succès de MM. Dupuy 
et Tavernier, et déclare qu'ils obtiendraient une 
des premières distinctions s'ils n'étaient pas. au 
nombre de ses membres agrégés. 


Telest, messieurs, le résultat de nos travaux. 
Isauraient pu avoir plus détendue, si plusieurs fa- 
bricans et plusieursartistesn'avaient pas tardé trop 
long-temps à exposer leurs produits ou à nous 
‘fournir les renseignemens dontnousavions besoin, 
et si l'on ne s'était pas abstenu de nous adresser 
les produits de plusieurs branches d'industrie. 

Notre département verse annuellement près 
de 1 500 000 aunes de toile dans le commerce ; 
il eût été important de faire connaître cette fa- 
brication qui entretient l’aisance dans les cam- 
pagnes. | | a | 


6 167 ) 

Nous serons , messieurs : assez récompensés de 
nos soins , si vous daignez honorer notre travail 
de votre approbation; et nos vœux comme les 
vôtres seraient comblés, si cette fête de l'industrie 
donnait une nouvelle ardeur à nos artistes et 
à nos fabricans, pour leurs utiles et honorables 
travaux. a 


( 168 ) 


PPS SEINE SRE NE SPP 


CICULAIRES 


Adressées par la Société à MM. les Fabri- 
cans et les Artistes du département de la 
Moselle. - | 


MonsIŒur, 


Uxe exposition des produits de l’industrie dé- 
partementale eut lieu à Metz en 1823, par les 
soins de la Société des lettres, sciences et arts, 
et d'agriculture. Elle a prouvé que les ressources 
industrielles de notre département étaient dès- 
lors bien au-dessus de l’idée qu’on s’en faisait. La 
Société, tout en voulant se tenir dans une sage 
réserve, reconnut tant d’inventions utiles, de 
fabrications nouvelles , de perfectionnemens dans 
les anciennes, de produits excellens, quoiqu'à 
des prix modérés, qu’elle fut entraînée à dis- 
tribuer 10 médailles d'argent de première classe, 
10 médailles d'argent de deuxième classe, 11 mé- 
dailles de bronze de première classe, 11 mé- 
dailles de bronze de deuxième classe, et à faire 
un grand nombre de mentions honorables. Ce- 
pendant le projet d’instituer une exposition à 
Metz, n'avait précédé que de deux mois l’épo- 


(169 ) 
qué où se fit celle de 1823. Un grand nombre 
de nos artistes et de nos fabricans regreitèrent 
vivement que le temps leur eût rDanqué ; et 
presque tous exprimèrent le. désir qu'une nou- 
velle exposition vint promptement les mettre à 
même de faire connaître complètement au pu- 
blic l'étendue et les résultats de leurs travaux. 

Pénétrée des avantages que les expositions pro- 
curent à l’industrie et au commerce ; et de l'in- 
fluence qu’elles exercent sur la (rtane et le 
bonheur des peuples , la Société académique de 
Metz désire répondre en 1826 au vœu de MM. 
les manufacturiers et de MM. les artistes. Ce 
projet a reçu la sanction de M. le préfet de la 
Moselle et de M. le maire de Metz, qui se mon- 
trent toujours favorables aux entreprises propres 
à faire croitre la prospérité de leurs administrés. 

La Société a donc l'honneur de vous prévenir, 
Monsieur, qu’au mois de mai prochain, pendant 
la foire de Metz, les produits de l'industrie se- 
ront exposés dans les salles de l'hôtel de ville. 
Elle espère que vous contribuerez à donner de 

l'importance et de l'éclat à cette solennité, en y 
présentant quelques-unes de vos Po don 

Vous voudrez bien vous rappeler, Monsieur, 
que la Société, loin de demander de véritables 
chef-d'œuvre fabriqués à grands frais, désire au 
contraire qu'on lui envoie les produits habi- 

| 22 


(179 ) 
_tuels, tels qu'ils sortent des ateliers pour. être 
livrés au commerce, et qu’elle regarde les objets 
d’un usage commun et général, comme méritant, 
quand ils sont bien.fabriqués et à bas prix , autant 
d'intérêt pour le moins que les produits précieux. 

Un rapport sur les.objets. présentés sera lu dans 
la séance générale que tiendra la Société pen- 
dant l'exposition. Ï} sera ensuite imprimé.et ré- 
pandu dans le public. À la mêtne séance, on 
décernera les médailles d'encouragement... 

En publiant un rapport, la Société. a. pour 
but, non-seulement de rendre hommage à l'in- 
dustrie , mais encore de réunir les élémens d’une 
statistique industrielle du département. Vous.sen-- 
tirez sans doute , Monsieur, tout ce qu'un. .pareil 
projet. reuferme d’utile pour le commerce et les 
manufactures, et vous ne refuserez ue de con- 
courir à son. exécution. 

Nous avons, Monsieur , l'honneur de vous sa- 
luer avec considération. 
Metz, le 15 septembre 1025. 


. BERGERY, Président. | 


PONCELET > TAILLEFERT, Avspacx, Emile 
BoucHoTTE, AlMé , Graver, Dupuy, Membres 
_de la commission chargée de.tout ce qui con-. 
cerne l'exposition, 
DEVILLY, Secrétaire. 


ALL 


SECON DE CIRCULAIRE. 


… Monastr, 


: Nos avons eu l'honneur de vous adresser re 
lativemient à l'exposition de 1826, une premiére 
cirèuläire en date du 15 septembre 1825. Celle-ci 
a pouf but principal de vous donner tous les ren- 
seignérnens qui vous sont nécessaires, si comme 
“ous n’en déutons pas, vous voue concourir à 
cette solennité, 

‘Les formalités que vous aurez à à temple, se 
réduisent à deux: | 

1°. Adressér vos envois frants de port, du 
6 au 20 avril préchain , aù concierge de l'hôtel 
de ville, soit directement, soit par l'éritremnise 
don correspondant ; 

3%. Joiñidre À éës envois une note indiquant 
les produits éxpédiés ét’ le prix de chacun. 

L'exposition aura lieu dans les grandes salles 
de hôtel de ville. Elle commencera le 1°". 
mai, er même temps que k foire dé Metz, et 
séra close le 15 par là séance publique, dans 
laquelle la Société fera lire le rapport sur les 


( 172 ) 
objets exposés, et décernera les médailles d'en- 
couragement. 

‘Soyez assuré , Monsieur , que le plus prié soit 
sera pris de tout ce que vous présenterez, et qué 
remise fidèle vous en sera faite aussitôt après a 
clôture de l'exposition. Vous pourrez au reste 
surveiller vous-même vos produits ou les faire 
surveiller par quelqu'un de confiance. 

La Société recevra avec reconnaissance , tous 
les renseignemens que vous voudrez bien lui 
donner sur votre fabrication , mais elle ne vous 
prescrit rien à ce sujet. Toutefois. elle croit de- 
voir vous prévenir qu’elle ne pourrait vous citer 
qu'avec beaucoup de réserve ; si elle n’obtenait 
pas les documens suivans : 

1°. Époque du premier établissement ; exten- 
sion, perfectionnemens, état actuel des travaux, 
accroissement qu'ils peuvent encore recevoir ; 

2°. Nombre des ouvriers employés, et leur 
origine ; 

3°. Lieux d'où se tirentles matières premières; 
quantité annuellement consommée ; quantité des 
objets fabriqués et livrés au commerce; 

4°. Lieux de dépôt et prix de vente. 

: Veuillez donc faire remettre avant le 20 avril, 
à M. Renault, secrétaire-archiviste, place Chappé, 
n°. 3, une notice qui réponde à toutes ces 
questions. | 


(173) 
Nous avons, Monsieur , l'honneur de vous sa- 
luer avec considération. 


Metz, le 1°. mars 1826. 


 BERGERY , Président. 


PonœEuET )  TANLLEFERT : AnsPACH , Emile 
Boucuorte, Aimé, Graver, Dupuy, Membres 
de la commission chargée de tout ce qui con- 
cerne l'exposition. 


RENAULT, Secrétaire-Archiviste. 


(1734 ) 


PROGRAMME. 


Des questions proposées | par la Société À 
pour les concours de 1827. 


PREMIER PRIX. (Ada d’or de Bon fr. ) 


Déterminer la sbuibe que Soie une eau 
courante, en amont d'un barrage. 


Liosoces barrage établi au travers d’un cours 
d'eau, n’interrompt pas l'écoulement. la surface 
du liquide supérieur n’est plus de niveau. Elle 
présente une courbure telle que si on la coupe 
par un plan vertical parallèle à l'axe du lit, la 
section est une courbe dont la convexité se trouve 
tournée vers la terre, qui s'élève continuellement 
à mesure qu'elle s'éloigne du barrage , qui est: 
touchée à son extrémité inférieure par une ho- 
rizontale, et qui a pour asymptote la ligne de 
pente primitive. On propose de déterminer par 
expérience et dans le cas le plus’ simple, la 
forme de cette courbe. Ainsi, les concurrens sup- 
poseront que le cours d’eau présente la même 
section transversale et la même pente dans toute 


( 195 ) 
sa longueur. Mais ils devront considérer diverses 
sections transversales. et diverses pentes. lier au- 
tant qu'il sera possible, . les résultats de Pexpé- 
rience par la théorie, et fournir au. moins des 
formules d’une facile application. 


DEUXIÈME PRIX. (Médaille d'or de 200 te.) L 


Aucun des mémoires présentés. en 1826 sur 
la question suivante, n'ayant: obtenu le. lis 3 la 
société la propose. de nouveau. 


Quel est le système d'études publiques le 
plus propre à rendre la France riche et 
_ Puissante! P | 


Un peuple, rival . la France, s'efforce de 
rendre vulgaires les principes et les méthodes 
des sciences : il a senti que l’industrié est le prin- 
cipe vital des nations, et il a reconnu que lin- 
dustrie doit aux sciences sès plus grands moyens. 
Mille faits nous montrent que sa richesse et sa 
puissance, on pourrait même dire son bonheur, 
croissent progressivement à mesure qu'il s'éclaire. 
En est-il de même pour là France? Le système 
actuel des études littéraires et scientifiques peut- 
il la mettre en état de s’éléver au niveau de 
lAngleterre? Ne reitreint-il point l'extension de 
l'industrie? Est-il propre à former l’ouvrier , l'ar- 
tite, l'agriculteur, le commerçant et le manu- 


_ (a76 ) 

facturier? Peut-il fournir à ces hommes, qui sont 
la vraie force des états, toutes les connaissances 
dont ils ont:besoin? Doit-on substituer à ce sys 
tème, qui nous.a fait sortir de la barbarie et qui 
nous a maintenus si long-teraps à la-tête de Ja 
civilisation , un autre système moins littéraire et 
plus scientifique? Les moyens intellectuels de l’en- 
fance permettent-ils de le faire? Dans le cas de 
l'affirmative , quel devrait être le programme gé- 
néral de l’enseignement? Quel devrait être le 
_ programme particulier de chaque année d'étude, 
l'enfant étant pris au moment où il sait lire, 
écrire et compter? Quels seraiént enfin pour toutes 
les classes de la Société , relativement aux mœurs, 
à la fortune-et au bodlieur., les résultats probables 
du système scientifique ? 

Telles sont les questions principales que les 
concurrens auront à résoudre , en observant tou- 
tefois que l’éducation religieuse et politique 
doit être conservée telle qu’elle existe aujour- 
d'hui dans nos collèges, et que la littérature 
nationale est une partie essentielle des -études, 
chez un peuple appelé à discuter ses lois. 


La Société propose encore aux recherches 
des hommes instruits et observateurs, plusieurs 
sujets d’un intérêt particulier au département de 
la Moselle. 


(Ci 
Littérature, Archéologie, Histoire. | 


1°. Examen raisonné des monumens Gaulois ou 
Romains , du moyen âge et des temps postérieurs, 
tant de ceux qui sont déjà connus. que des 
nouveaux qu'on pourra découvrir. 

2°. Tableau des changemens successifs qu’a 
éprouvés la ville de Metz dans son étendue, son 
emplacement , son enceinte , la direction de ses 
rues: disposition des édifices, leur destination, 
leur plan, l'époque et le mode de leur. cons- 
truction, etc. | 

3°. Description des mœurs, des coutumes, 

des usages, des instrumens, de la manière de 
se nourrir et de se vêtir, etc. des anciens ha- 
bitans de ce pays. 

4°. Notions sur leur La à différentes € épo- 
ques, et sur les ouvrages écrits dans cet idiome. 

5°. Tableau de l’état des sciences et des arts 
dans le pays messin, depuis le douzième siècle, 
jusqu’au seiième inclusivement, établi d’après 
les monumens et les faits tirés de Fhistoire ou 
des chroniques. | 

6°. Notices biographiques su sur ceux des hom- 
mes du pays messin qui se sont illustrés dans les 
sciences, les lettres, les arts, etc., etc. 


Géologie, Topographie, Statistique. 
7°. Gisement des minéraux et des fossiles, — 
23 


, 


( 178 ) | 

Carrières de pierres à bâtir. — Carrières d’albâtre, 
de pierres propres à la lithographie, etc. , etc. 

8°. Rectification des cartes topographiques, 
soit par de nouveaux plans plus exactement levés. 
soit par le signalement d'erreurs anciennes. — 
Hauteur exacte des montagnes au-dessus du ni- 
veau de la mer et du lit de la Moselle. — Étendue 
des plateaux et des plaines, pente des coteaux, 
largeur et inclinaison des vallées, etc., etc. 

9°. Nature des terrains et des richesses mi- 
nérales qu’ils peuvent renfermer. — Leurs qualités 
productives. — Plantes sauvages ou cultivées 
qui y croissent. — Animaux qui s'y nourris- 
sent, etc., etc. —— d. 

10°. Description des beaux sites du départe- 
ment de la Moselle, avec l'indication de tout 
ce qu'ils offrent d’intéressant pour l’histoire na- 
turelle et pour l'archéologie. Il conviendrait d'y 
joindre des dessins représentant les vues les ee 


remarquables. 
Industrie, Commerce, Agriculture. . 


11°. Serait-il avantageux de former à Metz 
une association quis’occupât de fouilles à la sonde? 
Quelles données pourraient faire présumer la 
réussite de cette association, dont plusieurs mo- 
dèles existent en Allemagne, et quels seraïent 
les moyens de l’établir. 


( 179 ) 


12°. Examiner lequel pourrait être le plus avan- 


tageux dans ce pays, de retirer le gaz propre 
_ “à l'éclairage, ou de la houille ; ou des PR 
‘oléagimeuses. : : 


13°. ME RATRR di: et précis sur ls 


-moyens les plus propres à économiser le com- 


bustible dans les divers usages domestiques, et à 


‘préserver les appartemens de la famée. - 


1 14%. Mémoire sur les améliorations que ré- 
qu 


clament. dans l’ancienne Lorraine, la culture 
- «du En et du chanvre, leur à sh nn et la 
* : fabrication des toiles. 


15°. L'agriculture doit-elle préférer les bœufs 


aux chevaux, sous les rapports du travail, du 


nombre , de la nourriture , de la quan du fu- 


-mier et de son onde. | 


‘16°. Mémoires sur la vigne. tes 
sur l'incision annulaire et sur l’incision longitu- 
‘dinale : comparaison de ces deux procédés. — 
Noms de toutes les espèces de vigne cultivées 
dans le département de la. Moselle, avec: leurs 


synonymes : anciennement. smclond dans nos 


‘vignobles ou maintenant en usage dans les autres 


"contrées de la France. — Description complète 


dé chaque espèce de vigne, selon la méthode 
des, botanistes; indication de. l'épaisseur de la 
peau des grains, du nombre des pepins, de la 
couleur, de l'odeur et de la douceur du jus. — 


, 


{ 180 ). 

Origine dés diverses espèces de vigne ;. modes 
de croissance ; résistance à la gelée ; époques et 
durées des floraisons ; exposition et sol convena- 
bles; influence des engrais; faits qui ont èu lieu : 
| dans nos contrées, touchant la dégénérescence des 
| vignes de bonne espèce où de grosse race ; ap 
préciation de leur certitude ; recherche de 
causes. — Quelles sont les noitas d vigne qui 
-méritent uné préférence absolue où seulément 
relative. — Les vigries du pays messin sont-elles 
plus souvent gelées et produisent-elles. moins 
qu'autrefois. Si ces changeméns ont eu ei à 
quoi peuvent-ils être attribués. | 

17°. OEnologie. Abrégé manuel sur Les 
moyèns les meilleurs et les plus économiques 
de faire le vin en couvrant les ciwes. — 
-N’existe-t-il pas un. moyen de donner aux vins 
“blancs du pays messin des qualités et une appa- 
rence qui approchent de celles des vins de 
Champagne (*): 

-18°, Etablir en grand fa hu du prunier 
dont le fruit est connu sous le nom de Qwetches, 
et la préparation des pruneaux provenant de ce 


(*) Il est de fait qu'on expédie pout la Ghampagne, une 
grande quantité de nos vins blancs, et que plusieurs proprié- 
taires parviennent à leur douner, dans certaines années , 
qualités qui approchent assez de celles des vins de Champagne. 
La même observation a lieu pour les vins du Rupt-de-Mad et 

de la on 


( 181 ) 
fruit. Cette culture présente un double avantage 
au pays, puisqu'on y est dans PAADIQUE de dis- 
uller les qwetches. | 


La Société accordera des médaille d'encou- 
ragement ou le titre d’ Associé- correspondant 
aux personnes qui lui enverront des mémoires 
satisfaisans sur ces sujets : elle en fera ressortir 
le mérite dans son Compte-rendu annuel, en 
le laissant tout entier à lanteur. 

Ces prix et cés médailles seront décernés, s’il 
y a lieu, dans la séance générale de mai 1827. 

Les mémoires devront être adressés francs de 
port, avant le 151 mers 1627, à M. Brncer, Deere 
taire de la Société. | 

Les auteurs auront soin de ne pas se faire cort- 
naître ; ils mettront seulement une sentence ou de- 
vise à leur mémoire, et ÿ attacheront un billet 
cachété qui renfermera leur nom et leur-adrésse. 
Ce billet ne sera ouvert par la Société, que dans 
le cas où le mémoire aurait remporté le prix ou 
obtenu un encouragement, | 

‘Cependant, pour tout ce qui concerne el’agricul- 
ture, ou pour tout ce qui doit être confirmé par des 
expériences, l’auteur devra se. faire connaître à la 
Société, afin qu'elle puisse s'entendre ‘avec lui 
pour constater les résultats. 


Le-Secrétaire de la Société ; ; 
BERGERY. 


( 182 ) 


| SDINNE IS PIS ICT PISE IT PT ISTT ENT 


“TABLEAU 


De la Société au 15 mai. 1826. 


BUREAU POUR L'ANNÉE 1826-1897. 


Président, M. Renauzr. 


Vice présid., M. Dosquer. | Secrét.-Arch., M. Banpix. 
| | Secrétaire , M. BanGuny. Trésorier, N M. Wouazo. 


MEMBRES TITULAIRES. 
ANSPACH, secrétaire de la Société Fe mu- 
_ tuelle contre l'incendie. 


BARDIN , ancien élève de l’école iii , pro- 
fesseur de fortification à l’école royale d'artillerie. 


BERGERY, ancien élève de l’école polytechnique, an- 


_ cien capitaine d'artillerie, chevalier de la légion d’hon- 
neur, et professeur de mathémathiques à l’école royale 
d'artillerie. , 

BOUCHOTTE (Charles) ; ancien colonel d'értillerie x 

_ chevalier de la légion d’honneur. 

. BOUCHOTTE (Emile), propriétaire. 

_CAILLY, ancien élève de l’école polytechnique, chef 
de bataillon d'artillerie, commandant l’école de py- 
rotechnie militaire, chevalier de St.-Louis, officier 
de Ia légion d'honneur. 


\ 


| ( 183 ) 

CHAMBILLE, propriétaire. ; 

-CHAMPOUILLON, professeur de a anciennes. 

CHAUMAS, docteur en médecine et ar des’ 
hôpitaux dvils. , 

CHEDEAUX ,» Conseiller du Roi | au cal du com- 
merce, et président du tribunal de commerce. 

COSTE, ancien élève de l’école polytechnique, or 
taine ‘d'artillerie. 

DOSQUET, chef de bureau à la préfècture, de Ia Moselle. 

‘GENTIL, manufacturier. . 

GERSON- -LÉVY, libraire, ancien profssour de lan- 
gues orientales. 

GORCY, officier de la légion d’honneur, idermtais 
en chef d'armée , ancien médecin en chef de l'hôpital 
militaire Pie membre de Dee sociétés 
savantes. | 

LEMOYNE, ancien élève de l'école Se in- 
génieur des ponts et chaussées. 

MACHEREZ, professeur de langues. 

MOIZIN , docteur en médecine, chevalier de la légion 
d'honneur, professeur à l'hôpital militaire d’instruc- 
tion, membre de plusieurs sociétés savantes. 

MUNIER , ancien élève de l’école Lun: , api 
taine d'artillerie. | 

MUNIER, professeur de langue fencaisée | 

PONCELET, ancien élève de l’école polytechnique, ca- 
pitaine du génie, chevalier de la légion d’honneur, et 
professeur de mécanique à l’école d’ application de 
l'artillerie et du génie. 

RENAULT, propriétaire. 

SAVART , artiste en instrumens de mathématiques de . 
l'école d'application de l'artillerie et du génie. 

TAILLEFERT, ancien élève de l'école polytechnique, 


\ 


(184 ) 

capitaine d'artillerie, inspecteur de la poudrerie. 

chevalier de St.-Lonis et de la légion d'honneur. 

_ THIEL, professeur de seconde au cobége royal, 

VALLETTE, avocat. 

WOISARD, ancien élève de l’école Eee : 
répétiteur de bd à à l’école es d’ar- 
tillerie. . | 

| TITULAIRES ABSENS. 
MM. 
CARRÉ , docteur en médecine, de nn au 2°. 
régiment de chasseurs à cheval. 

GROUSSE, avocat, à Paris. | 

CULMANN, y ancien élève de l’école niv ; - 
capitaine d’artiil., chevalier de la légion d'honneur. 

EMMERY (le An , pair de France. 

HERPIN, membre de L'uS sociétés savantes, à 
Paris. 

OLIVIER, ancien élève de l’école ratcinique ) pr 
fésseur: à Stockolm. 

SAVART fils, ancien élève de Fécole polytechnique, 
capitaine du génie. 

SERULLAS, chevalier de la légion d'honneur, phar- 
 macien en chef et premier professeur de l’hôpital mi- 
litaire du Val-de-Grâce, à Paris. 

SIMON fils, juge au a tribunal de pramide fstance, à: 
Vo | 


AGRÉGÉS. 
MM. 


AIMÉ, conservateur des modèles de l'école de l’artil- 
lerie et du génie. 


( 185 ) 
DUPUY, pris de Pécole re de dessin de 
la ville. D . 
FAIVRE, peintre en miniature. : 
GLAVET, serrurier-mécanicien, 
HISETTE, ciseleur-graveur et serrurier-mécanicien. 
NAUD, peintre, professeur de dessin. | 
PIERRON fils, menuisier. 
SÉGARD, garde du. génie. °° 
TAVERNIER, professeur-adjoint des levés et recoh- 
naissances militaires à l’école de RARE et du Hi esne: 


| Mrmngs HONORAIRES Hi. 


Qui, ; en vertu des réglemens ; font parkié dé la Société, 
comme e'viembres de Fancienne Aradémie “ cu: 
CESSAC (Lacuée) (le comte . ” _— de Acad 

mie française, à Paris. | 
GRÉGOIRE (le comte), ancien es de Blois, à Paris. 
RŒDERER es comte), ancien Tr. à Paris. 


Maures HONORAIRES. 


pénet MM. ec 

ARAGO, officier de la légion d'honneür , ur de 

_ Pinstitut, à Paris. e 

BALSAC (le baron de), préfet du département de l 
Moselle. 

BEAUFORT-D'HAUTPOUL (le marquis de), officier 
de la légion d'honneur, chevalier de ue. eu ; colo- 
nel du génie, à Metz. 

CADET, de Metz, ancien président de la Société phi- 
lotechnique , à Paris. 


24 


( 186 ) 
CUVIER (le baron), conseiller. d'état secrétaire per- 
pétuel de l’Académie des sciences, à Paris. :7 
DEGERANDO le baron); conseiller: d'état, membre 
de l'Académie des ré er di à 
Paris: D ne Fe ir Sp set ee des 
DUPIN Chess) ke baron};: BEN ‘de l'Aradémie 
royale des sciences de l'institut, ete., à Paris.  -: 
MALEVILLE (le comte de),:pair.de Franca ;: premier 
président de la cour royale d'Amiens, ancien premier 
président de celle de Metz: .:.  . :. 

MOLARD, chevalier de la légion d’honneur, mem- 
bre de l’Académie des sciences, à Paris. 

PERCY (Île ‘ baron), : commandant de la légion d’hon- 
neur; membre de d’ Académie. das sciences, à Paris. 
SÉGUR (le comte de) » pair de France, & membre de 

l'Académie française, à Paris. . 
SERVOIS, conservatœur du tivisde central : et royal : 


d’artillerie, à Paris. ES 
SILVESTRE: DE SACY, dr, de Pâcadémie des 
sciences, à Paris de 2 


TOCQUEVILLE (le comte . , officier de la Légion | 
d'honneur, préfet du département de la Somme. 

TÜRMEL (de), chevalier de St.-Louis,- officier de la 
légion d'honneur, maire de Metz, payens général de 
la guerre, membre de la chambre des Députég,..;:; 

VIVILLE (de) chevalier de la légion d'honneur, secré- 


taire ES de la préfecture. repntes 

: RS RCE 

. || AsSOGIÉS-CORRESPONDANS. eu . 
MM. 


ADRIAN, docteur és lettres, à Francfort: ‘11: 
ALTEMAYER (Nicolas), négociant , à Saint-Avold. 


( 187) 
BENOIST , ancién professeur à l'école royale d'état- 


, major, collaborateur du bulletin universel des sciences 
et des arts, -à Paris. | : 

BERGÈRE, chef de bataillon du génie , à Paris. 

BERR (Michel), homme de: lettres, membre de di- 

.’-verses: dociétés savantes, à Paris. 

BRACONNOT, professeur d'histoire naturelle, à N ancy. 

CAEMMERER, directeur des, postes, à Longwy. 

CAUMONT (Ds), ‘professeur. de. maboématiqies au 
collége de Nancy. . 

CHANLAIRE, régent de Aire, à Blois. 

CHEVALIER , ingénieur-opticien du Roi, à Paris. 

GOCHARD, ayocat, Li de le Société d'agricul- 
ture de Lyon. 

COLCHEN (le comte), pair de Fo: à Paris. 

DELARUE,: phérmicien, à Evreux. . . 

DEECASSO, professeur d’éloqience, à Thionville. 

| DECO: sécrétaire de la Société d'émulation de 
Cambray. oo 

DEVÈRE, capitaine di male ; à Nos 

DUPRÉ, docteur en médecine, à Brienne-le-Château. 

FABRÉ,PALAPRAT, docteur en médecine , directeur 
général de.la Société. médico-philantropique, à Paris. 

GABGAN. (5e), ingénieur des mines. | 

HALDAT , docteur en médecine et secrétaire de lP'Aca- 
démie de Nancy. | 

HUOT,;, homme de lettres, à Paris. 

JAUNEZ , ancien ingénieur de la ville de Metz, à 
Scy près de Metz. 

JULIA , docteur en médecine et professeur de chimie à 
Narbonne. 

JULLIEN, directeur de la Revue eneycopéique, à 
Paris. : 


( 188 ) 
LADOUCETTE (le baron), président de la' Société 
des antiquäires de France, à Paris. 
LAIR, conseiller de préfecture, à Caen. 
 LALEEMAND, de Mets, professeur de clinique chirur- 
+ gicalcet chirürgien en chef de l'hôpital de Montpeltier. 
LAMBEL (le baron de), colonel du génie ; chevalier de 
St.-Louis, officier de la légion d'honneur. 
LANGLAIS, peintre, à Rouen. 
LARCHE, docteur. en médecine, à Paris. 
LEGUEVEL pe zA COMBE, chirurgien-major. 
LÉVY jeune, professeur de nabénitaues à Rouen. 
MARIE-DUMESNIL, à Paris. . 
MÉRGAUT, docteur en médecine, à de 
| MICHELOT, de Paris, élève de Pécole-polytèchnique. 
MONTFERRIER (le marquis de), à Paris. 
NANCY, chef de bataillon d'artillerie, à Paris. 
NICOT, professeur de rhétorique, à Montpellier. 
NOEL, professeur des sciences physiques et LE 
matiques à l’athénée de Luxembourg. 
PAIXHANS, de Metz, lieutenant-colonel d'artillerie. 
PAJOT-LAFORÊT, docteur en médecine, à Paris. - 
PERRIER , professeur de littérature, à Paris. - 
‘PIÉRARD, capitaine du génie, à Thionville. 
PONCE, graveur du cabinet de S. A. R.. Monsetts 
à Paris. É 
RIESTELHUBERT, does en ins: à Staboure. 
SAVART (Félix), de Metz, professeur, à Paris. 
TEISSIER, de Metz, chevalier de la. légion PR 
sous-préfet à Thionville. 
TERQUEM, bibliothécaire du dépôt central d'artillerie » 
à nr “os 
Mn°. TASTUÜ (Amable), nicibeé de la Société lin 


néenne, à Paris. D 


(18) 
THOMAS (le baron), our à en retraite, 
‘à Ars-Laquenexy. 
THOUVENEL, doteuren médecine, à Pont-à-Mousson. 
VARLET,, docteur en médecine; à Strasbourg. 
VINCENT, professeur de mathématiques au Det 
royal de Reims. 
WITTEMBACH, professeur, à Trèves. 
WORMS, de Metz, professeur, à Carlsruhe. 


1 


(190 ) 


D Le - 


‘TABLE 


Des pièces contenues dans ce recueil. 


D iscours de M. Bercray, président, pag. 3 


Compte-rendu des trayaux de la Société pendant 
l’année 1825-1826, par M. RenauIT, secré- 
@ire-archiviste, 

Rapport sur le concours des charrues, par M. le 
capitaine Munrer, 

Rapport sur le concours littéraire, par M. Tuer, 

Rapport sur l’exposition des produits de l’industrie 
départementale, par M. Ansracu, 

Circulaires relatives à l’exposition, 

Programme des questions proposées pour_1827, 

Tableau de la Société au 15 mai 1826, 


FIN DE LA TABLE. 


20 


SOCIÉTÉ 
DES oo 
LETTRES, SCIENCES ET ARTS, 


ET D'AGRICULTURE 


METZ. 


EXPÉRIENCES | 


FAITES 


SUR DIFFÉRENTES CHARRUES, 


EN OCTOBRE 1820. 


METZ, 


LAMORT, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ. 


NOVEMBRE 1626. ; 


CS 


Le 


LA 


SRE PERRIER ARRETE 


| RAPPORT 


SUR 


LES (CONCOURS DE CHARRUES 


QUI ONT EU LIEU EN O€TOBRE 1826, 


Par M. MUNIER, CAPITAINE D’ARTILEERIE. 


Morseur Léonard , charron à Courcelles 
Chaussy, ayant apporté lie modifications à 
la charrue qu'il a présentée au dernier con- 
cours (© > proposa à la Société des. oies , 


(*) La chaîne qui réanit l'age à l'avañte-tsaià a ét Les hé 
presqu’horicontalement. 
Les roues de l’avant-train ont été plus écartées qu'elles ne- 


l'étaient d'abord, de sorte que la cherrue n'est plus versante. 
Les boîtes de roue sont en fonte de fer, l’essieu en fer, et les 


petits bouts des moyeux sont garnis de boîtes en fer qui servent 
de frettes et qui présérvent les extrémités de l’essieu. 

Le coutre a été placé à 17 lignes sur la gauche de la pointe 
/ du soc, afin que la face gauche de la raie ne s'écrête pas. 

Le soc peut s'enlever facilement quand on vent le rebattre; 
‘à cet effet il est maintenu par une bride à l'aide d'une vis 
seulement. Enfin, le versoir a été modifié et délardé dans sa 
partie Sustéiente et inférieure , afin d'offrir moins de résistance 
à la terre retournée. 

Cette charrue coûte 100 fr, avec avant-train et 52 fr. sans 
ayant-train, 


(4) 
sciences et arts, et lire de Metz, d’être 
juge dans un nouveau concours qu'il allait faire 
annoncer dans les journaux du département de 
la Moselle. La Société accédant à la demande 
de M. Léonard, dans le but d'éclairer de plus 
en plus les agriculteurs sur la meilleure charrue 
. à employer, nomma pour procéder auxdites ex- 
périences, une commission composée de MM. 
Bouchotte (Emile), Woisard, Lallemand, 
Herpin et Munier; mais M. W. oser n'ayant 
pu se rendre à Courcelles, il a été remplacé par 
M. Chambille. : 
La commission s’est transportée à à Courcelles 
Je 2 octobre, jour indiqué pour le coucours. 
Aucune autre charrue que celle de M. Léonard 
n'a été présentée ; mais la commission avait em- 
mené avec elle une charrue de M. de Dombasle 
appartenant à M. Emile Bouchotte, afin de la 
“faire labourer comparativement avec celle de M. 
Léonard, dansle cas où M. de Dombasle n’en 
‘aurait pas lui-même envoyé une au concours; 
_de sorte que les expériences comparatives ont 
porté sur ces deux charrues et sur celle qu'on 
emploie ordinairement à Courcelles. | 
On a d’abord fait labourer ces charrues dans 
. un champ situé sur le revers d’une colline et 
dont la terre est argileuse, forte et très-difficile à 
labourer ; le billon longeait la colline et les'sillons 


(5) 
présentaient une pente peu forte dans le sens de 
leur longueur. 

Les charrues ouvraient leurs raies en jetant la 
terre vers le sommet de la colline, quand elles 
traçaient les sillons montans, et vers le bas, en 
traçant les sillons descendans ; circonstance de 
labour qu’on n'avait pas examinée dans le premier 
concours et dans laquelle il était essentiel de voir 
travailler les charrues, puisqu'elle se rencontre 
journellement en agriculture. 

* Ona attelé quatre chevaux ordinaires du pays ‘”, 
d'abord à la charrue de M. Léonard; on a 
pliqué immédiatement le dynamomètre entre la 
volée de derrière et l'avant-train , puis l'on a fait 
tracer de suite six sillons par cette charrue qui a 
été tenue successivement par les sieurs Lemoine 
. et Lallemand, cultivateurs à Courcelles, et par 
le jardinier de M. de. Pange. Un Some condui- 
sait Les chevaux. 

Un grand nombre pti assistaient à 
ces expériences. 

Les résultats qu’on a obtenus en faisant labourer 
la charrue de M. Léonard, sont caen dans 
le tableau suivant : 


(*) Les deux chevaux de la file de gauche étaient de force 
médiocre; ceux de la file de droite étaient plus faibles encore. 


(6) | 
Longueur des sillons tracés par cette charrue, 
ne mêtres. 


our ns Pr cement Le 
; . e deterre | moyen ction | 
DEs SILLOWS. TE retournée, des corres- | 


ms. dereReoe 


1er, Sillon, montant... | 3-307 | 7° à 7°-6! 
2°, Sillon, descendant... | 37-397 | 7° à 8° 
3e, Sillon, montant... | #=15/ 7° à 8° 
4°. Sillon, descendant. | 3 8° à 9° 


ee | 458 


6°, Sillon, montant... Y-45!! 7° a 9°. 
Ge. Sillon, descendant. | 3-30" |. 7° à 9° 


ps 


DÉSIGNATION TEMPS LARGEUR = 
à 


kil 
Moyennes totales. .. [ 3-25" | 7 dE [5°] 395 


OBSERVATIONS. 
© Dans le tracé de la portion la plus montante du pre- 
mier sillon , le dynamomètre n’indiquait qu’une traction 
de 330 kil. ; l’enfoncement du soc était alors de 7°. 

Les ‘raies des sillons montans n'étaient 'pas nettes: Ja 
terre enlevée par le soc a passé en partie pardessus le 
versoir, est tombée dans la raie et l’a encombrée. 

Les raies des sillons descendans étaient assez nettes. 

Le labour était bon ; les raies avaient la même profon- 
deur dans toute leur largeur. 

D’après le rapport des trois cultivateurs qui ont dirigé 
cette charrue , elle est très-facile à conduire et se main- 
tient presque d’elle-mbrie constamment à la même pro- 
fondeur en terre. 

Le travail des chevaux était forcé. 


(7) 

: On a attelé. ensuite les quatre mêmes chevau: 
à la charrue de M. de Dombasle, n°. 749, et 
on l’a fait labourer immédiatement à côté des 
dernières raies ouvertes par la charrue de M. 
Léonard. Elle a été successivement conduite par 
le fermier de M. de Pange qui laboure dans sa 
ferme avec une charrue pareille, et par M. Wil- 
laume fils, ancien élève de M. de Dombasle, qui 
se sert souvent d’une charrue du même modèle 
dans la ferme de monsieur son père. Un homme 
conduisait les chevaux. | 

En traçant les deux sillons d’enrayement, la 
charrue a fait beaucoup de manques de labour 
que les membres de la commission ont attribuées, 
en grande partie, à ce que les chevaux de la file 
de droite étaient moins forts que ceux de la file 
de gauche , et que par suite ils ont été souvent 
entraïinés hors dela raie. Cette circonstance étant 
défavorable à la charrue de M. de Dombasle, 
qui exige une grande régularité dans l'allure des 
chevaux, la commission n’a pas jugé convenable 
de la soumettre à l'expérience avec ces quatre 
chevaux. 

On a fait labourer comparativement une char- 
rue ordinaire du pays, dont le versoir, mal con- 
tourné , avait 39 pouces de longueur et s’écartait 
du sep de‘15 pouces à sa partie postérieure. 

On a attelé quatre chevaux à cette charrue; 


LES 


| (8) 
on l’a fait enrayer à côté desraies ouvertes par ka 
charrue de M. de Dombasle , puis on lui a fait 
tracer de suite cinq sillons. 

Les résultats donnés par cette expérience sont 
consignés dans le tableau suivant : 


Longueur des sillons, 164 mètres. 


un TEMPS F EFFORT, 
\ à tracer NE moyen e 
D de terre y traction 
DES SILLONS.. sillon. retournée. ds s08 ge P 


1, Sillon, montant..| 3-20" 7° age | 5° 368 
2°, Sillon, descendant] 3-49! | 7°à9° | 5°-6! | 437 
3e, Sillon, montamt.….| 3-45" | 8°àg° | 5°-6 | 883 
4°. Sillon, descendant] 3-40" | 9° | 6° 432. 
5e, Sillon; montant... 3-20" | 8°à9° | 5°-6! }-397 


Moyennes totales.| 3-34" | 8°-41 | 5°-6! | 405 


OBSER VA TIONS. 


Cette charrue est moins facile à tenir ques celle de 
M. Léonard. 

Les raies des sillons montans sont encombrées par la 
terre qui passe à gauche du sep et pardessus le versoir. 

Les raies des sillons descendans sont moins nettes que 
celles des sillons descendans tracés par la charrue de 
M. Léonard. | | 

Le travail des chevaux était forcé.” 


(9) 
-’ En attendant que la charrue de M. de Dom- 


Basle püût être soumise à l'expérience ; la com- 
mission , réduite à trois membres par le départ 
de MM. Bouchotte et Lallemand , a fait labourer 
de nouveau la charrue de M. Léonard, attelée 
des mêmes chevaux; on l’a fait enrayer à côté 
des raies ouvertes par la charrue ordinaire du 
pays, puis on lui a fait tracer quatre sillons. 

Les résultats donnés par cette seconde expé- 
rience sont consignés dans le tableau suivant : 


Longueur des sillons, 164 mètres, 


E TEMPS 
DESIGNATION employé 
a ide 
aque 

DES SILLONS. STI ns Tres pan 


| a kil. 
1®, Sillon, descendant} 3-57 | 4°-6!à5°-6!1 294 


2°, Sillon, montant..….| 3'-20/ 
3°, Sillon, descendant] 2'-45" 
| 4°. Sillon, montant. 31-30! 
| 
Moyennes totales.| 3/-10/ 


OBSERVATIONS. | 
Le jardinier de M. le général Semélé y qui conduisait 
la charrue , a trouvé qu’elle était très-facile à tenir et 
qu’elle labourait bien. 
Les raies des sillons montans n'étaient pas nettes; 
| à 


| (10°) 
elles étaiënt encombrées par la terre qui Ca par- 
dessus le versoir. 
Les raies des sillons descendans étaient assez bien 
déblayées. 
_ La profondeur de chaque raie était assez Mines 


Pendant qu’on faisait labourer la charrue or- 
dinaire et celle de M. Léonard pour la seconde 
fois, M. Willaume fils, sur les vives sollicitations 
du Ysbieteus de la commission, qui tenait à 
effacer de l'esprit des agriculteurs présens, le 
mauvais effet qu'avait produit sur eux le labour 
détestable exécuté par la charrue de M. de Dom- 
basle atielée de quatre chevaux et enrayant, M. 
_Wiillaume, dis-je, avait eu la complaisance d'aller 
chercher, à une lieue du champ des expériences, : 
deux forts chevaux appartenant à Monsieur son 
pére et qui labourent souvent avec ane charrue 
de M. de Dombasle. 

Les circonstances paraissant alors Évorsbles | 
puisqu'indépendamment de chevaux exercés, il 
se trouvait aux expériences un ancien élève de 
M..de Dombasle qui avait une grande habitude 
de labourer avec sa charrue et qui voulait bien 
se charger de la tenir constamment, la com- 
mission n'a pas hésité à la unes à l'expé- 
rience comparative. 

On a fait tracer à cette charrue quatre sillons 
.à côté des raies ouvertes en dernier lien par'la 
charrue de M. Léonard. 


(nu) 
Les résultats obtenus dans cette expérience 
sont consignés dans le tableau suivant: 
Longueur des sillons, 164 mètres. 
TEMPS | Lancaun 


DÉSIGNATION | employé | de 
à tracer la bande 


DES SILLONS. À chaque de Le A 


. “sillon. 


RE er 
1] . d 


re, Sillon, descendant] » 


2°. Sillon, montant | 3-40! | 8° à9° | 4°-6! 
3°. Sillon, descendant.| 3 9° 22°, 5°à97°1 348 (3) 
4, Sillon, montant | 3-80" | 11° t4° à5°| 354 (4) 


1.23! 


| OBSERVATIONS. 

(1) Pendant qu’on traçait le premier sillon, ue homme 
conduisait les chevaux au cordeau. | 

Il a été impossible de relever les largeurs et profon- 
deurs de Îa raie en ses différens points, et de noter les 
efforts de traction, attendu que la charrue n’a bien la- 
bouré qu'en deux endroits seulement de la ii 
de.ce premier sillon. 

Les chevaux étaient excités, même ahuris, , par les 
nombreux et trop bruyans spectateurs qui se portaient 
en foule autour d’eux pour voir travailler la charrue; 
aussi a-t-elle été presque constamment à droite et à 
gauche de la raie qu’elle devait ouvrir, sans labourer. 

(2). En traçant le second sillon, M. #fällaume con- 
duisait lui-même les chevaux. 

La charrue a mal labouré et a fait un grand nombre 


(13) 
de manques, de sorte qu'après ce second tour, les calti- 
vateurs ne l'ont plus suivie, la considérant, sur ce simple 
essai , comme étant trop difficile à tenir et donnant un 
labour trop incertain pour être admise dans leurs fermes. 
(3) En traçant le troisième sillon , la charrue a très- 
bien labouré, la raie était parfaitement déblayée et nette, 
mieux tracée que celles qui ont été ouvertes dans le 
même sens par la charrue de M. Léonard, ce qui nous- 
æ& confirmés dans l’opinion où nous étions que les man- 
ques de labour des sillons précédens ne devaient pas 
être attribuées entièrement à la tenacité de la terre, 
mais qu’elles étaient dues en grande partie à l’allure 
des chevaux, à l’affluence des spectateurs et à l’intimi- 
dation qu’elle produisait sur M. #illaume qui ne pou- 
‘vait labourer devant tout ce monde aussi bien qu’il a 
coutume de le faire dans les terres de M. son père. 
(4) Le quatrième sillon a été bien tracé, mais une 
partie de la terre enlevée par le soc a passé pardessus le 
versoir, est retombée dans la raie et l’a encombrée. 
Le travail des chevaux était beaucoup trop fort. 
Nota. Il paraît très-difficile d'obtenir un bon labour 
et sur-tout des raies bien nettes, quand le versoir jette 
les terres vers le sommet de la côte; et cependant le pro- 
_ priétaire d’un champ enclavé dans d’autres champs qui 
ne lui appartiennent pas, est obligé de labourer de la 
sorte la partie basse de ce champ, pour ne pas donner 
à son voisin sa couche de terre cultivée. 


Il résulte des expériences comparatives faites 
sur ces trois charrues, labourant avec une vi- 
tesse d'environ 49 mètres par minute, sur. le 
revers d’une colline et dans une terre extrême 
‘ment tenace, LE si si Ton do: ip les efforts de- 


(13) 

traction à un travail uniforme correspondant à 
une même tranche de 10° sur 5° ou de 5o pouces 
quarrés, ces efforts sont à fort peu près 
343 kilog. pour la charrue de M. de Dombasle. 
399 id. ‘+ id.  . deM. Zéonard(*). 
440 id. id. ordin. de Courcelles, 

Or, les nombres 343, 399 et 440 sont à 
peu près dans le rapport des nombres plus sim- 
ples 6, 7 et 8; donc la charrue de M. de Dom- 
basle pourrait faire dans ce terrain avec six che- 
vaux, presque le même travail que ferait avec 
sept chevaux, la charrue de M. Zéonard, et avec 
huit, la charrue ordinaire du pays de Courcelles. 
Mais il est à remarquer que l’enfoncement moyen 
du soc a été un peu moins grand avec la charrue 
de M. de Dombasle, qu'avec la charrue de M. 
Léonard, et'que la différence a été plus sensible 
encore avec la charrue ordinaire, ce qui doit di- 
minuer peut-être la différence entre les tractions, 
puisque la terre doit offrir d’autant plus de tenacité 
qu’elle se trouve à une plus grande profondeur. 

Quant au labour et à la facilité de conduite 
des charrues, celle de M. Léonard a obtenu, 
dans ces expériences, une supériorité marquée 
sur celle de M. de Dombasle, et. aussi sur la 
charrue ordinaire. 


(*) Moyenne totale résultant des dix sillons que cette charrue 
. k tracés en deux reprises. 


(14 ) 

Après cette . série d'expériences faite 
sur le revers de la colline, on a fait labourer 
les charrues de M. de Dombasle et de M. Léo- 
rard aù pied de cette même colline, dans un 
champ situé en terrain horizontal, dont la terre 
était argileuse, propre au moulage et paraissait 
être un peu moins difficile à labourer que celle 
du champ situé sur le revers. 

On a fait d’abord tracer quatre sillons à la 
charrue de M. de Dombasle attelée des deux 
mêmes chevaux. M. Willaume a constamment 
tenu là charrue et a conduit en même temps 
les chevaux. 

_ Les résultats de cette expérience sont consi- 
gnés dans le tableau suivant : 


Longueur des sillons, 150 mètres. 


- TEMPS 
DÉSIGNATION employé en EUR 


des sillons. 


EE 


1er, Sillon..…. | 3° 
a°, Sillon..….. | 3! 
3°. Sillon..….. | 3 
é°. Sillon...……. 4°-6! à 7° 


9°=3! 6°=-3! 


(15) 
OBSERVATIONS. 
Les quatre sillons ont été très-bien tracés et sans aur 
çune manque de labour; les raies étaient bien nettes et 
Bien déblayées; le versoir a retourné et amenuisé parfai- 


tement la terre ; absolument comme dans les expérien- 
ces du premier concours. 


Le travail des chevaux était beaucoup trop fort. 

Immédiatement après cette expérience, on a 
fait labourer la charrue de M. Léonard à côté 
des raies ouvertes par celle de M. de Dombasle ; 
on lui a fait tracer également quatre sillons con- 
sécutivement ; elle était attelée des quatre mêmes 
chevaux que précédemment, 

Les résultats de cette expérience sont consi- 
gnés dans le tableau suivant : 


Longueur des sillons ; 150 mètres. 


L | L r g, TEMPS 
| DÉSIGNATION employé Le EU 
| | . à ns bande de terre 
è Lo” retournée. 
AT, Sillon..... 7° "à 9° 
| a°, Sillon...…. “ à 9° 


8e, Sillon..ss.s 
4°, Sillon. ee 


9° à 10° 


8° à 9° 


(16) | 
OBSERVATIONS. 
— La chârruë a fait plusieurs manques de labour, et les 
raies qu'elle ‘a ouvertes étaient moins nettes et moins 
bien déblayées que celles qui ont été ouvertes pe . 


charrue de M. de Dombasle. 
Le travail des chevaux était forcé. 


Il résulte de ces deux dernières expériences 
faites sur les charrues de MM. de Dombasle et 
Léonard  labourant avec une vitesse de 50 mètres 
environ par minute, dans un terrain argileux 
et de niveau , que les efforts moyens de traction, 
rapportés à un travail uniforme et correspondant 
à une tranche de 56 pouces quarrés, sont: 
pour la charrue de M. de Dombasle... 346" 

id. de M. Léonard... 438 

Ces nombres sont à fort peu près dans le rap- 
port de 6 à 7 1/2 qui ne diffère pas beaucoup du 
rapport résultant des expériences faites dans le. 
premier champ. De sorte que la charrue de M. 
de Dombasle économiserait un cheval sur sept, 
pour faire le même travail que celle de M. Léo- 
nard, et en l'exécutant mieux dus celle-ci en 
terrain horizontal, 

On doit faire observer que .les expériénces de 
Courcelles , laissent beaucoup. à. désirer : le jour 
avait été mal choisi, en ce sens que quelques- 
uns des assistans , se sentant du lendemain de la 

fête du village, étaient loin d'a apporter le calme 


(17) 

indispensable pour bien faire des expériences ; 
presque tout le monde voulait y commander ; de 
plus, le départ inopportun de MM. Bouchotte et 
Lallemand avait réduit la commission à un trop 
petit nombre de membres pour que toutes les cir- 
‘constances du labour pussent être bien observées. 
Toutes ces contrariétés ont vivement fait sentir 
le besoin de procéder à de nouvelles expériences 
comparatives sur les mêmes charrues, avec plus 
de calme et de précision, avant de porter un 
jugement sur leur mérite relatif; c’est pourquoi 
un nouveau concours a eu lieu le 25 et le 26 
octobre ; dans la ferme de Moncel appartenant à 
M. Emile Bouchotie. ! 
= Les membres de là commission présens à ce 
dernier concours étaient MM. Woisard, Bou- 
chotte et Munier ; monsieur Léonard et d’au- 
tres charrons assistaient à ces expériences com- 
paratives, ainsi que plusieurs agriculteurs venus 
tout exprès à Moncel, afin de pouvoir juger par 
eux-mêmes du mérite des charrues présentées. 

Les charrues qu’on a fait labourer compara- 
üvement dans ce nouveau concours, sont: , 

1° Une charrue de M. Léonard, autre que 

celle qui avait ‘travaillé à Courcelles, mais cons- 
truite d’après les mêmes principes; | 

2° La charrue de M. de Dombasle , n°. 750; 

3° La charrüe dont on se sert ordinairement 
dans la Wavre; 3 


(18) 

4° Une charrue présentée par M. Bertrand, 
maître de Poste à'J. arny. D. 

On à fait labourer successivement ces quatre 
charrues dans trois champs voisins, situés en 
terrain horizontal, dont là terre était argileuse, 
prôpre au moulage ‘et dans un état moyen de 
sécherésse malgré les pluies qui avaient précédé 
le jour des expériences ; de sorte a elle était 
encore assez meuble. | 

Ces champs, dans lesquels on avait récolté du 
blé en 1826, n'avaient encore reçu aucune cul- 
ture et leur ice était couverte de chaume et 
de graminées. 

D’après la nature de la terre, l'époque était 
la plus favorable pour labourer ces trois champs. 

Le 25 octobre, on a d’abord attelé à la charrue 
de M. Léonard, deux forts cheväux appartenant 
à M. Bouchotte, et l’on a fait tracer deux sillons 
pour enrayer et pour montrer aux agriculteurs 
présens comment elle labourait, 

En enrayant, fa charrue a ramassé beaucoup 
d'éteules et s’est fortement engorgée , ce qui em- 
péchait le soc de s'enfoncer assez avant ; elle n’a 
cependant point fait de manques de labour. At- 
tribuant cet effet d’engorgement au coutre, qui 
entraïinait beaucoup de chaume , M. Léonard la 
enlevé pour tracer les sillons suivans. 

‘On a placé le dynamomètre entre la volée et 


(19) 
l'avant-train , et l’on a pit tracer six sillons consé— 
cutivement à cette charrue qui a été tenue par 
les sieurs Deschins, Gentil, Mabire et pige 
tous quatre cultivateurs. 2 

Les résultats donnés par eette expérience sont 
consignés dans le tableau suivant : | 


Nota. Dans toutes les expériences quisuivent , 
on s'est servi de l'aiguille mobile du dynamo— 
mètre pour relever les efforts de traction, et l’on 
doit conseiller de s’en servir dorénavant dans 
les expériences de ce genre, parce que cette 
aiguille offre plus de facilité pour l'observation 
et par suite, donne plus d’exactitude dans les 
résultats , ae la grande aiguille qu Al faut ra- 
mener ARR en arriére pour connaitre 
Peffort réel de traction à chaque instänt ; manœu- 
vre qu'il est trés-pénible de faire er labourant. Il 
faudrait, p our des expériences de ce genre, que 
la pointe de l'aiguille mobile aboutit aux divisions 
du plus Si limbe du u dynamomètre. 


(20) | 
TABLEAU des expériences faites à Moncel, | 
sur la charrue de M. Léonard. 
Le billon court de l’ouest à l’est. 
Les sillons ont 350 mètres de longueur. 


DÉSIGNATION | «mplyé | LARGEUR 


À To moyenne moyen St 
DES SILLONS. | ce : de la raie, du Le: Me cl 
| | | | | kil. ; 
1e, Sillon,.…….… | 8’ 22° 7°-9! | 262 (1) 
0, Silonensss. | 6-30 | 100261 | 60-61 | 248 (2)! 
3e, Sillon..…. | 7 | 11° 50-31 |213 (3) 
4°, Sillon.sssssse | 7! 10°..61 } 6° 213 (4) 
5°, Sillon.s....... | 6/=30" | 11° 6° - |289 (5) 
6°. SilloDesmue.e 7! 10061 | 6° const.| 222 (6) | 

a Sillons } | ._ Kk | 

Le impairs. gl 10" 11° 6-4! 224 | 

2 | 

NS ; | 

ps û : 

“ Res 6-6! | 10°-6! | 6-21 |! 228 | 

Moyennes totales. | 7! 10°=0! | 6°-3! | 225 | 

OBSERVATIONS. 


(1) En traçant le premier sillon, la charrue s’est en- 
gorgée comme quand elle labourait avec le coutre et en- 
rayaïit; une portion de la terre enlevée parle sot a passé 
par la gauche du sep, et est retombée dans la raie qui 
n'était pas bien déblayée. 


(m1) 

. (2) En traçant le second sillon , la charrue a labouré 
absolument de la même manière qu’en traçantle premier; 
c’est pourquoi M. Léonard a remis le coutre en place 
pour tracer le troisième sillon. 

(3) En traçant le troisième sillon, la charrue s’est err- 
gorgée autant qu’en traçant les précédens ; de plus, elle 
a fait une manque de labour de 44 pieds de longueur 
provenant de l’engorgement ; laraie n’était pas bien nette. 

. (4) La charrue ne s’est point engorgée en traçant le 
quatrième sillon, et la raie était plus nette que les pré- 
cédentes. 

(5) En traçant le cinquième sillon, la charrue ne s’est 
engorgée que dans les 100 derniers pieds ; le. coutre a 
cependant ramassé les éteulès comme à l'ordinaire ; ; la 
raie était assez nette. 

(6) La charrue s’est engorgée trois fois en ao lé 
sixième sillon ; le laboureur, en appuyant sur les man- 
ches et secouant la charrue , l’a désengorgée chaque fois; 
mais, pendant qu’il exerçait cette pression, la roue qui 
était dans la raie ne tournait plus. 

11 est essentiel de faire observer qu’en traçant les cinq 
premiers sillons, on n’a point cherché à désengorper la 
charrue, comme cela se pratique ordinairement, afin de 
mieux juger de son mérite intrinsèque. 

Les quatre cultivateurs qui ont tenu la charrue ont 
trouvé qu’elle était très-facile à conduire, mais que le 
travail des chevaux était forcé. 


Observations générales. 


La charrue a exigé un effort de traction plus grand 
pour tracer les sillons pairs, que pour tracer les sillons 
impairs , bien que la largeur et la profondeur moyennes 
des raies de ces derniers soient plus grandes que celles, des' 


_ C2) 
raies des sillons pairs ; ce fait tient, sans aucun doute, : a 
ce que les premiers sont tracés sur le versant du billon 
exposé au nord, et que les sillons impairs au contraire 
sont tracés sur le versant opposé qui, d’après la direc- 
tion du billon, reçoit les rayons solaires plus d’aplomb 
pendant toute l’année. 


La largeur moyenne de chacune des raies des 
trois sillons impairs est le tiers de la largeur 
moyenne totale des trois raies impaires; cette 
largeur moyenne totale elle-même a été déduite 
d'un grand nombre de largeurs partielles prises 
dans toute la longueur du champ. 

Il en est de même de la largeur moyenne de 
chacune des raies des trois sillons pairs. 

A l'effet d'obtenir ces largeurs moyennes, 
après avoir tracé les deux sillons d’enrayement, 
on a disposé des piquets à 25:mètres environ 
de distance les uns des autres, extérieurement, et 
à un mètre de la face verticale des deux raies ou- 
vertes ; puis, après avoir tracé les six sillons , on a 
relevé vis-à-vis de chaque piquet la largeur totale 
des trois raies correspondantes etlona pris, pour 
la largeur de chaque raie, le tiers de la largeur 
moyenne totale; voilà pourquoi la largeur des 
bandes de terre indiquée dans le tableau précé- 
dent , est la même pour les trois raies impaires et 
aussi pour les trois raies päires. Ïl eût été plus exact 
de relever les largeurs après avoir tracé chaque 


(23) 
sillon ; cependant le résultat final eût été le même, 
puisqu’en définitive on ne compare les charrues 
que d’après les moyennes totales; d’ailleurs, le 
petit nombre de membres présens D a pas permis 
de le faire: cela eût apporté de trop grands 
retards et eùt impatienté bien davantage les 
agriculteurs présens qui, n'ayant pas une idée 
exacte de la manière de faire des expériences, 
et pressés de s'en retourner, étaient déjà très- 
fatigués des lenteurs indispensables qu’entrainait 
k notation des faits relevés après le tracé de cha- 
que sillon. | 

L’enfoncement moyen du soc donné dans le 
tableau précédent , est également une moyenne 
prise sur 40 à 60 profondeurs partielles relevées 
de distance en distance dans la longueur de cha- 
cun des sillons, immédiatement en arrière de la 
charrue, de sorte que, sous ce rapport, le ré- 
sultat obtenu ne laisse rien à désirer. 

Il en est de même des efforts moyens de. 
traction. | 

Enfin, l’on a apporté tous les soins possibles 
pour pouvoir compter sur les résultats de ces 
expériences, et si l'on croit y remarquer quelques 
anomalies, elles proviennent de ce que la terre 
de deux sillons, même quand ils se touchent, 
n'est pas toujours identique et par conséquent 
ne peut pas toujours donner des résultats iden- 


.( 24 ) | 

üques. Les membres de la commission ont, 
par exemple, constamment observé que, dans ce 
terrain argileux et de niveau. la terre des sillons 
les plus rapprochés des raies de séparation des 
billons ; était beaucoup plus compacte et plus 
tenace que celle des sillons plus voisins du milieu 
du billon; ce qui explique pourquoi, dans l’ex- 
périence PE , la charrue de M: de Dom- 
basle a. mal enrayé dans un champ où elle a 
tracé ensuite des sillons très-réguliers. 

On a fait labourer, dans le billon immédia- 
tement voisin , la ue de M. de PO 
n°. 750, qu'on a attelée des deux mêmes che- 
vaux que précédemment. | 

Le sieur Deschins, cultivateur flamand au 
service de M. Bouchoite, très-habitué à con- 
duire cette charrue , l’a constamment tenue dans 
cette expérience. 

On a tracé les deux sillons d’enrayement dans 
les raies des billons , comme on l'avait fait avec 
la charrue de M. ons 

La charrue a mal labouré, le soc s’est en- 
foncé de 3° à 7°, et par Sn ut d'unemanière. 
trés-inégale ; de plus, elle a fait plusieurs man- 
ques de labour dans chaque raie. —— 

On lui a fait tracer ensuite deux sillons. 

Les résultats donnés par cette expérience sont 
consignés dans le tableau suivant : 


( 25.) 


. . on | .£ 
Longueur des sillons, 350 mètres. 


$ 
CS 


: TEMPS = | Errorr 

DESIGNATION| employé | LARGEUR |Enroncmemr| en 
à tracer moyenne moyen de traction 
DES SILLONS, chaque 


sillon, de la raie. du soc, Ta Dre 


2 SIDOR.... 0 61-30! | 


2° Sillon..……...ee 6! ‘ 


OBSERVATIONS. 
Q) En traçant le premier sillon, la charrue s’est en- 
gorgée au point que le soc s’est relevé et qu'il a fait 


deux manques de labour de 22 mètres de longueur cha- 


cune ; au bout du sillon, on a débarrassé la charrue de 
la terre qui l’engorgeait. 


(2) Dans Le tracé du second sillon, il.y eut de nou- 
veau un fort engorgement : le soc s’est relevé, n’a 
presque pas labouré dans la longueur de 42 mètres où 


il s’est enfoncé de 3 pouces au plus, et souvent n’a 
pas entamé le terrain. 


Le travail des chevaux était forcé. 


Immédiatement après avoir tracé ces deux 
sillons , la pluie étant survenue, on a été forcé 
de discontinuer les expériences pendant deux 
heures. | 

Après cette averse, comme la nuit approchait 
et que plusieurs cultivateurs venus de loin, dé- 
siraient voir labourer comparativement la char- 


À 


(36) 
wue ordinaire de la Wavre (*), on a fait.labourer 
«cette charrue dans le billon voisin de celri où 
avait labouré la charrue de M. Léonard. 

On l’a attelée des deux mêmes chévaux et on 
lui a d’abord fait tracer deux sions pour enrayer ; 
mais à cause du déclin du jour on n'a donné 
à ces sillons que 151 mètres de longueur. On 
a fait ensuite labouwer la charrue. . 

Les résultats donnés par cette expérience sont 
consignés dans le tableau suivant : | 
eg TRS 
DÉSIGNATION 


“DES SULLONS. 


19", Sillon.…..……. 
ae, Sion... 
… 8e, Silloms..o.cue. 

4 Sion... 


impairs..… rs 


PairSsousoee | 


| MOYENNES 
des sillons 


OBSERVA ITIONS. 
La charrue ne s’est point éngorgée ‘et n’a fait aucune 


a 
(*) Cette charrue diffère principalement de ss des en 
de de Metz et de ‘Courcelles , 
9° En ce. que J'avant-train est porté sur un roues de 


(27) 
manque de labour; elle a bien tracé les sillons, mais 
les raies sont moins bien déblayées que celles qui ont 
été ouvertes par la charrue de M. Léonard, te qui 
provient de ce que la terre passe par dessus le versoir 
qui n’est pas un peu assez élevé par derrière. 

Cette charrue a, comme celle de M. Léonard, exigé. 
un effort de traction plus grand pour tracer les sillons 
pairs que pour tracer les sillons impeirs, les efforts 
étant rapportés à une même tranche de 70° quarrés. 

Le travail des chevaux était forcé. 

Nota. La largeur moyenne des &eux sillons impairs 
a été prise sur les deux raies à la fois; il en est de 
même de celle des sillons pairs. De plus, cette largeur 
moyenne a été déterminée par le procédé indiqué ci- 
devant. . 

La nuit a forcé de remettre au lendemain les ex- 
périences suivantes. 

Le 26 octobre, la commission a continué l’ex- 

périence sur la charrue de M. de Dombasle ; 
elle lui a fait tracer quatre sillons à la suite de 
ceux qu’elle avait tracés la veille. 

Un garçon de ferme de M. Bouchotte , qui 
manœuvre cette charrue avec une grande 


2 pieds 6° de hauteur, dont les rais déliés sont assemblés par 
un cercle en fer qui sert de jantes et de bande de roue; 

2° En ce que la chaîne à anneau qui réunit l'age à l'avant. 
train est presqu'horizontale > et doit faire. pc moins for 
tement l'age sur la sellette; . 

3° En ce que la forme du versoir Spore de celle "+ versoir 
de M. de Dombasle, 


(28) 


‘habileté, l’a tenue constäimment dans cette ex- 
périence et a dirigé en même temps les chevaux. 
Les résultats obtenus sont consignés dans le 


tableau suivant : 


Les sillons ont 350 mètres de longueur. 


[DésrenATION | TPS | LARGEUR |perior 


silion, 


_ DES SILLONS. | chaque de la raie. 


à tracer moyenne 


1%, ‘Sillon.….. té 7.30" 10° 31 


a?, Sillonscseeee 6-45! 10° 


MOTENNES, Ê 

J compris Sillons } h 
lists impaits. 7 
las À ce 
es À 6e 26" | 10°-at 


| 

| 
4°. Silon. soso. 6-30! 10° 
10°..6! 


Moyennes totales. | 6'-42" | 10°-4! 


moyen 


du soc. 


pop 


F 6°-9! . 
3e, Sillon... 7! 10-31 : 


62-10! 


6°=10! 


7 ol 


6°-6! 


1 62-81 


OBSERVATIONS. 


EFFORT |! 
moyen 
de traction 
correspon- 


| 


dant. 


En traçant le er sillon, la charrue a fait deux man- 
ques de labour de 4 pieds de longueur chacune. 

Après avoir tracé le 2e. sillon, on a détaché du 
versoir une croûte de terre de 4° de largeur, ge de 
longuëur et 18 lignes d'épaisseur, « qui était äppliquée 
contre la partie inférieure et postérieure. 


(29) 

Cet encroûtement s'est manifesté également dans la 
charrue de M. Zeonard et dans celle de la Wavre. 

Cette charrue a, comme les deux précédentes, exigé 
tn effort de traction plus grand pour tracer les sillons 
pairs que pour tracer les sillons impairs, le travail étant 
rapporté à une même tranche. 

Le labour exécuté par la charrue de M. de Dombasle, 
aux deux manques près, a été très-uniforme : les raies 
étaient bien droites, bien déblayées et très-nettes, la 
terre parfaitement retournée par le versoir; enfin le 
garcon de ferme de M. Bouchotte a obtenu, en tra- 
çant ces quatre sillons, un labour aussi bien exécuté 
que dans le premier concours, lorsque la charrue était 
tenue par M. de Dombasle fils. 

Le travail des chevaux était forcé. 


Après cette expérience et dans le seul but de 
montrer à des agriculteurs qui ne se trouvaient 
point aux expériences de la veille, comment la- 
bourait et se manœuvrait la charrue de M. Zeo- 
nard , On a fait tracer à cette charrue deux sillons 
de 100 mètres environ de longueur. On n’a point 
tenu compte de la traction , ni de la largeur ni de 
la profondeur des raies. La charrue était attelée 
de deux forts chevaux et tenue par le sieur Thié- 
bault, cultivateur à Doncourt ; on l’a fait labou- 
rer immédiatement à côté des raies qu’elle avait 
ouvertes la veille. 

Elle s’est engorgée tout de suite et de plus 
en plus, ce qui est cause qu'elle a fait une 


30 | 
longue manque de Lion en traçant le pre- 
mier sillon. 

Ayant été débarrassée de la terre qui l’engor- 
geait, elle s’est engorgée de nouveau en traçant 
le second sillon; et, bien que M. Léonard ait 
cherché constamment , à l’aide de coups de pieds 
dirigés en arrière du coutre, à la débarrasser 
de la terre qui s’accumulait en cet endroit, il n’a 
pu parvenir à empècher qu’elle ne füt constam- 
ment engorgée. 

On a fait ensuite labourer la charrue présentée 
par M. Bertrand, maitre de poste à Jarny. Nous 
ne donnerons point ici la description de cette 
charrue dont plusieurs pièces sont en fer, ni le 
détail des expériences auxquelles on la soumise, 
attendu qu’elle a très-mal labouré, bien qu’elle 
füt conduite par le fermier de M. Bertrand. 
Elle a constamment marché en serpentant ; 
les raies étaient encombrées par la terre qui 
passait sur la’ gauche du sep et venait y re- 
tomber en arrière du versoir ; la largeur de ces 
raies a varié de 3° à 13°. De plus, l'effort de 
traction rapporté à une tranche de 70 pouces 
quarrés, a été de 217 kil., c’est-à-dire plus 
grand que pour la charrue ordinaire de la Wa- 
vre. 

Il résulte des moyennes totales obtenues dans 
les expériences ci-dessus, faites à Moncel, sur 


(3) 

les charrues de MM. de Dombasle et Léonara 
et sur celle de la Wavre : 

2° Qu’elles ont marché à peu près avec la vi- 
tesse de 5o mètres par minute ; 

2° Que leur travail étant rapporté à une 
tranche de terre constante de 7° sur 10° ou de 
70 pouces quarrés , qui est à peu près la moyenne 
totale obtenue. les efforts de traction sont : 

211 kilog. pour la charrue de M. de Dombasle. 
215 id. id. ordin. de la Wavre. 
234 id. id. de M. Léonard. 
De sorte que la charrue ordinaire de la Wavre 
n’exige presque pas plus de traction que celle 
de M. de Dombasle, et que l'effort de traction 
de cette dernière est à l'effort de traction de la 
charrue de M. Léonard comme 6 est à 7.1/3, 
c’est-à-dire dans le rapport moyen donné par les 
expériences faites à Courcelles. 

L'avantage obtenu, pour la traction, par la - 
charrue de la Wavre sur celle de M. Léonard, 
est très-probablement dû à ce qu'elle ne s’est 
point engorgée. | 
© La commission a ensuite fait labourer com- 
parativement les charrues de MM. de Dombasle 
et Léonard, . dans, deux champs contigus dont 
la terre argileuse et compacte n'avait pas été 
cultivée depuis 1823. 

Les bilons courent de l’ouest à l'est, sont 


(32 ) 
exposés au midi et offrent une double pente peu 
forte. La longueur des sillons est 246 "#. 60", 
_ On a d’abord attelé quatre forts chevaux à 
la charrue de M. Léonard, et on lui a: fait tracer 
quatre sillons consécutivement, 


_ Lesieur Gentil. cultivateur ; tenait la charrue, 


Nota. En traçant les sillon : impairs ou mon- 
tans, les charrues jetaient les terres vers le bas 
du coteau, et vers sa crête au contraire, en 
traçant les sillons pairs ou descendans. 

Les résultats obtenus avec la charrue de. M. 
FEORATE . sont .COnsignés dans le tableau suivant : 


— Te ne mm me 2 CR RE Me ere à SR 


” ‘| Temps |. | | EFFORT 
DÉSIGNATION | employé -Lancxua {' Enfonce-: | moyen 


Î 
| - à tracer moyennc 
In 


RÉ ch , 2 moyen Li traction, 
: DES SILLONS. ee | illine ‘| deldrare, | du'soc. |’ Morin é 

| ; so vrr kil. 
1, Silon, montant...| 5!  [ait-ét 50-41 | 446 (1) 


2e, Sillon, descendant 4-0" av 49-81 | 434 ro) 


| 3e, Sillon, montant... #' Bo 11 °.6! s° + 392 (3) 
4. Sillon, descendant ÿ | 11 ét 4°=71 | 589 (4) 
un Le kil 
Moyennes totales.| 5' 1 1°-6! 4°-au | 410 


OBSERVATIONS. 


(1) La raie du premier sillon est bien nette et bien 


déblayée. 
= (2) La raie du deuxième sillon est mal déblayée; 


LS ne 2 


(33) 

une portion des terres enlevées par Le soc a passé à gau- 
che du sp et est retombée dans la raie, dont la face 
gauche est écrètée. 

(3) La raie du 3° sillon est bien nette, bien correcte, 
et assez égale tant en larpeur qu’en profondeur; bon la- 
bour. | 

(4) La raie du 4° sillon est assez nette et sa pro- 
fondeur est assez ésale ; mais le laboureur a été obligé 
de retenir, avec le pied, les mottes de terre enlevées 
par Le soc, qui seraient tombées dans la raie sans cette 
précaution, attendu que Le versoir ne Les renverse pas 
suffsamment. 


Le sieur Gentil a trouvé que La charrue était facile à 
tenir. 

On a fait labourer de suite la charrue de M. 
d: Dombasle, attelée des quatre mêmes che- 
waux, dans le billon situé immédiatement au- 
dessous du précédent. 

Le garçon de ferme de M. Bouchotte, très- 
habile à conduire cette charrue, l’a tenue cons- 
tamment dans cette expérience ; un homme 
conduisait les chevaux. 

Les résultats obtenus sont consignes dans Je 
tableau suivant : 


DÉSIGNATION | ampige | Laserve | Enfones | FOUT | 


si moyenne | noyen de traction | 
| DES SILLONS. . lee | delarmie. | dusoc. | Srepon- 
| | 


Le | | kil. 
ar, Sillon, montant...| 5-30! | 11°-6! | 4°-10! | 453 (1) 


| ‘2°, Sillon, descendant| 5! [a 1° 4-9! | 488 G) 
| 8. Sillon, montant..….| 5’ 11961 | 5°-61 | 392 (3) 
#°. Sillom, descendant! 4-30! | 11° 1! 5° |! 397 (4) 
| 2 | kil. | 
| : Moyennestotales.| 5! 2129-31 | 5° 433 
OBSERVATIONS. 


/ {1) En traçant le premier sillon, la charrue a été 
constamment tenue penchée à gauche, de telle sorte 
que le sep ne portait que par son arête de gauche, 
et que l’arête de droite s’est trouvée constamment à 
une petite distance de terre. Le soc, qui a pris forcé- 
ment la même inclinaison, n’a pas labouré à une égale 
profondeur dans toute la largeur de la raie. Dans une 
grande partie de la longueur des sillons, la profondeur 
est de 2 pouces plus grande contre la face gauche que 
contre la face droite, de telle sorte que le labour est 
exécuté en al 6 A et par consé- 
quent mauvais, 

(2) La terre enlevée par le soc pendant le labour 
du 2° sillon, est retombée dans la raie et l’a encom- 
brée; la charrue a mal labouré et de plus a labouré en 
crémajllère. 

(3) La raie du ‘3° sillon est bien nette et bien dé- 


(35) 
blayée, ce qui.prouve toujours l'excellence du versoirs 
mais la charrue a fait sept manques.de labour de-5-pieds 
à 15 pieds de longueur chacune, dans lesquelles le:soc 
n’avait pas entamé le terrain sur la droite de la raie; 
de sôrte qu’il restait des bandes de terre de 2 pouces 
environ de largeur, dont l’hierbe n’avait pas même été 
effleurée par le soc; la charrue a d'ailleurs libouré cons-. 
. tamment en crémaillère. 

. (4) Eu traçant le 4e sillon, la charruë a fait ’six 
manques de labour où. le soc a laissé intacte herbe 
sur la droite de la raie, ce qui provient de.ce. qu'il 
laboure en crémaillère ; lune de ces manques a 30 pieds 
. de longueur, les cinq autres ont chacune 5.pieds en- 
‘viron. Les gazons ‘enlevés par lé soc et couchés par 
_ le: versoir sont tombés dans la raie et l’nt remplie 
_ dans le quart environ de sa longueur; dans les trois 
autres quarts la raie était au contraire bien déblayée. 
: Dans ces deux dernières expériences, comme 
dans les précédentes , le:travail des chevaux était 
forcé; il eût fallu atteler cinq- chevaux pour 
-exécuter. ce défrichement . et trois chevaux pour 
labourer dans le premier champ, si l’on eût 
voulu que le travail füt journalier 

Il résulte des moyennes totales données par- 
-ces expériences, que dans un défrichement: en 
terre argileuse , les efforts moyens ‘de traction 
correspondant à une tranche de terre de 56 
pouces quarrés, ont été 
410 kil. pour la charrue de M. Léonard, 
433 id. id : ‘de M. de Doribasle. 


(3) 

De . comme la charrue de M. de Dombasle 
n'a souvent enkevé qu'un prisme trapézoïide, et 
que l'enfoncement moyen du soc a été déduit 
" des profondeurs prises contre la face gauche des 
raies, il s'ensuit que cet enfoncement moyen est 
trop fort, tandis qu'il est donné exactement dans 
le tablean relatif à la charrue de M. Léonard, 
‘qui a exécuté un labour à-peu-près loin 
profond dans toute la largeur de la raie. 

La charrue de M. de Dombasle a donc eu un 
désavantage marqué sur celle de M. Léonard, 
| pour exécuter ce défrichement. L 

La pluie à verse et continuelle qui est sur 
venue, a mis fin aux expériences et a empêché 
qu'on ne fit labourer comparativement la char- 
rue ordinaire de la Wavre ; ce qui est à regretter, 
puisque cette charrue est bien supérieure à la char- 
rue ordinaire du pays messin, si l’on en juge par 
_ k seule expérience à laquelle ellé a été spumise. 


CONCLUSIONS. 


Il paraît résulter des expériences comparatives - 
rapportées ci-dessus, que la charrue sans avant- 
train de M. de Dombasle, exige un grand aplomb 
_ dans celui qui la dirige et une grande régularité 
” dans l'allure des chevaux, et de plus, qu'elle n'es 
pas également propre.à tous les travaux d’agrieul- 


(37) 

ture hi à toutes les espèces de térres : elle la- 
boure parfaitement les terres meubles , et ausa 
les terres argileuses homogènes , propres au mou- 
hge, sur-tout quand elles sont situées en terrain 
horisontal; mais il n’en est pas de même des ter- 
rains à defricher et des terres extrêmement te- 
paces. Ïl parait qu'alors on est obligé de l'in- 
cliner sur pub et par suité de labourer en 
crémaillère, pour pouvoir en être maitre et 
empêcher qu'elle ne pique trop ou trop peu en 
terre ; dans | le dernier cas elle ne laboure pas 
assez avant, dans le premier, au contraire, elle 
tend à s'enfoncer de plus en plus dans la couche 
de terre non cultivée, et il faut dèslors, ou 
que les chevaux s'arrêtent ou que la charrue 
casse , si l'on ne peut faire sortir le soc de terre ; 
et si Ton y parvient, elle fait des manques de 
RON 

| C'est ce qui avait ‘été indiqué dans la ou 
expérience du premier concours où elle a la- 
bouré aussi en crémaillère et où elle a de plus 
refusé de labourer dans une tache de terre très- 
cempacte ; mais les membres de la commission 
ne se sont point alors assez attachés à cette ma- 
nière de labourer dans une terre très-tenace, ni & 
cette manque de labour qu’ils ont attribuée trop 
_ légèrement à ce que les chevaux s'étaient en quel- 
que sorte emportés, tandis qu’au contraire:ils n'ont 


(38) 

si fort accéléré leur marche, que parce qu'ils ‘ont 
“ sentiune très-grande résistance qu’ils s’efforçaient 
de vaincre, au moment où M. de Dombasle-fls 
a rendu tout-à-coup cette résistance nulle. en 
dégageant le soc de terre, et par suite en ne 
labourant pas dans la na de la tache. 
Dans les expériences ci-dessus, les chevaux. ont 
toujours accéléré ainsi leur allure, lors des. man- 
ques de labour.qui ont été faites par les charrues. 

La charrue à avant-train n’a.pas ces incon- 
_véniens: elle laboure sans hésitation dans les 
terres les plus fortes, comme dans les terres 
meubles, parce que le soc ne peut jamais s’en- 
.foncer trop, étant maintenu en avant par l'age 
_ qui trouve un appui invincible sur la sellette d’a- 
vant- train. | nn" 

Si j'osais émettre icimon opinion personnelle , 
qui est aussi celle de MM. Bouchotte et Woi- 
sard, Je dirais qu’en parfaite agriculture, on doit 
se servir de la charrue simple de M. de Dom- 
basle pour labourer les terres légères et les.terres 
peu fortes, même. les terres argileuses homo- 
gènes situées en plaine, puisqu'elle procure alors, 
quand on sait bien la diriger, un excellent la- 
bour avec un avantage réel pour la traction ; .et 
de on doit au contraire se.servir de la dune 
‘à avant-train pour labourer les terres fortes et 
pour défricher. 


Ps 0 . PR né 


( 39 ) 

Mais, si nos agriculteurs, peu jaloux d'atteindre 
la perfection , persistaient à ne vouloir faire asage 
que d’une seule espèce de charrue, je leur conseil- 
lerais alors l'emploi d’une charrue à avant-train 
du genre de celle de M. Léonard , qui est légère 
et pourtant tréssolide, à laquelle on adapterait 
le versoir de M. de Dombasle , peut-être un peu 
rehaussé dans la partie postérieure, afin que les 
terres soulevées ne passent jamais pardessus et 
n’encombrent la raie dans aucun cas. 

Le régulateur à crémaillère horizontale s'éles 
verait ou s’abaisserait à volonté, afin de donner 
à la chaine, qui réunit l'age à l'avant -train, 
une position telle que cet age n’exercât qu’une 
trèslégère pression sur la sellette. Cette chaine 
serait d’ailleurs placée au - dessus du sol, à une 
hauteur telle, qu’elle ne fit point engorger la 
charrue.. | 

L’age ferait avec l'horizontale un angle plus 
ouvert que dans la charrue de M. Léonard, 
ce qui permettrait de donner plus de hauteur 
aux roues et de rapprocher l’avant-train du 
soc. | 

Un collier embrasserait l'age à hauteur de la 
sellette et s’opposerait à ce qu'il püt quitter celle- 
ci, et que par suite le soc sortit de terre; de 
plus, il procurerait au laboureur un point d'appui 
constant sur la sellette, pour la manœuvre de la 


TO 

chartue;. cetie inanœuvre s'exécuterait. gamme 
celle de Ja chiarrue ordinhire et n’exigerait aucun 
apprentissage de la part des garçons de ferme. 

.… Je pense que la charrue de M. Léonard , ainsi 
modifiée , serait aussi facile à conduire et-tiendrait 
aussi bien la terre que celles qu'il a presentées 
aux concours, qu’elle n’exigerait pas un effort 
de traction beaucoup plus considérable que celle 
de M. de Dombasle, et que, n'ayant plus l'in- 
convénient de s’engorger . elle offrirait l’avan-+ 
tage de labourer franchement dans tontes les es- 
pèces de terres.